Les membres de l'équipage de la Station spatiale internationale (ISS) vont bientôt accueillir un nouveau compagnon. Cimon s'apprête en effet à débarquer dans le complexe orbital. Cette intelligence artificielle va faire ses premières gammes aux côtés de l'astronaute européen Alexander Gerst.

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    De la science-fiction à la réalité, il n'y a qu'un pas. L'intelligence artificielle (IA) fait ainsi son entrée à bord de la Station spatiale internationale (ISSISS) ! Pour le moment, il ne s'agit pas d'un ordinateur intelligent similaire à Hal (personnage du film 2001, l'Odyssée de l'espace, de Stanley Kubrick, sorti en 1968), mais de Cimon (Crew Interactive MObileMObile CompanioN)). Ce système d'aide aux astronautesastronautes est basé sur l'intelligence artificielle développée par Airbus en partenariat avec IBMIBM pour le compte de l'administration spatiale du Centre allemand de recherche aérospatiale (DLRDLR).

    Le but de Cimon : assister les astronautes lors des vols spatiaux. Ce démonstrateurdémonstrateur technologique, ressemblant à un ballon de gymnastique et pesant environ 5 kgkg (voir photo ci-dessous), sera testé à bord de l'ISS par Alexander Gerst au cours de la mission Horizons, de l'Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne (ESA), prévue de juin à octobre 2018.

    Ses interactions avec les personnes à bord du complexe orbitalcomplexe orbital seront très limitées. En tout cas, bien en deçà de celles de Hal, qui avait pour mission d'amener deux astronautes à destination de JupiterJupiter ! Cimon est conçu pour faciliter le travail quotidien des astronautes, notamment en affichant les procédures, ou pour résoudre des problèmes grâce à son réseau neuronal et sa capacité à apprendre. Il utilise la technologie Watson AI à partir du cloud d'IBM. Son visage, sa voix et son intelligence artificielle feront de lui un véritable « collègue » à bord de la Station.

    Cimon aura un premier aperçu de l’espace dès mars 2018, dans le cadre de la 31<sup>e</sup> campagne de vol parabolique du DLR, qui visera notamment à tester et optimiser les algorithmes GNC (guidage, navigation et commande) en conditions d’apesanteur. © Airbus Defence and Space

    Cimon aura un premier aperçu de l’espace dès mars 2018, dans le cadre de la 31e campagne de vol parabolique du DLR, qui visera notamment à tester et optimiser les algorithmes GNC (guidage, navigation et commande) en conditions d’apesanteur. © Airbus Defence and Space

    L'astronaute Alexander Gerst collaborera dans l’espace avec Cimon

    Au cours de sa première mission, Cimon sera uniquement équipé d'un éventail de capacités sélectionnées. À l'issue des essais fonctionnels du système, Alexander Gerst collaborera dans l'espace avec Cimon à trois reprises : ils mèneront des expériences sur les cristaux, s'appliqueront à résoudre le Rubik's Cube et effectueront une expérience médicale complexe en utilisant Cimon comme une caméra volante « intelligente ».

    À moyen terme, les chercheurs envisagent d'utiliser Cimon pour étudier les effets de groupe susceptibles de se développer sur une longue période au sein de petites équipes et pouvant apparaître lors de missions de longue duréedurée vers la LuneLune ou vers Mars. Les interactions sociales entre les personnes et les machines, mais aussi entre les astronautes et les systèmes d'assistance équipés d'une intelligence émotionnelle pourraient jouer un rôle clé dans le succès des missions de longue durée.

    Enfin, l'intelligence artificielle pourrait aussi aider les médecins à préparer les examens psychologiques utilisés pour sélectionner les astronautes candidats au premier voyage à destination de Mars ainsi que les procédures de suivi de la santé, tant mentale que physiquephysique, de ces futurs voyageurs de l'espace.