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SOS police scientifique

Dossier - Lutter contre la criminalité...
DossierClassé sous :technologie , insécurité , dopage

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La lutte contre l'insécurité et la fraude utilise aujourd'hui les technologies les plus avancées afin d'obtenir les succès escomptés : fraude, insécurité, mais aussi dopage, traffic, alimentation... Un dossier préparé par l'Union Européenne.

  
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ADN, mode d'emploi

Le projet européen Stadnap, qui rassemblait une vingtaine d'instituts de médecine légale et de police scientifique, a permis de faire progresser l'harmonisation des techniques d'analyse des empreintes génétiques fournies par l'ADN. Harmonisation d'autant plus précieuse que quelque 150 laboratoires européens sont habitués à pratiquer des tests génétiques "à leur façon" sans pouvoir, dès lors, échanger leurs données de manière fiable. Le nombre de marqueurs génétiques est, en effet, considérable et une empreinte peut être établie à partir de différentes parties du génome humain.

Décrypter la molécule d'ADN. © Sergey Nivens, Shutterstock

Les chercheurs ne se sont pas contentés d'étudier les marqueurs présents sur l'ADN des chromosomes, mais également ceux de l'ADN des mitochondries (les "centrales énergétiques" des cellules), très intéressants parce qu'ils peuvent se retrouver dans des échantillons de moins bonne qualité (cheveux, os, etc.).

Divisés en quatre groupes, les membres de Stadnap ont étudié les matériaux de référence utilisés pour ces tests et ont identifié les plus efficaces. Ils ont séjourné d'un laboratoire à l'autre pour approfondir les différentes méthodes, se former et également se sensibiliser au développement de standards communs.

Une question d'oreille

Mais il n'y a pas que les empreintes génétiques ou digitales. Cambrioleurs, assassins ou violeurs ont une pratique commune de repérage de la présence (ou non présence) de leurs victimes : coller une oreille sur une vitre, une porte ou un panneau pour déceler les sons. Or une empreinte d'oreille, par essence unique pour chaque individu, peut être détectée et "lue". Coordonné par l'ICR (Instituut voor Criminaliteits beheersing en Recherchekunde), aux Pays-Bas, le projet FearID a pour objectif, d'ici 2005, de rassembler un maximum de connaissances permettant d'établir des méthodes d'identification à partir de ces signatures particulières, qui pourraient corroborer d'autres types d'indices. "Il s'agit notamment de standardiser et d'harmoniser leurs méthodes de détection grâce à des procédures électroniques de traitement d'images et de les valider sur un vaste échantillonnage d'empreintes collectées",x précise son coordinateur Cornelis van der Lugt.

Cambrioleurs, assassins ou violeurs ont une pratique commune de repérage de la présence (ou non présence) de leurs victimes : coller une oreille sur une vitre, une porte ou un panneau pour déceler les sons. Or une empreinte d'oreille, par essence unique pour chaque individu, peut être détectée et "lue" (Projet FearID). © Images : Cornelis van der Lugt, ISOP, NL

La preuve par les fragments

Le réseau thématique Nitecrime rassemble des instituts de recherche et de police scientifique de cinq pays européens (Autriche, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Suisse) ainsi que des partenaires américains (dont les laboratoires du FBI) et australiens. Le but est d'analyser de manière très précise l'origine de fragments souvent infimes de matériaux non-organiques (débris de verre, de balles, de fragments d'origine minérale...) trouvés sur les lieux d'un méfait. Le projet compare la fiabilité, la praticabilité, le coût de différents procédés en usage et vise à développer de nouvelles perspectives prometteuses basées sur les technologies non destructives d'ablation d'ions contenus dans les traces et de leur analyse par spectrographie ICPS (Inductively coupled plasma-mass spectrography).

© INSERM/ B.Jordan - M.Hunapiller

Des caméras, mais ensuite…

Postées aux points potentiellement "chauds" (parkings, banques, galeries commerciales, etc.), les caméras de surveillance foisonnent. On en compte 14.000 au service des seuls transports londoniens. Elles sont infatigables, mais leurs documents laissent souvent à désirer. Pour limiter la gigantesque capacité d'enregistrement qu'elles entraînent, leurs images basse résolution, en général captées au rythme d'une par seconde, sont généralement de qualité médiocre. Elles laissent, en outre, échapper les détails, souvent essentiels, de scènes qui se sont déroulées à un tempo accéléré. En outre, leur paramétrage (focale, position), forcément limité ne peut fournir que des informations partielles. Unissant des laboratoires de robotique spécialisés dans la vision ainsi que des spécialistes policiers de l'identification, le projet Improofs a contribué au développement des méthodologies pour améliorer le "décryptage" de la vision électronique (netteté, contraste, appréciation des distances) et les technologies d'identification tridimensionnelle des suspects.