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Start-up : un phénomène international

Dossier - Start-up : un concept à manipuler avec précaution
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" Start-up ", le mot claque comme le coup de feu qui libère les athlètes au départ d'une course. Semée d'embûches de toutes sortes, celle-ci s'apparente à une course de fond effectuée au rythme d'une épreuve de vitesse. Dans ces conditions, les accidents de parcours, voire même l'abandon pur et simple, ne sont pas rares. Pour s'en sortir, ces véritables prématurés que sont ces entreprises très fragiles nécessitent donc les soins les plus attentifs. Autopsie d'un modèle né dans la mythique Silicon Valley et qui suscite depuis quelques années un engouement dans le monde entier.

  
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En Grande-Bretagne, le phénomène n'est pas récent et repose principalement sur ce que les Britanniques appellent le " Cambridge phenomenon ", dont l'apparition remonte au début des années 1970 avec la création du Science Park qui réunit aujourd'hui plus d'une soixantaine d'entreprises. Par la suite, le lancement du CRIL (Cambridge Research and Innovation Ltd) en 1992, une structure financée par les différents collèges de cette université et de grandes entreprises, puis l'installation du Microsoft Research Cambridge ont donné à cette ville des allures de Silicon Valley. En revanche, si 71 milliards de francs ont été investis en 1998 par les fonds de capital-risque britanniques, contre 19 milliards de francs pour les Allemands et 18 milliards de francs pour les Français, les start-up du secteur des hautes technologies n'ont attiré que 2,5 % de ces fonds, contre 23,9 % en Allemagne et 14,5 % en France. D'où la création, par le gouvernement britannique, des fonds d'investissement comme le National Fund for High Tech, doté de 200 millions de francs, et le Phoenix Fund qui s'élève à 300 millions de francs. Un réseau regroupant neuf fonds d'investissements régionaux, les Regional Venture Capital Funds, a également été lancé. En outre, l'University Challenge Fund qui associe chercheurs, entreprises et capital-risque, a pour but d'aider au développement des découvertes scientifiques. Parallèlement, tout un arsenal de mesures fiscales a été mis en place.

S'il s'y est développé plus récemment, le phénomène connaît en Allemagne un développement remarquable. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer le dynamisme actuel de certaines de ses start-up, notamment dans le secteur des biotechnologies. Aussi les pouvoirs publics de ce pays multiplient-ils les mesures visant en particulier à encourager le développement de pôles technologiques sur le modèle de la Silicon Valley. C'est ainsi qu'est née Biovalley, à cheval sur le Bade-Wurtemberg, l'Alsace et la région de Bâle en Suisse, un pôle d'excellence particulièrement actif depuis 1998. Egalement très dynamique, la Bavière n'a pas attendu cet exemple pour s'investir dans cette démarche puisque dès 1994 elle a créé l'Isar Valley, pôle technologique auquel participent des groupes comme Siemens, DaimlerChrysler Aerospace et BMW. Fin 1999, une nouvelle opération visant à développer les infrastructures, la formation et le financement de projets a été initiée par le Land. Son nom : " Offensive pour les hautes technologies ". Parallèlement, le développement du capital-risque, dans lequel les banques sont très impliquées avec plus de 50 % des fonds investis en 1998, est soutenu par l'État fédéral et les Länder.

S'il n'a pas échappé à l'engouement mondial pour le phénomène start-up, le Japon ne l'a découvert que tardivement. Pour autant, il a su s'y adapter très rapidement ,à tel point que la première foire aux start-up a été organisée par le gouvernement japonais dès 1999. Dans le même temps, des incubateurs comme Net Year, Digital Garage ou NetAge ont été créés. Dans ce contexte favorable, les investisseurs n'ont pas tardé à se lancer dans cette aventure à l'exemple de Hikari Tsushin, un réseau de vente de téléphones portables, qui a créé en 1999 le plus important fonds de capital-risque du Japon pour investir dans les startup.

En Israël, la situation est quelques peu différente. En effet, ce pays n'a pas attendu l'explosion actuel du phénomène pour s'y intéresser de près. Ainsi, l'État israélien soutient la création d'incubateurs technologiques dès 1981. Dans le même temps, le gouvernement fait voter une loi qui encourage la R&D industrielle. Dix ans plus tard, il participe à la création d'un fonds d'investissement baptisé " Yozma " (l'initiative). Parallèlement, le développement des fonds de capital-risque est spectaculaire. En 1998, plus de 500 start-up sont financées dans ce pays qui, lui aussi, a sa Silicon Valley appellée " Shalom Valet ". Soulignons qu'aujourd'hui, Israël occupe la deuxième place, après les États-Unis, pour le nombre de start-up, et donc la première, rapportée au nombre d'habitants.