Qui n’a pas déjà reçu en cadeau la boule antistress ou le porte-clés aux couleurs d’une entreprise ? Des objets qui finissent généralement au fond d’un tiroir. Et si les entreprises remplaçaient ces gadgets par des financements destinés à des causes sociales et environnementales ? C’est toute l’ambition de Captain Cause.

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Selon une enquête récente réalisée par Poll&Roll pour Captain Cause, près d'un cadeau d'entreprise sur deux est rangé au fond d'un tiroir ou finit à la poubelle alors que 83 % des salariés seraient prêts à renoncer aux goodies si cet argentargent était reversé à des associations. Captain Cause agit donc pour que les entreprises revoient leurs pratiques et se tournent vers des cadeaux plus durables ou responsables, comme l'explique Georges Basdevant, un de ses cofondateurs.

Futura : Quels sont les principaux enseignements que vous avez pu tirer de cette enquête ?

Georges Basdevant : Les cadeaux d'entreprise représentent un levier de marque employeur pour remercier et valoriser leurs équipes et leurs partenaires, puisque 71 % des salariés en ont reçu dans ces douze derniers mois. Or, 76 % des répondants ont une image globalement positive d'entreprises favorisant les associations aux goodies et 77 % aimeraient être impliqués dans le choix de ces associations, révélant une forte attente de la part des salariés de s'engager dans une action collective et utile au sein de leur entreprise.

Georges Basdevant, cofondateur de Captain Cause. © Captain Cause
Georges Basdevant, cofondateur de Captain Cause. © Captain Cause

Futura : Quelle est donc votre solution ?

Georges Basdevant : Avec Captain Cause, les entreprises redirigent des budgets marketing et communication vers le financement d'associations avec des causes sociales et environnementales qui répondent aux grands défis actuels. En pratique, chaque participant va aiguiller un don, préfinancé par l'entreprise pour laquelle il est employé, partenaire ou client, à la cause de son choix. Il est ainsi impliqué activement dans le soutien à des projets à impact qu'il découvre et peut suivre.

Futura : Pourquoi votre start-up va changer le monde ?

Georges Basdevant : Malgré une croissance constante depuis 10 ans, la part d'entreprises mécènes en France ne dépasse pas les 9 % pour un mécénat total estimé à 3,5 milliards d'euros. C'est à la fois beaucoup et peu en comparaison avec le montant mondial de la publicité en ligne de l'ordre de 500 milliards de dollars par an ! Si on redirigeait ne serait-ce que 1 % de cette somme vers le mécénat, on le multiplierait par 1,5... Nous savons que c'est difficile pour les entreprises de libérer de nouveaux budgets en faveur de la transition écologique, surtout en cette période d'inflation. Notre idée est donc de plutôt convertir une partie des budgets marketing existants vers des projets à impact. Captain Cause a vocation à jouer le rôle de tiers de confiance avec le catalogue de projets sélectionnés selon une douzaine de critères. Tout le monde est gagnant. Les entreprises amplifient la fidélisation de leurs communautés et l'attractivité de leur marque. Les clients, partenaires et collaborateurs contribuent à des causes qui leur tiennent à cœur, sous forme de dons préfinancés par l'entreprise, et sont informés des effets de leur action. Les associations, elles, trouvent une nouvelle source de financement et de mise en valeur de leur projet.

Futura : Comment est né le projet et quelles sont les prochaines étapes ?

Georges Basdevant : Nous avons fondé Captain Cause avec Maxence Mathey, Frédéric Mazzella, Clara Pigé et Nathanaël Romano. Nous avons travaillé pendant deux ans à penser le projet, tester l'intérêt des entreprises et l'impact que cela pouvait représenter pour elles, mais aussi les salariés et les associations. Puis, l'aventure a vraiment démarré avec nos premières opérations début 2022, et particulièrement le succès de l'événement des 20 ans de Great Place to Work, pendant lequel les goodies ont été remplacés par des dons préfinancés à hauteur de 20 euros. Notre catalogue compte désormais une cinquantaine de projets et nous travaillons à intégrer les mécanismes de dons dans des services quotidiens. Cela va nous permettre, peu à peu, que le grand public découvre vraiment le concept de don préfinancé.

Les cofondateurs de Captain Cause, de gauche à droite : Nathanaël Romano, Georges Basdevant, Clara Pigé, Maxence Mathey, Frédéric Mazzella. © Captain Cause
Les cofondateurs de Captain Cause, de gauche à droite : Nathanaël Romano, Georges Basdevant, Clara Pigé, Maxence Mathey, Frédéric Mazzella. © Captain Cause

Futura : À quoi va ressembler le monde en 2050 ?

Georges Basdevant : Je reste fondamentalement optimiste car je fais partie d'un écosystèmeécosystème engagé dans l'action en faveur de la transition écologique. Je suis convaincu qu'agir rend heureux, car cela permet de sortir de l'éco-anxiétééco-anxiété du quotidien et d'avoir une vision positive. Pour citer le philosophe Henri BergsonHenri Bergson, « l'avenir n'est pas ce qui va arriver, mais ce qu'on va en faire ». Nous disposons d'une force collective pour y parvenir car le changement est difficile tout seul. Nous sommes des êtres grégairesgrégaires et c'est pour cette raison que nous avons pensé Captain Cause avec l'apport de la chaleurchaleur communautaire, pour montrer un futur désirable et collectif.

Futura : Si vous étiez Premier ministre, quelle mesure phare mettriez-vous en place ?

Georges Basdevant : Je mettrais les bouchées doubles sur la formation, par exemple sur le modèle de la Journée défense et citoyenneté, pour sensibiliser les Français aux enjeux de la transition. Il faut aussi, selon moi, avoir une vision plus ouverte et pragmatique du mécénat en faveur du monde économique, car il est encore rédhibitoire fiscalement pour une entreprise de soutenir une autre entreprise à mission, par exemple. Ce serait intéressant d'élargir le bénéfice du mécénat à des projets portés par des entreprises à impact ou à mission, pour en démultiplier la contribution positive à la société.

Futura : D’ailleurs, quel sujet d'actualité de Futura vous a passionné ?

Georges Basdevant : Le sujet sur la pollution numérique et l'exploitation des métauxmétaux rares m'a inspiré sur la façon de mieux utiliser un smartphone. Prolonger la duréedurée de vie de son smartphone est un bon écogeste pour alléger son impact environnemental !