Le MIT travaille sur un concept de drone capable de voler et aussi de se déplacer sur Terre en roulant. Un engin hybride qui pourrait évoluer en toute circonstance, préfigurant peut-être un nouveau mode de transport.

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    D'un côté, les projets de drones taxis comme ceux d'Airbus, Ehang et Uber. De l'autre, les concepts, encore plus nombreux, de voitures autonomes. Dans un cas comme dans l'autre, l'objectif est de nous faire miroiter une révolution des transports où ils seraient plus sûrs, plus rapides et plus adaptés aux contraintes urbaines. Mais pourquoi ne pas associer les deux pour tirer avantage de chaque solution ?

    C'est l'idée portée par une équipe du CSAIL (Computer Science and Artificial IntelligenceIntelligence Laboratory)) au MIT (Massachusetts Institute of Technology). Ces chercheurs ont fait le constat que les drones étaient rapides et agiles, mais pas adaptés pour de longs trajets, tandis que les véhicules autonomesvéhicules autonomes terrestres sont moins énergivores mais plus lents et moins mobilesmobiles.

    Ils ont donc conçu un drone hybridehybride, mi-avion et mi-voiturevoiture, accompagné d'un logiciel de planification d'itinéraire capable de coordonner la circulation de flottes d'appareils de ce type dans un environnement urbain contraignant. « La capacité de se mouvoir au sol et dans les airsairs est très répandue dans la nature », écrivent les chercheurs du CSAIL dans leur article scientifique. Ils évoquent les insectesinsectes, les oiseaux et d'autres animaux qui sont dotés de pattes et d'ailes et constatent que peu d'engins volants de petite taille sont équipés de roues.


    Cette vidéo nous montre une simulation impliquant une flotte de drones hybrides volant et roulant coordonnés par l’algorithme de planification développé au MIT. © MIT CSAIL

    Ces drones hybrides seront-ils plus efficaces qu’une voiture volante ?

    Leur concept de drone hybride se présente sous la forme d'un quadricoptère miniature muni de deux roues motorisées. Lors des simulations, l'engin a pu voler sur 90 mètres et rouler sur 252 mètres avant de vider sa batterie. Pour valider le système, le CSAIL a créé une flotte de huit drones hybrides qu'il a fait évoluer sur une maquette reproduisant une ville avec des axes de circulation, des bâtiments, des aires d'atterrissage et de stationnement ainsi que des zones interdites au survol.

    Dans la vidéo ci-dessus, on constate que l'algorithme de planification démontre sa capacité à coordonner les déplacements terrestres et aériens de chaque appareil ainsi que les phases de transition de façon totalement fluide. De tels drones hybrides pourraient avoir de multiples usages, que ce soit pour évoluer sur des terrains complexes nécessitant d'alterner vol et circulation routière pour des missions de secours, transporter des charges utiles sur de longues distances ou encore des passagers.

    Pour autant, les chercheurs du CSAIL reconnaissent qu'il reste encore de nombreux obstacles à surmonter pour pouvoir passer du stade de ces engins miniatures à celui d'appareils susceptibles de transporter des humains ou des marchandises. Mais il s'agit d'une alternative vraisemblablement plus flexible à la voiture volante laquelle impose de nombreuses conditions (permis de pilote, décollages-atterrissages depuis des pistes autorisées) et coûte très cher.