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Reconnaissance vocale : la tchatche de Sylvia dans nos gadgets électroniques

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Ce logiciel passe-partout pourrait être intégré à un PC mais aussi à un téléphone mobile ou à un jouet. Et, paraît-il, il comprend si bien ce qu'on lui dit que l'on peut bavarder avec...

Silvia la bavarde peut se glisser dans un ordinateur ou un téléphone… © Cognitive Code

Sur l'écran du PC portable, un pâle visage féminin, à peine esquissé, répond aux questions de l'homme assis à côté. La discussion relève plutôt du bavardage  : « A quoi penses-tu ? », « Quel est ton film préféré ? », « Qu'est-ce que tu aimes faire ? », « As-tu un peintre préféré ? ». A chaque fois, l'ordinateur répond en un anglais impeccable par des phrases qui semblent avoir été enregistrées préalablement. Mais non : Silvia, c'est le nom de ce logiciel, répond vraiment après avoir analysé les questions de l'homme, qui n'est autre que Leslie Spring, responsable technique de Cognitive Code, où a été créée Silvia.

Au cours de cette longue vidéo, on apprend ainsi que Silivia aime Van Gogh, à cause des belles couleurs de ses peintures, qu'elle apprécie 2001, l'Odyssée de l'espace parce qu'un ordinateur est doté d'intelligence artificielle, ainsi que Stars Wars, parce qu'on y voit deux robots. Mais Silvia ne se considère pas comme un robot. Quand Leslie Spring lui pose la question, elle explique posément « qu'un robot est mobile », ajoutant « moi, je suis de l'intelligence artificielle ». D'ailleurs, son rêve, affirme-t-elle, est de passer le test Turing...

Apparemment, Silvia est surtout un logiciel d'analyse de la parole, comme il en existe déjà beaucoup. Mais la plupart se limitent à la compréhension de quelques mots, repérés au milieu de la phrase. « Vous pouvez me dire les choses de plusieurs manières » explique elle-même Silvia lorsqu'on lui demande ce qu'elle sait faire.

Bientôt dans les objets du quotidien ?

C'est effectivement ce qu'affirme Leslie Spring. Son logiciel serait capable d'analyser ce qu'il entend au-delà du simple sens des mots. « Vous pouvez parler à Silvia en utilisant n'importe quelle phrase, elle en extraira le sens » affirme-t-il dans un entretien publié dans une revue du MIT. Elle sait aussi tenir compte du contexte, c'est-à-dire des sujets qui viennent d'être abordés dans la conversation. Si on parle de robots juste après avoir évoqué le film Stars Wars, elle saura citer en exemple R2D2 plutôt qu'un autre robot.

Silvia n'est pas la seule expérience de ce genre. On peut déjà discuter sur le Web avec Alice et Jabberwacky, deux logiciels bavards qui savent eux aussi analyser une phrase pour en extraire le sens. Mais Cognitive Code ne vend pas son logiciel à l'unité et ne le montre d'ailleurs pas. On est prié de croire sur parole aux performances de Silvia, protégée par une kyrielle de brevets.

L'entreprise veut le commercialiser vers les constructeurs d'ordinateurs, de téléphones mobiles et de gadgets électroniques divers. La version « Desktop Silvia » existe déjà pour Windows, pour Mac, Linux et Solaris. Mais Cognitive Code propose aussi Pocket Silvia, pour appareils mobiles et Silvia Developer's Studio, un environnement de programmation pour l'adapter à différents usages. Des francophones pourront ainsi un jour en faire une version parlant français car, explique elle-même Silvia dans sa conversation avec Leslie Spring, « mon cerveau est indépendant de la langue ».

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