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Pris dans la toile

Dossier - L'avenir des télécommunications
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Penchons-nous un instant sur les développements récents des télécommunications à travers l'utilisation qu'en font les radioamateurs, les utilisateurs d'Internet et du GSM pour essayer d'entrevoir leur avenir à plus ou moins long terme.

  
DossiersL'avenir des télécommunications
 

Tout d'abord il y a InternetAujourd'hui environ 35% des européens disposent d'un accès à Internet contre 44% au Japon et 57% aux Etats-Unis.

Si vous travaillez régulièrement avec cet outil, vous savez combien il peut influencer votre comportement ainsi que vos activités à la fois professionnelles et privées. Mais jusqu'où peut-on aller avec Internet ? Et est-il utile et offre-t-il suffisamment de sécurité si nous étendons ses applications dans tous les domaines ? Ne risquons-nous pas d'être "pris" dans cette immense toile ? Ce sont quelques unes des grandes questions auxquelles nous devrons répondre dans un proche avenir si nous ne voulons pas être surpris par quelques inconvénients et effets de bord de son utilisation sans garde-fou.

Etant donné que je suis impliqué dans la technologie de l'information depuis les années '80, je peux essayer de prendre du recul et analyser ce qu'est devenu Internet et essayer d'identifier ce que nous devrions éviter à l'avenir si nous utilisons le web de manière trop intensive.


Internet n'est pas un média comme la télévision ou les magazines. Même si certaines radios et TV sont accessibles par Internet en mode streaming audio/vidéo (débit continu), Internet est avant tout un réseau, physique, reliant des ordinateurs sur un même pied d'égalité. Internet est également un outil comprenant un système de messagerie, des chats et autres moyens de conférence ouvrant des espaces de discussion publics, ainsi qu'une concentration de bases de connaissances accessibles à travers les exploreurs (browsers) et moteurs de recherche. Mais tout le monde n'apprécie pas ce nouvel outil. Il ne s'agit pas seulement d'une sensation subjective basée sur des préjugés envers les nouvelles technologies qu'éprouveraient certaines personnes qui ne seraient pas habituées à l'informatique, mais un fait lié à notre représentation de la société.

Vous devez tout d'abord avoir quelques connaissances élémentaires en informatique pour utiliser un ordinateur et ses différentes applications (logiciels bureautiques, messagerie, chat, bases de données, etc).

Vous devez disposer d'une certaine culture pour comprendre ce que vous lisez ou ce que vous recherchez. Cette « culture globale », à l'échelle du monde, n'existe pas encore, comme elle n'existe pas encore à propos de la télévision. Chaque nation ou entité économique édicte ses propres règles, ses us et coutumes qui sont différentes en Europe de celles mises en pratique en Afrique, en Asie, dans le Pacifique ou en Amérique du Nord ou du Sud. Votre culture est particulière à votre pays ou à votre style de vie, d'où la difficulté de trouver le même intérêt pour Internet chez un amateur vivant par exemple sur une île perdue dans l'océan Pacifique et chez un amateur vivant au centre d'une grande capitale européenne ou aux Etats-Unis.

En parallèle il y a le très sérieux problème des virus sur Internet. Des dizaines de nouveaux virus informatiques sont disséminés chaque jour sur le web, la plupart provenant des nouvelles républiques de l'Est européen, dont la population est souvent sans emploi mais qualifiée. Quand un ordinateur est attaqué et qu'un virus endommage ou supprime vos fichiers, le temps perdu à supprimer l'infection et récupérer l'information perdue peut représenter beaucoup d'argent. Personne n'apprécie vraiment ces actions criminelles réalisées par ces nouveaux cyber-terroristes.

En fait, à côté du problème culturel d'Internet, il y a une question économique : actuellement personne ne paye ce service. Dans notre monde occidental capitaliste, il n'y a que deux solutions à long terme : soit la publicité payera Internet soit les utilisateurs. Le point négatif de cette liberté est le fait qu'il n'y a aucun contrôle, d'où la prolifération des virus, du piratage informatique et autre attaques « denied of service ». A minimum de règles seraient les bienvenues si les autorités désirent savoir qui utilise Internet, dans le but par exemple de pister la cyber-criminalité et tous les actes délictuels (actes malicieux, terrorisme, pédophilie, prostitution déguisée, etc).

De nos jours, l'offre fournie sur Internet s'étend donc loin devant les moyens et la puissance de la législation. Même la simple violation des droits d'auteur est une tâche très difficile à appréhender sur Internet.

