La mobilité, selon le groupe Michelin, n'est viable sur le long terme que si elle était propre et durable pour la Planète. © Allen McEachern
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« La mobilité n’est viable que si elle est propre et durable »

ActualitéClassé sous :mobilité du futur , développement durable , qualité de l'air

Le secteur de la mobilité est en plein renouveau. Entre des attentes écologiques chaque jour un peu plus pressantes et la nécessité de développer des transports durables et performants, ses acteurs doivent proposer des solutions innovantes. Rencontre avec le directeur du Movin'On Lab de Michelin.

La mobilité est au cœur du projet du groupe Michelin depuis sa création. En 2017, le groupe a lancé Movin'On qui rassemble toutes les parties prenantes pour une mobilité durable, comme en témoigne Alexis Offergeld, directeur de Movin'On Lab au sein du groupe Michelin.

Quels sont les enjeux des nouvelles mobilités ?

Alexis Offergeld : Il faut savoir que le secteur des transports est l'activité qui contribue le plus aux émissions de gaz à effet de serre, à hauteur de 31 % en 2019 en France. C'est une réalité à laquelle tout le monde est confronté et, en premier lieu, les acteurs du secteur des transports. Le groupe Michelin a toujours favorisé la mobilité : dès sa création, avec des pneumatiques facilement démontables pour vélo, puis avec le fameux Guide rouge dont l'ambition était d'aider les personnes à se déplacer en leur donnant toutes les informations utiles pour leur trajet.

Aujourd’hui, le monde n’est plus le même et nous nous sommes rendu compte de la nécessité de l’action collective

Aujourd'hui, le monde n'est plus le même et nous nous sommes rendu compte de la nécessité de l'action collective. En 1998, Michelin a créé le Michelin Challenge Bibendum qui réunissait tous les 2 ans tous les acteurs de la mobilité autour de thématiques cruciales. Notre conviction était alors que la mobilité n'était viable sur le long terme que si elle était propre et durable pour la Planète. 

Alexis Offergeld, directeur de Movin’On Lab au sein du groupe Michelin. © Artur Szychowski

D’où la création de Movin’On ? Comment répond-il à ces enjeux ?

A. O. : Movin'On est donc né d'une conviction : aucun acteur unique ne pourra répondre seul aux enjeux de la mobilité. Notre écosystème rassemble plus de 300 acteurs (villes, pays, entreprises, société civile, organisations internationales...) et s'organise autour d'un noyau dur de 27 entreprises partenaires. Nous agissons au travers de Communautés d'Intérêt : pour un sujet choisi, nous mettons autour de la table 5 à 10 acteurs complémentaires pour faire avancer le sujet (entreprises, universitaires, villes, organisations internationales...).

Nous avons défini « 5 combats » prioritaires :

 Le confinement a d’ailleurs prouvé à quel point la mobilité est essentielle. © Neal Hardie

Sur quels sujets travaillez-vous plus particulièrement ?

A. O. : L’hydrogène en tant qu'énergie alternative aux énergies carbonées, Mobility as a Service, les véhicules autonomes... Les sujets ne manquent pas ! À l'initiative de Renault, autour de son programme R-Factory à Flins, 4 communautés d'intérêt sont actives en lien avec l'économie régénérative ou comment ne pas simplement compenser les effets néfastes de la mobilité mais redonner à la Terre ce qu'on lui prend.

Nous avons aussi mis en place avec Orange la communauté d'intérêt Smart shuttle, un véhicule qui offre des espaces de travail comme un coworking, une salle de réunion ou une zone calme, pour mettre à profit le temps de trajet. Nous souhaitons à chaque fois passer de l'ambition à l'action, à travers la mise en projet, le prototypage, le passage à l'échelle pour créer de la valeur.

Quel sera le visage de la mobilité en 2050 ?

A. O. : La mobilité est un besoin fondamental, elle est au cœur du développement humain : nous avons besoin d'échanger, de nous rencontrer, de découvrir de nouveaux horizons et de nouvelles cultures. Le confinement a d'ailleurs prouvé à quel point elle est essentielle à chacun.

Pour l’avenir de la Planète et pour relever tous ces défis, nous devons agir collectivement

Mais il faut impérativement mieux bouger avec une mobilité plus intelligente, choisie. Les nouvelles technologies, comme l'intelligence artificielle ou l'utilisation encadrées des datas, sont de formidables atouts pour y parvenir.

La mobilité doit aussi devenir propre, c'est-à-dire décarbonée pour le climat et la qualité de l'air, car la pollution cause encore près de 8,8 millions de morts prématurées, dont une bonne partie est due aux transports ! Nous sommes au cœur d'une révolution cruciale pour l'avenir de la Planète et pour relever tous ces défis, nous devons agir collectivement. À nous de faire les bons choix. Saviez-vous, par exemple, qu'en 1900, près d’un véhicule sur deux était électrique, mais que le choix du thermique l'avait emporté pour des raisons économiques ?

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