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Quid de l'E Ink face à l'iPhone et aux ultra-portables ?

Dossier - Ebook : l'ère du livre électronique a sonné
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Après de nombreuses années de balbutiements, le livre électronique est enfin prêt à décoller.

  
DossiersEbook : l'ère du livre électronique a sonné
 

Au niveau mondial, les ebooks doivent faire face à plusieurs formes de concurrence. L'une est celle des PC ultra-portables, comme ceux d'Asus qui affichent mieux les documents PDF, quand bien même le confort de lecture n'est pas comparable à celui d'un Sony Reader. L'autre vient d'engins portables mais davantage polyvalents, comme l'iPhone ou l'iPad d'Apple.

Stylet pour ebook. © Tero Vesalainen, DP

On voit aussi apparaître des machines hybrides comme l'OLPC, réalisé sous l'égide de Nicholas Negroponte, qui propose à la fois le mode ordinateur et un mode e-book, pour lequel l'écran change de définition et passe à 200 points par pouce.

L'autre concurrence, plus inattendue mais réaliste à l'usage, est celle de téléphones mobiles tels que l'iPhone. La dernière version de ce téléphone mobile permet de voir clairement l'écran au soleil, ce qui améliore le confort de lecture. De fait, il est désormais courant de rencontrer des utilisateurs de tels produits qui confient lire des articles entiers du Monde ou autre quotidien sur un tel support.

L'Alias 2 de Samsung illustre l'utilisation hybride des technologies d'affichage suivant les besoins, en l'occurrence ici l'Oled pour l'écran principal et l'E Ink pour le clavier. © Samsung

Sur l'iStore, il est possible d'acheter des bandes dessinées dont le défilement est du meilleur effet sur l'iPhone. On trouve également sur l'offre « classics » des livres classiques tels que Alice au Pays des Merveilles et, de façon étonnante, la lecture n'en est pas désagréable. Apple ne cache pas son intérêt pour le domaine : de récents spots publicitaires pour l'iPhone étaient centrés autour de la lecture.

Le tout nouvel iPad, présenté en janvier 2010, concrétise cette évolution. Techniquement conçue comme un ordinateur ultra-portable, avec un bel écran classique (donc lumineux mais fatigant) et sans vrai clavier (qui peut toutefois apparaître sur l'écran tactile), cette tablette est clairement destinée à afficher des contenus récupérés sur le Web ou téléchargés depuis un ordinateur. Sa vocation première est de lire des livres et des journaux électroniques et donc d'entrer en concurrence directe avec un Kindle, par exemple.

Mais l'iPad peut aussi servir à se connecter au Web, à s'occuper de son courrier électronique, à diffuser de la musique et des films ou à jouer. Plus chère que les e-readers, la tablette d'Apple ne peut toutefois pas tout afficher (elle est incompatible avec les animations Flash, pourtant majoritaires sur le Web) et une guerre du contenu semble se mettre en place. Microsoft et Kindle viennent d'ailleurs de s'associer pour contrer Apple, lequel a déjà annoncé des accords avec plusieurs maisons d'éditions de livres et de journaux.

L'iPad d'Apple offre un bel écran bien affichant très bien les documents PDF mais aussi les vidéos. Il se présente comme un concurrent frontal des actuels lecteurs de livres électroniques. (Cliquer sur l'image pour l'agrandir.) © Apple

Le livre électronique est-il appelé à remplacer le livre traditionnel ? Il est difficile de répondre à la question tant l'attachement au modèle traditionnel demeure fort. Il est possible que la forme électronique séduise avant tout chaque fois qu'un lecteur a besoin de lire un livre pour se détendre, comme lors d'un voyage en avion, sans pour autant souhaiter le conserver dans sa bibliothèque.

La bande dessinée trouve pareillement sa place avec bonheur dans des écrins tels que les e-readers. Par ailleurs, certains auteurs voient d'un bon œil la possibilité de vendre directement leurs livres à leurs lecteurs. Telle est l'initiative qu'a prise l'écrivain François Bon avec le site http://publie.net

(Cliquer pour agrandir.) Description de la technologie déposée de l'encre électronique dite E Ink. (en anglais) © E Ink

Un atout méconnu de l'encre électronique vient de ce que les écrans sont dits « bi-stables », ce qui signifie que ce qui est affiché à un moment donné demeure affiché en permanence, même lorsque l'appareil est éteint. Concrètement, l'encre électronique se compose de millions de micro-capsules contenant des particules blanches positivement chargées et noires négativement chargées qui baignent toutes dans une solution transparente. Lorsqu'une tension négative est appliquée aux capsules les particules blanches vont à la surface, inversement pour les noires. L'énergie électrique est sollicitée uniquement pour ces changements de position, en pratique lors d'un changement de page. Cette particularité permet d'obtenir des autonomies record.

En d'autres termes, on peut laisser un livre à la page 41 et celle-ci va demeurer affichée sur l'écran, ce qui favorise la reprise. Pour l'heure, la plupart des constructeurs d'appareils de lecture exploitent peu cette capacité de l'E Ink et éteignent l'écran dès qu'il est en mode veille. En revanche, certains envisagent d'utiliser cette technologie de papier électronique pour ses propriétés d'affichage, par exemple pour des publicités en tête de gondole.

(Cliquer pour agrandir.) L'E Ink employée pour afficher la capacité d'une clé USB, une application permise par les propriétés bi-stables de l'encre électronique. © Lexar