Mais à mon humble avis, nous ne devrions pas aller aussi loin et aussi rapidement avec Internet. Le support est encore fragile, sa technologie est lourde, elle est très sensible aux virus et sans contrôle. Pourquoi ? Parce que ceux qui l'utilisent ne sont pas nécessairement ceux qui l'alimentent, le récepteur n'est pas l'émetteur, et en général utilisateur et développeur ne communiquent pas l'un avec l'autre. C'est l'un des nombreux aspects qu'une future réglementation devra tenir compte.

Internet est aujourd'hui présent dans la plupart des secteurs de la vie et beaucoup de radioamateurs ne peuvent plus travailler sans son assistance (consultation des clusters, interrogations des callbooks, information sur les DX-péditions et activités en cours, etc). Dans le futur Internet restera probablement proche des utilisateurs, jusqu'à se fixer dans nos vêtements et nos accessoires grâce à des interfaces flexibles reliés par ondes-courtes.

L'expansion de la technologie "Voice over IP" (VoP) est certainement l'une des principales tendances d'Internet. Cet environnement supporte à la fois la voix et des données complété par de nouveaux services aujourd'hui inaccessibles sur le réseau téléphonique classique. Cet environnement amélioré offrira une telle bande passante qu'à terme nous pourrons facilement utiliser à domicile des services comme la téléconférence vidéo, les applications CRM (gestion de la relation client) intégrées à des services vocaux ainsi que des messageries vocales et des liaisons Internet.

Les satellites radioamateur Amsat-Oscar ont pour but non seulement d'assurer les télécommunications VHF et UHF mais également de sensibiliser les jeunes à l'astronautique et aux techniques de communications.

Dans certains pays Internet est déjà disponible sur le cable TV à un prix nettement inférieur à celui de la liaison téléphonique. Bientôt, à votre demande, vous pourrez télécharger sur votre disque dur local vos films et vos émissions de radio favorites en utilisant une technologie similaire au DivX, MPEG et au streaming, et vous serez seulement crédités pour le temps réellement passé devant votre télévision. Ce principe est déjà en vigueur sur certaines chaînes de TV par satellite.

Dans un proche avenir et certains installations le permettent déjà moyennant des interfaces additionnelles, vous pourrez même relier votre ordinateur directement à la TV et transférer très facilement données, images, sons et vidéos d'un média à un autre (par exemple d'Internet vers la TV, TV vers DVD DivX, caméra vidéo vers PC, GSM vers PC, ou n'importe quelle autre combinaison).

Les essais de transmissions à large bande par le réseau d'alimentation électrique (CPL ou BPL en anglais) tendent également à démontrer que de nouvelles applications seront bientôt accessibles à travers nos simples prises de courant. A ce jour toutes les administrations de télécommunications ont accordé aux prestataires de services l'autorisation de tester ce nouveau de mode de transmission de données. Mais ils réalisent ces essais sans tenir compte des privilèges accordés à la communauté radioamateur ou aux autres utilisateurs du spectre des fréquences. L'autorité de tutelle demande seulement aux prestataires de « trouver une solution » pour éviter les interférences sur les ondes-courtes. Mais jusqu'à présent le niveau d'interférence atteint encore des seuils incompatibles avec l'activité des radioamateurs et des autres services, y compris pour certains sociétés de radiodiffusion AM. Le seuil accepté atteint en effet 3.16 microvolts ou S-5 alors qu'une liaison radioamateur peut déjà s'établir avec un signal d'à peine 0.2 microvolt ou S-1 lorsque le signal du correspondant est très faible.
C'est ainsi qu'Etats-Unis, après une flambée d'essais dans pratiquement tous les états, certains fournisseurs ont dû faire marche arrière devant les procès intentés par les particuliers du fait de leur incapacité à réduire les interférences. Malgré cela, les essais continuent ailleurs, y compris dans beaucoup de pays d'Europe dont la France, la Belgique, la Suisse ou le Luxembourg au grand dam des radioamateurs. Espérons qu'une solution sera bientôt trouvée à ce problème qui satisfasse toutes les parties concernées.

Cette démonstration de haute technologie est impressionnante, même pour un amateur averti. Vu dans sa globalité, il y a des chances que l'éventail des télécommunications qui nous seront offertes dans futur grâce à Internet seront étonnantes et, espérons-le, utiles à la communauté, nous permettant par exemple d'exécuter des taches routinières en un clic de la souris ou simplement en appuyant sur un écran tactile.

En bref, l'avenir des technologies de l'information représente tout à la fois une frontière pleines de surprises mais inconnue et insécurisée. Je ne veux pas vous effrayer, elle reflète seulement une réalité de notre village global post-moderne. Espérons que le futur nous fasse encore sourire et sera fantastique !