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Les passeports biométriques remis en cause

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Depuis les attentats du 11 septembre 2001, l'administration américaine a décidé de renforcer sa sécurité et de mettre en place une série de mesures pour lutter contre le terrorisme. L'une de celle-ci concerne la conception de nouveaux passeports pour les citoyens américains comportant photographie numérique, empreinte digitale numérisées et scanner des iris des yeux. Alors que les premiers passeports pourraient être prêts d'ici octobre 2005, les Etats-Unis exigent que le reste du monde suive leur exemple pour pouvoir pénétrer sur le territoire américain.

Les passeports biométriques remis en cause

Mais voilà, les passeports ne sont pas aussi fiables qu'il y paraît souligne The Economist. D'abord, "les informations de la puce pourront être lues à distance, sans que le porteur du passeport le sache. De plus, toujours sous la pression des Etats-Unis, ces données ne seront pas cryptées, ce qui permettra à quiconque dispose d'un matériel approprié de les lire. Pour couronner le tout, la technologie biométrique, c'est-à-dire les systèmes capables de reconnaître les empreintes digitales, les iris et les visages, est encore moins fiable", explique le journal. Sans compter que l'introduction de ces nouveaux passeports a été terriblement précipitée, ce qui augmente encore le risque d'erreur, s'alarme The Economist.

Autre problème, l'harmonisation entre les pays. Chaque pays va choisir son constructeur "dans l'espoir que les puces seront lisibles par les machines à l'étranger, et vice versa". Mais, selon des enquêtes récentes, les lecteurs de puces ne fonctionnent qu'une fois sur deux, ou sur trois. En outre, l'identification pourrait échouer en raison du manque de fiabilité de la technologie biométrique. Le système de reconnaissance faciale peut ne pas identifier une personne sur dix. "Même si l'on croit que la technologie biométrique va augmenter la sécurité et l'efficacité, elle pourrait avoir l'effet inverse, les fausses alertes devenant la norme", note The Economist. Enfin, "le plus inquiétant des dysfonctionnements a été mis en place délibérément". La lecture à distance de la puce, combinée à l'absence de cryptage des données, rend les passeports vulnérables à la lecture clandestine. Les criminels pourront user de ce moyen pour voler des identités, et les terroristes pourront connaître la nationalité de leur victime, insiste le journal. "Le bienfait de cette technologie reste encore à prouver", assure l'hebdomadaire. Peut-être qu'avant d'introduire, avec tous ses dysfonctionnements, un système censé améliorer la sécurité dans le monde "il faudrait retourner plancher sur sa conception".

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