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Une voiture qui cicatrise

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Nissan vient de présenter un vernis capable de réparer des petites griffures sur la carrosserie sans rien faire d'autre qu'attendre quelques jours.

Une éraflure au rétroviseur après une entrée mal négociée dans un garage étroit ? Une égratignure causée par la portière d'un voisin de parking ? Un trait gravé à côté de la serrure par une clé mal guidée ? Pas de problème : ces petites marques de la vie quotidienne d'une voiture disparaîtront d'elles-mêmes au fil des jours... Voilà de la véritable auto-réparation !

Voilà quelques éraflures bien difficiles à faire disparaître…

C'est ce que promet Nissan, du moins pour de futurs véhicules protégés par un revêtement spécial présenté au début du mois de décembre. Le Scratch Guard Coat, c'est son nom, aurait une véritable action cicatrisante, grâce à sa structure en polymères. Selon la profondeur de la rayure et la température extérieure, la surface retrouvera un état parfaitement lisse dans un délai de quelques jours à une semaine.

En prime, Nissan affirme que ce revêtement rend la peinture cinq fois plus résistante à l'agression des stations de lavages automatiques. Sa durée de vie serait de trois ans. Le Scratch Guard Coat devrait faire son apparition sur un prochain 4x4 de la firme mais seulement les parties les plus exposées, notamment les rétroviseurs et les boucliers.

…sauf sur de futures Nissan : quelques jours au chaud et il n'y paraîtra plus !

Migration de molécules

Comment s'y prennent-ils ? Sans donner la nature chimique de ce revêtement, Nissan indique qu'il s'agit de polymères, ce qui n'a rien d'étonnant. Les peintures automobiles sont en effet habituellement recouvertes d'un vernis en polymères thermodurcissables, qui protège la peinture et lui donne un aspect brillant. Un petit choc ou, simplement, l'énergique brossage des stations de lavage, y provoquent des rayures qui, même quand elles sont minuscules, réduisent l'efficacité de la protection.

Ce que Nissan a réussi à faire, c'est un revêtement où les rayures suffisamment petites se referment progressivement.

Depuis longtemps, on sait que des vernis faits de polymères organiques peuvent ainsi véritablement cicatriser quand la "blessure" n'est pas trop large. Au début des années 1960, le Russe Voyustkii a expliqué ce phénomène par une diffusion des polymères de part et d'autre de la fissure. La théorie passionne toujours les spécialistes des colles et l'étude de ces mécanismes de diffusion de macromolécules a même valu le prix Nobel à Pierre-Gilles de Gennes en 1991.

Bien sûr, la couche miracle de Nissan semble pour le moment trop coûteuse pour en recouvrir un véhicule entier. Bien sûr, elle ne dure que trois ans et Nissan ne nous dit pas ce que l'on peut faire pour retrouver une nouvelle protection. Bien sûr, elle ne peut faire disparaître que de modestes rayures et reste encore très loin de la cicatrisation dont est capable un animal. Mais il n'est plus interdit de rêver à des matériaux qui se réparent eux-mêmes !

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