Les plus gros échecs techniques de la dernières décennie. © James Thew, Adobe Stock

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Les pires flops de la Tech des années 2010

ActualitéClassé sous :Tech , flops , ratage

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Du Samsung Galaxy Note 7, dont la batterie explose, au crash du Bitcoin et des cryptomonnaies, retour sur l'histoire des gigantesques fiascos qui ont marqué la décennie 2010-2019.

Au pays de l'innovation technologique, même ceux que l'on croit indétrônables peuvent tomber de haut. La preuve avec l'histoire de ces huit échecs cuisants qui ont marqué la décennie 2010.

La télévision 3D

Suite à l'incroyable succès du film Avatar, sorti en 3D en 2009, les fabricants de téléviseurs ont immédiatement voulu répliquer la technologie dans nos salons et ont lancé leurs modèles 3D. Malheureusement, l'effet « Waouh » est vite retombé : de 1,3 million de télés 3D vendues en 2014, les ventes ont chuté à 800.000 en 2015 en France, selon l'institut GfK. Le faible nombre de contenus 3D, la contrainte du port de lunettes (différentes selon les marques), une amélioration générale de l'image grâce à l’Oled et aux écrans incurvés... Autant de facteurs qui expliquent que la mayonnaise n'ait jamais pris auprès du grand public. En 2017, les principaux fabricants ont tous annoncé la fin de leurs téléviseurs 3D, misant à présent sur des écrans à ultra-haute définition (4K, voire 8K). Espérons pour eux que cette technologie ne connaisse pas le même sort.

La TV 3D a laissé place à la ultra-haute définition. © Philips

Le Blackberry

En 2009, Blackberry vendait un téléphone sur cinq dans le monde et s'affichait comme le leader mondial. Trois ans plus tard, sa part de marché avait dégringolé à 5 %, et en 2016, elle était tombée à moins de... 0,1 %. La marque canadienne annonçait cette année-là renoncer à produire de nouveaux modèles, se contentant de sous-traiter la fabrication à des sociétés asiatiques. Une des premières causes de ce flop retentissant tient en 6 lettres : iPhone. Blackberry a mal anticipé le succès de l'écran tactile, se cramponnant à son sacro-saint clavier physique. Ajoutez à cela la diffusion gratuite d'Android, permettant à n'importe quel fabricant de concurrencer Blackberry avec des modèles à bas coût, des erreurs stratégiques de la direction, et vous obtenez un des plus gros désastres technologiques de la décennie.

Part de marché du système d’exploitation Blackberry de 2007 à 2016. © Statista

Le Bitcoin et les cryptomonnaies

Elle est bien loin l'époque où le Bitcoin flambait à 16.323 euros. C'était le 17 décembre 2017 : analystes et journalistes du monde entier s'enflamment sur la nouvelle révolution de la monnaie digitale et de la blockchain. Lancé en 2008 dans la foulée de la crise financière, le Bitcoin est censé garantir à ses utilisateurs une monnaie mondialisée, non soumise aux banques centrales, transparente et ultra-sécurisée. Des universités, agences de voyage ou chaînes de supermarché annoncent alors accepter les paiements en bitcoin.

Dans son sillage, des centaines d'autres cryptomonnaies voient le jour et on assiste à l'émergence des ICO, les levées de fond en cryptomonnaie censées contourner les lourdeurs réglementaires de la bourse. En 2018, la bulle éclate brutalement. En février, le Bitcoin a déjà perdu la moitié de sa valeur et en décembre, il passe sous la barre des 3.000 euros. Malgré une remontée des cours en 2019, le Bitcoin est depuis accusé de tous les maux : blanchiment d'argent, arnaques, piratage, il serait aussi un gouffre énergétique.

Plus de 10 ans après son lancement, il est pratiquement toujours impossible de faire ses achats en Bitcoin. © rcfotostock, Adobe Stock

Windows Phone

Avec sa puissance commerciale et son savoir-faire en système d'exploitation, Microsoft avait tout pour réussir sur le marché du téléphone mobile. En 2010, le géant américain lance son Windows Phone 7, équipé de son système d’exploitation mobile « maison ». Mais, contrairement à Android, qui distribue son logiciel gratuitement, Microsoft impose une licence et des règles strictes à son utilisation. De quoi rafraîchir les ardeurs des fabricants et les développeurs. Fin 2010, Microsoft ne dispose que de 4.000 applications sur sa boutique en ligne contre plus de 300.000 sur l'App Store d'Apple. Malgré le rachat pour 5,4 milliards de dollars du fabricant Nokia en 2013, le lancement d'une nouvelle version, des partenariats avec les opérateurs télécoms, la mise à la disposition entièrement gratuite de son système d'exploitation en 2014, et des sommes considérables investies en marketing, la part de marché de Windows dans les smartphones atteint péniblement 0,3 % en 2016, contre 81,7 % pour Android et 17,9 % pour iOS. Microsoft finira par abandonner le marché en 2017.

