Les technologies de recueil et de traitement des données devraient aider à optimiser les performances des voitures électriques. © Blue Planet Studio, Adobe Stock
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Etienne Mingot : « les données aident à optimiser l’efficacité des voitures électriques »

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Même si la voiture électrique a le vent en poupe, dans l'esprit de beaucoup d'automobilistes, l'autonomie reste son principal point faible. Mais pour Etienne Mingot, spécialiste des enjeux liés aux nouvelles mobilités chez Targa Telematics, les données peuvent aider à optimiser ses performances.

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Le marché de la voiture électrique est en plein essor. Le dernier Global EV Outlook de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) le confirme. Dans le monde, les ventes de voitures électriques ont doublé en 2021. Elles ont atteint un niveau record de 6,6 millions. Soit environ 10 % de l'ensemble des voitures vendues dans le monde. Ce qui porte à quelque 16,5 millions le nombre de voitures électriques qui circulent sur les routes de la planète. C'est trois fois plus qu'en 2018.

Selon Fatih Birol, le directeur exécutif de l'AIE, « peu de domaines de la nouvelle économie mondiale de l'énergie sont aussi dynamiques que celui des véhicules électriques ». Grâce à des prix en baisse. En Chine, le prix médian d'une voiture électrique n'est désormais que de 10 % supérieur à celui d'une voiture thermique. Même s'il faut noter qu'ailleurs, il reste encore d'environ 50 % plus élevé. Et que déjà, le prix du lithium, un constituant clé des batteries de nos voitures électriques, a été multiplié par sept entre début 2021 et mai 2022. Ce qui laisse craindre une stagnation, voire un recul du marché dans les mois à venir.

Le marché est également tiré par les plans d'électrification de leurs flottes mis en œuvre par les constructeurs. Fin 2021, les automobilistes avaient le choix entre pas moins de 450 modèles différents. Cinq fois plus qu'en 2015. Autre levier, celui des dépenses publiques en subventions et en incitations. Elles ont doublé en 2021. Pour atteindre près de 30 milliards de dollars. « C'est notamment ce qui a poussé le marché des PHEV en France. Une politique fiscale extrêmement favorable », souligne Etienne Mingot, spécialiste des enjeux liés aux nouvelles mobilités chez Targa Telematics, une entreprise qui propose des solutions intelligentes pour les véhicules connectés.

Des conseils pour optimiser l’usage de sa voiture électrique

Et à l'heure où, plus que jamais peut-être, tout est bon pour gagner en efficacité, les solutions de collecte, de traitement et d'analyse de données proposées par la société basée en Italie semblent vouloir devenir incontournables. Des solutions de télématique qui aident les experts à formuler des conseils pour un usage responsable et économique de sa voiture. « Le big data, le machine learning, l'intelligence artificielle, ce sont autant de piliers sur lesquels nous nous appuyons pour améliorer l'expérience conducteur », nous confirme Etienne Mingot. En permettant à la voiture électrique de communiquer toujours plus avec son environnement, les solutions connectées participent bien sûr aussi à optimiser les performances du véhicule. Celles de sa batterie, notamment.

Cela reste le point sensible du déploiement massif des voitures électriques. Pourtant, « la problématique du réseau de bornes de recharge n'est pas aussi critique qu'on pourrait le penser ». Les chiffres les plus récents montrent que les infrastructures se développent en harmonie avec les ventes. « Et il est important de remarquer que la recharge sur des bornes en extérieur ne représente pas plus de 30 % des usages. Le reste se fait au domicile des automobilistes ou sur leur lieu de travail. »

Le « blocage » serait donc un peu plus psychologique. « Aujourd'hui, lorsqu'un automobiliste dispose de 30 % dans son réservoir d'essence, personne ne panique. Mais dès que la batterie atteint 70 % de charge, les conducteurs de voitures électriques commencent à chercher un point de recharge. Pourtant, il n'y a pas de quoi s'inquiéter à ce stade. Nos données montrent que la fenêtre de charge optimale se situe entre 20 et 80 %. Avec l'habitude et la multiplication des bornes, cette crainte de la "panne sèche" devrait s'amenuiser », analyse pour nous Etienne Mingot.

D'autant que dans un avenir proche, toute une série de solutions intelligentes devrait pouvoir être mise en œuvre. Pour envoyer des notifications à l'automobiliste lorsque la batterie de sa voiture est chargée. Ou pour lui prodiguer des conseils de conduite et de recharge en fonction de son autonomie réelle calculée à partir d'un parcours entré dans son GPS« Les voitures électriques, c'est comme les voitures thermiques. Le poids est logiquement le premier ennemi de la sobriété énergétique, mais au-delà de ça, il est important d'adopter une conduite souple pour moins consommer », nous fait remarquer le spécialiste de Targa Telematics.

Demain, nos voitures électriques seront pleinement intégrées à leur environnement. Un environnement dans lequel elles trouveront de quoi se charger. Mais aussi un environnement auquel elles pourront fournir de l’électricité, en cas de besoin. © vegefox.com, Adobe Stock

Une voiture à intégrer à son environnement

Au-delà de ça, les experts appellent à intégrer davantage les voitures électriques à leur environnement. « La voiture électrique n'est pas une voiture réservée à la ville. Il apparaît de plus en plus de bornes de recharge dans les périphéries. Sur les parkings de supermarchés ou même dans les villages. Et il est infiniment plus simple d'installer une solution de recharge dans une maison quand bien même de nombreuses solutions clés en main existent pour les résidents en copropriété », précise Etienne Mingot en introduction à ce thème. « Le vrai sujet, c'est l'interopérabilité. Faire en sorte que la grande majorité des bornes de recharge sur le réseau, national au moins, soit accessible avec une seule carte et que nous puissions connaître la disponibilité de celles-ci en temps réel. »

« Demain », nous promet le spécialiste de Targa Telematics, « tout sera connecté et le véhicule sera un véritable serveur hébergeant une grande quantité de données. Nos voitures électriques pourront ainsi communiquer davantage avec l'habitat connecté et être par exemple source d'énergie avec le V2G - comprenez le Vehicule to Grid. » Parce qu'après tout, nos voitures électriques cacheront autant de batteries qui pourront aussi être utilisées comme solutions de stockage lorsque lesdites voitures seront au garage« Un peu de patience donc, l'histoire est en marche. Laissons simplement le temps à tous les acteurs de cet écosystème de travailler sur l'interconnexion des différentes solutions à notre disposition. »

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