Elon Musk ne veut plus financer Starlink en Ukraine. SpaceX aurait transmis une demande au Pentagone réclamant des centaines de millions de dollars pour continuer à assurer le service d’Internet par satellite dans le pays.

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[EN VIDÉO] Combien de satellites tournent autour de la Terre ? 2.787 satellites sont opérationnels au 31 décembre 2020 selon l'association UCS (Union of Concerned Scientists), dont plus de la moitié lancés par les États-Unis. Les trois quarts des satellites en opération tournent en orbite basse (entre 500 et 2.000 km d'altitude), et sont utilisés pour les systèmes de télécommunication, d'imagerie terrestre ou la météorologie.

Elon Musk, l'homme le plus riche du monde, n'aurait plus les moyens de financer la connexion par satellite en Ukraine. Selon CNN, SpaceXSpaceX a demandé au Pentagone de couvrir les frais du service StarlinkStarlink. Cette connexion, accessible même dans les zones dévastées par la guerre, s'est révélée cruciale dans la défense de l'Ukraine. Elle est notamment utilisée par les troupes pour les communications et pour faire fonctionner certains équipements comme les dronesdrones, malgré les attaques russes sur l'infrastructure.

Dans un tweet datant du 7 octobre, Elon MuskElon Musk a déclaré que l’accès à Starlink en Ukraine a coûté à SpaceX 80 millions de dollars jusqu'à présent, un montant qui devrait dépasser 100 millions d'ici la fin de l'année. Dans les documents envoyés au Pentagone avec ces lettres, ce montant est même estimé à 120 millions de dollars pour le reste de l'année, et pourrait atteindre 400 millions de dollars pour les 12 prochains mois.

Une demande de terminaux refusée

Une autre lettre incluse avec les documents a été envoyée directement à Elon Musk en juillet par le général Valeri Zaloujny, commandant en chef des forces armées ukrainiennes. Il demandait des milliers de terminaux Starlink supplémentaires. Il a indiqué que 4.000 terminaux avaient été déployés par les militaires, mais que 500 terminaux étaient détruits par mois dans les combats. Sa requête était de 6.200 terminaux de plus, ainsi que 500 par mois pour remplacer ceux qui sont détruits. SpaceX aurait refusé, en lui indiquant d'envoyer sa demande directement auprès du département de la Défense des États-Unis.

« Nous ne sommes pas en mesure de faire de nouveaux dons de terminaux à l'Ukraine ni de financer les terminaux existants pour une période indéfinie », a écrit Byron Hargis, directeur des ventes gouvernementales de SpaceX. Un constat appuyé par une autre lettre écrite par un consultant extérieur qui déclare que « SpaceX est confronté à des décisions terriblement difficiles ici. Je ne pense pas qu'ils aient la capacité financière de fournir des terminaux ou des services supplémentaires comme le demande le général Zaloujny ».

SpaceX a tout de même reçu plusieurs financements, dont 3 millions de dollars de l'Agence des États‑Unis pour le développement international. Selon un tweet d'Elon Musk, il y aurait 25.000 terminaux en Ukraine, dont 9.000 achetés par la Pologne, 1.700 par les États-Unis, ainsi que des contributions provenant d'autres acteurs. Toutefois, SpaceX fournit le niveau de service le plus élevé à tous les terminaux en Ukraine, qui coûte 4.500 dollars par mois.

Elon Musk de plus en plus critiqué

Cette révélation tombe plutôt mal pour Elon Musk, qui accumule les controverses. Cela lui vaut de nombreuses critiques, y compris du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Les Ukrainiens ont constaté une absence de service dans les zones libérées de l’envahisseur russe. Musk aurait coupé l'accès dans les zones occupées pour empêcher les Russes de s'en servir, mais cela pose des problèmes logistiques à l'armée ukrainienne et les oblige à notifier SpaceX de toute avancée.

Le milliardaire a aussi décidé de s'immiscer dans la géopolitique et a proposé sur Twitter son propre plan de paix où l'Ukraine abandonnerait la Crimée et tiendrait des référendums supervisés par les Nations unies dans les quatre régions annexées. De plus, dans un entretien au Financial Times, il a suggéré que Taïwan devienne une zone administrative spéciale de la Chine. De quoi inquiéter les Ukrainiens, sachant que l'accès à un service aussi crucial que Starlink dépend entièrement du bon vouloir d'un seul homme.