Part de marché des systèmes d’exploitation mobile de 2012 à 2019. © Statista

Le Galaxy Note 7

Quand il est sorti en août 2016, le Samsung Galaxy Note 7 a suscité les louanges des spécialistes, à l'instar du Wall Street Journal qui l'avait nommé « meilleur téléphone Android de tous les temps ». Doté d'un écran 5,7 pouces, d'un scanner rétinien et accompagné d'un stylet, le smartphone avait tout pour faire un carton et devenir la star de l'année. C'était avant la série noire des cas de combustion, voire d'explosion de la batterie, à travers le monde. Deux mois à peine après le lancement, Samsung annonce l'arrêt de la production et les 2,5 millions d'appareils déjà vendus sont rappelés en catastrophe. Une opération à 1,6 milliard d'euros pour le géant coréen. Après une vaste enquête interne, il s'avère que les batteries étaient trop grosses pour la taille du téléphone mais aussi, qu'en voulant hâter la sortie du modèle, Samsung a fait pression sur ses fournisseurs qui ont négligé les contrôles de sécurité. Outre le coût financier, l'affaire n'a pas pourtant pas affecté durablement la réputation du fabricant.

Le Galaxy Note 7, un gros accident industriel pour Samsung. © Samsung

Le crowdfunding

L'histoire du Coolest Cooler est sans doute la plus représentative du faux espoir suscité par les plateformes de financement participatif. Ce mini-frigo portable multifonctions, proposé à 185 dollars sur Kickstarter en 2013, avait récolté plus de 13 millions de dollars en 2014, soit une des plus grosses levées de fond du site de crowdfunding. Incapable de suivre le rythme, la start-up n'a pu livrer que deux tiers des appareils promis, et a mis la clé sous la porte en 2019 en laissant tous les autres clients sur le carreau. De fait, une myriade de plateformes de financement participatif se sont lancées dans les années 2010, avec l'ambition de connecter directement le producteur et le consommateur en contournant les tests marketing et les circuits traditionnels de la distribution. My Major Company dans la musique, Indiegogo, Ulule, Kisskissbankbank, Cowfunding... ou même Fundovino pour le vin. Mais le crowdfunding est loin d'être l'Eldorado annoncé. En moyenne, à peine un tiers des projets sur Kickstarter atteignent leur objectif de financement, un taux qui tombe même à 20 % dans la Tech. Et ceux qui réussissent récoltent en moyenne moins de 10.000 dollars.

À peine un tiers des projets sur Kickstarter atteignent leur objectif de financement. © Feodora, Adobe Stock

Le Fire Phone

Entre 2010 et 2018, le chiffre d'affaires d'Amazon a pratiquement été multiplié par sept. Mais ses tentatives de diversification n'ont pas toutes été couronnées de succès, comme en témoigne le flop retentissant du Fire Phone dont les ventes n'ont jamais décollé. Lancé en juillet 2014 à 199 dollars, le téléphone est déjà bradé à 99 centimes moins de deux mois après. D'un design horriblement banal et positionné beaucoup trop cher, le téléphone était surtout destiné à drainer les utilisateurs vers son site de e-commerce... ce qui était un peu trop flagrant. Après avoir inscrit des pertes historiques de 170 millions dans ses comptes au troisième trimestre 2014, Amazon a remisé son Fire Phone au placard l'année d'après.

Le Fire Phone n’aura duré que quelques mois. © eBay

Google Glass et les lunettes de réalité virtuelle

Dévoilées en 2013, les lunettes de réalité virtuelle Google Glass étaient censées remplacer le smartphone, avec leur caméra, leur micro, un mini-écran fixé à la monture et une connexion Internet. Mais, en raison d'un prix particulièrement élevé (1.500 dollars), du manque d'applications et des problèmes de vie privée, les Google Glass ne convainquent pas. En 2015, Google cesse les ventes au grand public, préférant se recentrer sur le marché professionnel. Le géant américain n'est pas le seul à avoir bu la tasse dans la réalité virtuelle. Ni Oculus, racheté en 2014 par Facebook, ni HoloLens de Microsoft ni les Spectacles de Snapchat n'ont réussi à rencontrer l'adhésion du grand public. La start-up Magic Leap, qui avait levé des milliards de dollars auprès d'investisseurs prestigieux, a finalement présenté son casque de réalité virtuelle en août 2018. Selon le site The Information, il ne s'en serait écoulé que 6.000 paires, là où la start-up espérait en vendre au moins 100.000.

Les lunettes de réalité virtuelle Spectacles de Snapchat ont fait un flop. © Florent Lamoureux, Flickr
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