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Quand la machine s'emballe

Dossier - Start-up : un concept à manipuler avec précaution
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" Start-up ", le mot claque comme le coup de feu qui libère les athlètes au départ d'une course. Semée d'embûches de toutes sortes, celle-ci s'apparente à une course de fond effectuée au rythme d'une épreuve de vitesse. Dans ces conditions, les accidents de parcours, voire même l'abandon pur et simple, ne sont pas rares. Pour s'en sortir, ces véritables prématurés que sont ces entreprises très fragiles nécessitent donc les soins les plus attentifs. Autopsie d'un modèle né dans la mythique Silicon Valley et qui suscite depuis quelques années un engouement dans le monde entier.

  
DossiersStart-up : un concept à manipuler avec précaution
 
Une fois l'orage passé, la saga des start-up reprend de plus belle au début des années 1990, non plus seulement dans les secteurs de l'électronique et de l'informatique mais aussi dans le domaine des sciences de la vie subitement dopées par le lancement des recherches visant à cartographier le génome humain. À présent, la Silicon Valley n'est plus seule puisqu'elle a fait des émules, notamment sur la Côte Est, autour de Boston (Route 128) et de New York (Silicon Alley). Mais désormais, les garages ont cédé la place aux incubateurs.

Avec l'arrivée d'Internet et l'émergence de l'e-commerce, le modèle de la start-up connaît un accès de fièvreLes projets les plus hypothétiques parviennent à " lever " des fonds, un verbe qui montre à quel point il n'est alors plus question, pour la plupart des créateurs en herbe, de développer une technologie innovante ou une idée originale mais uniquement de séduire un investisseur potentiel à partir de concepts plus ou moins flous. Le phénomène s'amplifie rapidement et gagne de nombreux secteurs d'activité. " Monte ta start-up et tire-toi " titre un quotidien français qui souligne que l'argent facile et rapide est devenu la principale motivation de certains entrepreneurs d'Internet. La start-up entre alors dans l'ère de ce que certains appellent des " friconautes ". Tous les excès sont alors permis. Ainsi, en 1999, l'entreprise américaine Amazon.com, une libraire Internet réalise un chiffre d'affaires de 960 millions de francs et accuse des pertes colossales qui s'élèvent à 400 millions de francs. Pourtant, sa capitalisation boursière avoisine alors celle du géant américain de l'aéronautique, Boeing !

Mais comme il fallait s'y attendre, courant 2000, les échecs commencent à se multiplier. Les premières " start-down ", comme on les appelle, apparaissent au cours de l'été. Selon le magazine Industry Standard qui comptabilise les faillites de start-up aux États- Unis et les licenciements qu'elles entraînent, 63 faillites et 30 000 pertes d'emplois auraient été enregistrées entre décembre 1999 et décembre 2000, et cela ne fait que commencer. La dégringolade ne cesse de s'accélérer aussi bien dans la Silicon Valley que du côté de la Silicon Alley de New York ou de la Digital Coast de Los Angeles. Pour autant, l'avenir n'est pas si noir puisqu'au même moment des start-up naissent, se développent et connaissent des réussites diverses. Est-ce à dire que ce modèle tant vanté, notamment par les médias, a ses limites ? Sans aucun doute. Néanmoins, est-il exportable dans le monde entier ? Pour tenter de répondre à cette question, il suffit d'observer les expériences menées jusqu'à présent dans plusieurs pays représentatifs.