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Biographie de Patrice Baby

Directeur de Recherche IRD - Géologie - Pérou

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Sa biographie

Je suis né dans les Pyrénées ariégeoises (Tarascon), où les paysages géologiques ont rapidement attiré mon attention. Mon approche naturaliste et ma passion pour l'exploration viennent probablement de la spéléologie, que j'ai pratiquée dés mon adolescence dans les massifs calcaires du Haut Sabarthez. Après un baccalauréat C au Lycée de Foix, j'ai intégré l'Université Paul Sabatier de Toulouse pour des études de géologie. En 1988, j'en sortais avec un doctorat en Sciences de la Terre qui m'a permis de me spécialiser dans l'étude des chaînes de montagne et des bassins sédimentaires. Deux semaines après ma soutenance de thèse, j'arrivais dans le bassin amazonien, à Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie, où j'ai fait mes premières armes en tant que Coopérant du Service National à l'ORSTOM (actuellement IRD). J'y ai appris la recherche en coopération, probablement ce qui peut arriver de mieux à un géologue. Depuis cette époque, je suis chercheur à l'IRD et je travaille sur la géologie des Andes de Bolivie, du Pérou et d'Equateur, et bien sûr sur le bassin amazonien. Mes activités de recherche, fondamentale et appliquée, se déroulent dans le cadre d'accords de coopération entre l'IRD et des organismes d'état chargés de gérer l'exploration et l'exploitation de leur sous-sol. Actuellement, je dirige plusieurs projets au Pérou dans le cadre d'une convention de coopération scientifique et technique entre l'IRD et Perupetro. Je me situe donc à la frontière entre l'exploration scientifique et pétrolière. Je considère qu'une meilleure connaissance géologique du bassin amazonien permet de rationaliser l'exploitation de ses ressources non renouvelables, et d'une certaine façon de mieux protéger son environnement. J'ai la chance de pratiquer une géologie, où recherches fondamentales et appliquées sont complémentaires et tout aussi passionnantes.

J'aime travailler en équipe pluridisciplinaire. Les confrontations de résultats provenant de diverses disciplines amènent de nouvelles idées et conduisent à des axes de recherche passionnants. Le contrôle géologique de l'évolution de la biodiversité amazonienne en est un. Depuis quelques années, une de mes activités consiste à développer cet axe de recherche, en collaboration avec des chercheurs de Toulouse (LMTG). Nous associons géologues, paléontologues et biologistes français et péruviens dans des programmes de recherche IRD et CNRS (ECLIPSE II, DyETI), avec l'appui de quelques partenaires industriels. J'organise des expéditions en Amazonie péruvienne, dans des régions souvent difficiles d'accès, où affleurent et sont préservés les témoins de l'exceptionnelle biodiversité miocène. Les collectes de données sont fructueuses et n'arrêtent pas de nous étonner...

Mes résultats sont publiés sous forme d'articles dans des revues spécialisées internationales, de communications à des congrès, d'ouvrages collectifs et de rapports. J'essaie aussi de faire partager ces résultats au grand public, au travers de conférences, de participation à des documentaires (« A la recherche de la mer disparue »,
http://www.ird.fr/fr/actualites/dossiers/napo/film.htm) et d'articles de vulgarisation.

Son métier au quotidien

La géologie est avant tout un métier de terrain, c'est en partie pour cette raison que je l'ai choisi. C'est une science d'observation, d'analyse et d'interprétation. Elle permet en étudiant les roches et leurs déformations de reconstituer l'histoire des continents et des océans, et de décrire leur structure et agencement.

Sur le terrain, le géologue est un naturaliste qui observe, décrit et relève des données qualitatives et quantitatives. Il cartographie et échantillonne des roches qui seront analysées en fonction de ses objectifs.

Dans son bureau, il compile et interprète les données relevées en surface, mais aussi en sous-sol par sondages ou mesures géophysiques. Il doit savoir corréler des données de surface et de sub-surface et proposer des modèles géologiques cohérents. Enfin, il rédige de manière à transmettre, d'une part, la description la plus objective possible de ses observations, et d'autre part, ses interprétations et découvertes fondamentales et/ou appliquées.

Depuis plus d'une dizaine d'année, la géologie au sens propre du terme a été délaissée ; elle captive peu la recherche fondamentale. Les Sciences de la Terre s'intéressent surtout aux processus superficiels et récents interférant directement avec l'activité humaine. Or, à l'heure où les ressources non renouvelables commencent à faire défaut, on s'aperçoit que notre société manque de géologues de talent pour relancer l'exploration et la rationaliser, condition indispensable pour mieux préserver notre environnement.

J'encourage donc les étudiants, encore hésitants, à se lancer dans ce métier. La géologie sera forcément reconsidérée un jour à sa juste valeur.

  • La géologie en coopération au quotidien

Les chercheurs de l'IRD en coopération ont trois missions : la Recherche, l'Expertise et la Formation. Au quotidien, c'est une vaste tache. Pour un géologue, le Pérou est un grand terrain de jeu. Mon bureau se trouve chez mes partenaires, dans les locaux de Perupetro, où sont gérées toutes les données utilisées ou obtenues par l'industrie pétrolière. Mon travail consiste à mener des recherches scientifiques (la Recherche) permettant de façon plus ou moins directe d'évaluer le potentiel pétrolier des bassins sédimentaires associés à la formation des Andes.

Les résultats sont publiés sous forme de publications scientifiques, et de rapports qui sont utilisés par les décideurs pour guider les stratégies d'exploration (c'est l'Expertise). Enfin, des étudiants péruviens sont intégrés à ces projets et formés à la Recherche (c'est la Formation). C'est un métier assez gratifiant, où l'on peut suivre la valorisation de ses résultats.

La recherche se fait en collaboration avec des géologues péruviens. On apprend autant que l'on transmet. C'est bien sûr une expérience humaine très enrichissante. Côté terrain (environ 30% du temps), il faut s'adapter à l'environnement qui peut être très varié.

On est souvent amené à alterner entre le désert côtier et la forêt amazonienne. Les missions peuvent être éprouvantes, mais on en revient toujours enthousiaste…

Sa dédicace

En tant que chercheurs, nous avons le devoir et la responsabilité de transférer nos connaissances à la société qui nous soutient. Futura-Sciences nous fournit là un moyen sans précédent. Merci à l'équipe de Futura-Sciences de nous permettre de communiquer et de montrer plus que jamais l'intérêt de la Recherche Scientifique.

Ses dossiers

  • A la recherche des origines de l'Amazonie

    L'Amazonie contient le plus grand bassin fluvial de la planète et possède une biodiversité unique. Des études géologiques et paléontologiques, dans des régions encore peu explorées, montrent ...