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Mars, la Planète rouge qui fascine les hommes, au plus près de la Terre

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Aujourd'hui 27 janvier 2009, la Terre se trouve au plus près de la quatrième planète du Système solaire (99 millions de kilomètres quand même !), l'occasion pour les professionnels comme pour les amateurs de faire de belles observations. Ce premier article est consacré aux rapports passionnés que l'homme entretient depuis toujours avec Mars.

La planète Mars vue par le télescope Hubble en 1995. Cette image d'une exceptionnelle qualité ne nous montre ni visage ni canaux, mais la calotte polaire nord ainsi que de très nombreuses formations. Des nuages matinaux sont visibles sur le bord gauche. Crédit Nasa, Philip James, Université de Toledo; Steven Lee, Université du Colorado

Mars tient son nom du dieu romain de la guerre, en raison de la couleur rouge sang de la planète. Cette couleur (plutôt orange quand on regarde la planète à l'œil nu dans le ciel) est provoquée par la lente oxydation des silicates ferreux (principalement de l'olivine et des pyroxènes) qui recouvrent le sol de la planète.

On s'est longtemps demandé comment cette oxydation était possible sur une planète dépourvue d'oxygène. On sait maintenant que la glace présente en surface reçoit le rayonnement solaire ultraviolet que laisse facilement passer l'atmosphère ténue de la planète. Les photons UV cassent les molécules d'eau, une photolyse qui, lentement, fait en quelque sorte rouiller le sol ferreux.

Mars est au plus près de la Terre à l'opposition. Dessin O. Dequincey

Aussi rouge que Vénus est blanche

Dans l'Antiquité cette couleur rouge a sans doute beaucoup troublé les observateurs qui suivaient avec intérêt les déplacements des 5 planètes visibles à l'œil nu (Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne), d'autant qu'aux oppositions les plus favorables la planète rouge devient presque aussi brillante que Vénus.

Les premières observations télescopiques ont lieu au 17ème siècle, mais il faut attendre le 19ème siècle et la construction de grandes lunettes pour que l'étude de la surface de Mars fasse l'objet de travaux approfondis.

Percival Lowell, riche astronome amateur américain, a vu des canaux artificiels partout sur Mars. Crédit Smithsonian National Air and Space Museum

Mars, la planète qui fait fantasmer

Les astronomes italiens Secchi et Schiaparelli profitent de quelques oppositions favorables pour dresser les premières cartes où s'entrecroisent des formations plus ou moins rectilignes qu'ils surnomment canale sans pour autant se prononcer sur leur origine naturelle ou artificielle (le mot signifiant d'ailleurs chenal autant que canal).

C'est alors qu'un riche amateur américain, Percival Lowell, décide de consacrer sa fortune et son temps à l'observation de Mars. Il devient rapidement le plus fervent défenseur de la théorie des canaux sur Mars, convaincu que les Martiens ont construit ce réseau artificiel pour contrer les effets de la sècheresse.

Carte de la surface martienne réalisée par l'astronome amateur P. Lowell.

Pourtant de nombreux scientifiques doutent de cette origine artificielle. En hiver 1909 l'astronome français E. Antoniadi effectue d'excellentes observations à l'aide d'un télescope de 83 centimètres de diamètre depuis l'Observatoire de Meudon. Il ne retrouve aucune des traces géométriques qui fleurissent sur les cartes de Lowell.

Pour Antoniadi, l'aspect de la planète Mars est naturel et les canaux martiens sont des illusions d'optique, favorisées par la perception de quelques grandes traces géologiques naturelles soupçonnées dans les instruments de l'époque (dont la qualité optique laissait à désirer)... et par l'imagination fertile de certains observateurs !

Un visage sur Mars ! Il suffit d'une image réalisée en 1976 par la sonde Viking 1 pour relancer les spéculations sur les petits hommes verts. Crédit Nasa / JPL

La saga des Martiens n'est pas terminée pour autant. En octobre 1938, la lecture radiophonique par l'acteur Orson Welles de La guerre des Mondes, le roman de H.G. Wells, provoque une belle panique aux Etats-Unis. De nombreux américains se réfugient dans les commissariats, persuadés que les Martiens envahissent notre planète.

Plus près de nous, en 1976, une image relance les spéculations les plus fantaisistes : sur un cliché pris a près de 2.000 kilomètres d'altitude par la sonde Viking 1 en orbite autour de Mars, un jeu d'ombres sur une colline donne naissance à un étrange visage. Il n'en faut pas plus pour que quelques illuminés y voient la signature d'une ancienne civilisation, une idée que la Nasa mettra des années à effacer...