L’HyperPort développé par Hyperloop TT veut révolutionner le transport de fret. © Hyperloop TT
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Hyperloop : après les passagers, le transport de marchandises à plus de 600 km/h

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La société Hyperloop TT vient de présenter un concept de transport de fret à très grande vitesse, capable d'acheminer des marchandises à plus de 600 km/h. Ce train sous vide pourra-t-il concurrencer l'avion et les porte-conteneurs comme le prétend l'entreprise ?

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Dans la course au train à très haute vitesse, Hyperloop TT (Hyperloop Transportation Technologies) veut montrer sa différence. À côté des trains de voyageurs filant à plus de 1.000 km/h dans un tube sous faible pression, la société a présenté début juillet un concept de transport de fret « avec une vitesse équivalente à celle de l'avion mais au coût du train ». Le projet, baptisé HyperPort, permettra d'acheminer jusqu'à 2.800 conteneurs par jour à une vitesse de 600 km/h. De quoi assurer une livraison « en quelques minutes au lieu de plusieurs heures », et tout cela avec une empreinte carbone nulle, selon Hyperloop TT.

Déplacer les ports à l’intérieur des terres

La société se pose surtout en concurrente au trafic maritime, en expliquant vouloir « déplacer les ports à l'intérieur des terres ». « En utilisant la même technologie que nos systèmes passagers, l'HyperPort pérennise les chaînes d'approvisionnement et libère des espaces en bord de mer qui seraient autrement utilisés pour les ports de transport maritime », assure Andres De Leon, P.-D.G. d'HyperloopTT. Et de vanter les nombreux autres avantages de son concept : pas d'aléas climatiques (le train voyageant dans un tube fermé), pas de croisement (et donc de risque d'accident) et moins de pollution en bord de mer.

L’HyperPort pourra transporter 2.800 conteneurs par jour à plus de 600 km/h. © Hyperloop TT

Conçu en partenariat avec l'entreprise allemande Hamburger Hafen und Logistik AG (HHLA) et la firme espagnole d'ingénierie CT Ingenieros, le projet sera présenté en réalité virtuelle au prochain Congrès mondial sur les systèmes de transport intelligents (ITS) qui se tiendra à Hambourg en octobre prochain. Bien qu'il cumule déjà 20.000 heures d'études, le projet HyperPort est pourtant loin d'être opérationnel. En 2019, l'entreprise a construit près de Toulouse un tunnel d’essai de 320 mètres, mais le projet de construction d'une piste d'essai d'un kilomètre a pris du retard, notamment en raison de contraintes administratives et de dépollution des terrains de l'ancienne mine de Francazal.

Les ports seront implantés à l’intérieur des terres, libérant ainsi de l’espace en bord de mer. © Hyperloop TT

Train Hyperloop : la concurrence fait rage

La course contre la montre est engagée avec ses principaux rivaux, Virgin Hyperloop et TransPod. La première, qui avait elle aussi déjà présenté un projet de transport cargo en 2018, a mené en novembre 2020 un test sur 500 mètres dans son installation pilote à North Las Vegas dans le Nevada (États-Unis) avec deux passagers à bord, et promet une exploitation commerciale à horizon 2030. En 2019, la société a également signé avec l'Arabie saoudite pour y développer et tester sa technologie. Non loin de la première ligne commerciale prévue par Hyperloop TT, qui devait relier relier Dubaï à Abu Dhabi en moins de 12 minutes.

   

Un transport vraiment écolo ?

Reste à savoir si tous ces projets présentent une viabilité économique et technologique. En 2018, un expert français avait ainsi dénoncé une « formidable escroquerie technico-intellectuelle », dénonçant notamment plusieurs impasses techniques. Difficile aussi de croire que le coût d'acheminement des marchandises sera identique à celui du train classique, ni même de l'avion. En 2016, des documents avaient fuité estimant le coût de construction d'une ligne de Virgin Hyperloop à 121 millions de dollars par mile (63,4 millions d'euros par kilomètre). L'argument du « zéro émissions » de CO2 est également à prendre avec des pincettes, car évacuer l'air du tube nécessite une grande quantité d'énergie. Et cela ne résoudra pas non plus la pollution générée par les millions de camions sur nos autoroutes, qui assurent eux du transport de moyenne distance.

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