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Un raid policier international contre les pirates informatiques

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C'est un coup de filet international sans précédent qui vient d'être réalisé dans le monde des sites pirates. Il a été annoncé le 22 avril par un communiqué triomphant du Département de la Justice US sous le titre : « Le Département de la Justice annonce un coup de balai international contre la piratage sur Internet », avec en sous-titre « L'opération Fastlink est la plus vaste action globale de répression jamais entreprise contre le piratage en ligne ».

Un raid policier international contre les pirates informatiques

Cette opération a été menée essentiellement sous l'égide du FBI, avec la collaboration des polices d'autres pays. Elle a consisté en 120 interventions menées en 24 heures dans 27 états américains et une dizaine de pays étrangers dont la Belgique, le Danemark, la France, la Hongrie, Israël, la Hollande, Singapour, la Suède, la Grande Bretagne et l'Irlande du nord. Une centaine d'individus a été identifiée, quelques 200 ordinateurs dont une trentaine de serveurs servant de centres de distribution ont été saisis. Le montant commercial des produits piratés contenus dans ces ordinateurs atteindrait 50 millions de dollars.

A Singapour, la presse parle de trois arrestations. Même cas de figure en Angleterre, où les âges des trois hommes interpellés (22, 30 et 34 ans) ont été donnés. Aux Pays-Bas, une quinzaine de descentes de police auraient eu lieu chez des particuliers et les systèmes informatique de deux universités seraient actuellement vérifiés par la police.

En France, selon une tradition de transparence bien connue, c'est actuellement le silence officiel. Selon des sources proches du dossier toutefois, il a été confirmé que plusieurs interpellations ont eu lieu. Dans notre pays, les créateurs de cette structure organisée en réseau seraient passibles de délit en bande organisée, ce qui pourrait leur coûter jusqu'à cinq ans de prison et 150 000 euros d'amende selon la loi Perben II.

Le FBI a reçu l'assistance technique des organismes suivants : the Business Software Alliance (BSA), the Entertainment Software Association, the Motion Picture Association of America et the Recording Industry Association of America (RIAA), organismes bien connus qui représentent les intérêts des éditeurs de programmes, des éditeurs de jeux, des majors de l'industrie du film et du disque.

Les sites spécialisés dans la diffusion de matériel piraté sont connus sous le nom général de sites warez. Ce milieu est organisé de manière pyramidale. À la tête, un certain nombre de warez release groups (groupes de distribution warez), qui collectent le matériel (programmes, jeux, musique...), font sauter les protections et mettent les produits à disposition, souvent même avant qu'ils soient disponibles commercialement, ce qui suppose des complicités importantes. Ces produits sont alors mis sur des serveurs warez de premier niveau, accessibles seulement à une « clientèle » sélectionnée. Puis ces intermédiaires les diffusent de proche en proche. À la dernière étape, des particuliers peu scrupuleux ou inconscients récupèrent ces enregistrements et les échangent par les systèmes P2P ou IRC. Bien entendu, les membres de ces groupes de distribution utilisent tous les moyens possibles pour dissimuler leur identité et celle des serveurs warez de haut niveau.

L'opération Fastlink a ciblé diverses organisations telles que Fairlight, Kalisto, Echelon, Class and Project X, spécialisées dans le piratage des jeux, ainsi que des groupes diffusant de la musique piratée, tel que APC.

Il semble donc que les services de police, manifestement aidés par des groupes de défense privés contre le piratage, sont arrivés à percer la clandestinité d'au moins une partie importante de ce milieu particulier et à identifier des serveurs clé de cette distribution illégale. Le communiqué du Département de la Justice précise clairement que « l'importance de la coordination internationale et de la coopération dans cette opération est sans précédent et envoie un message clair et indiscutable aux individus et organisations consacrés au piratage, montrant qu'ils ne sont plus protégés désormais par les frontières géographiques ».

On peut toutefois remarquer que rien n'a apparemment été fait en direction de pays de l'ex-URSS par exemple, dont il serait surprenant qu'ils n'hébergent pas de tels serveurs.

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