Au Japon, le présentéisme fait partie d’une culture déjà très ancienne que les autorités tentent de faire évoluer pour le bien-être des salariés. Une entreprise a ainsi créé un drone pour chasser les employés qui travaillent trop. © Pressmaster, Fotolia

Tech

Au Japon, un drone pour chasser les employés qui travaillent trop

ActualitéClassé sous :drone , Japon , présentéisme

Faisant partie intégrante de la culture d'entreprise au Japon, les heures supplémentaires engendrent de graves problèmes de société et de santé publique. Une entreprise pense pouvoir y remédier avec un drone qui patrouille dans les bureaux et incite les bourreaux de travail à partir.

Au Japon, le présentéisme est perçu comme un signe de loyauté envers l'employeur. Accumuler les heures supplémentaires fait partie intégrante de la culture d'entreprise pour les salariés nippons, qui estiment ainsi faire preuve de leur dévouement. Il n'est pas rare que des travailleurs cumulent jusqu'à 100 heures supplémentaires par mois !

Ce comportement peut avoir des conséquences dramatiques, qui vont du burn out en passant par l'accident vasculaire cérébral (AVC), la crise cardiaque voire, dans les cas les plus extrêmes, le suicide. En octobre dernier, on apprenait qu'une journaliste de la chaîne de télévision NHK âgée de 31 ans était morte d'une crise cardiaque en 2013 après avoir enchaîné 159 heures supplémentaires en un mois avec seulement deux jours de repos.

Le présentéisme a fait 191 victimes en 2016

Selon le gouvernement nippon, cette mort par surmenage, nommée « karoshi » en japonais, a fait 191 victimes en 2016. Les autorités se battent depuis des années contre ce problème. Certaines entreprises ont recours à des vigiles qui incitent les salariés présentéistes à quitter leur poste au-delà d'une certaine heure. Mais au pays où la robotique est très prisée, c'est à des drones que l'on veut confier cette mission.

L'entreprise de BTP Taisei et le fabricant de drones Blue Innovation ont créé un quadricoptère capable de patrouiller dans les bureaux et d'encourager les salariés à quitter les lieux à partir d'une certaine heure. Comment ? En jouant un morceau de musique traditionnelle nommé « Hotaru no Hikari ». Il s'agit d'une adaptation de la chanson écossaise « Auld Lang Syne », connue en France sous le titre « Ce n'est qu'un au revoir », et qui est très utilisée au Japon pour signifier la fermeture des magasins.

Le drone nommé T-Frend peut naviguer de façon autonome sans GPS en suivant un parcours préprogrammé. Ses concepteurs pensent que la diffusion d'une musique associée au bourdonnement de l'appareil perturbera la concentration des travailleurs et les incitera à partir. Il sera proposé à partir d'avril 2018 sous la forme d'un service de location facturé environ 400 euros par mois.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi