Aux Usa, en Russie comme en Europe, certains législateurs se montrent en faveur d’un bannissement de l’activité de minage de Bitcoin, sous prétexte qu’elle serait anti-environnementale.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Le bitcoin, comment ça marche ? Le Groupe SII et l'École des technologies numériques avancées (ETNA) ont élaboré une émission diffusée sur Internet nommée Blockchain Révolution. Elle explique en détail le phénomène de la blockchain et du bitcoin, cette monnaie cryptographique qui fait beaucoup parler d’elle. Voici, en exclusivité pour Futura, un épisode complet consacré aux aspects pratiques du bitcoin.

Si 2021 a été l'année de la gloire pour les cryptomonnaies, le début de 2022 voit les nuagesnuages s'amonceler. En premier lieu, la plupart des monnaies ont vu leur cours plonger, le Bitcoin allant jusqu'à passer sous la barre des 40.000 dollars. En parallèle, l'activité de minageminage des monnaies à « preuve de travailpreuve de travail » se voit menacée de bannissement dans diverses parties du globe. Rappelons que, dans le système de preuve de travail initié par le Bitcoin, plusieurs mineurs effectuent des calculs en parallèle afin de résoudre un problème mathématique complexe. Le premier à produire le résultat adéquat est récompensé en bitcoins. Or, cette activité a souvent été accusée d'être excessivement consommatrice en énergieénergie, une affirmation que les partisans du Bitcoin s'acharnent régulièrement à récuser.

La Russie en faveur d’un bannissement du minage de Bitcoin

La Banque de Russie vient de publier un rapport appelant à un bannissement total des cryptomonnaies, incluant cette fois le minage de Bitcoin et autres monnaies utilisant un système de « preuve de travail ». La raison invoquée : les répercussions sur l’environnement. Or, la Russie contribue à hauteur de 10 % à la puissance informatique du réseau Bitcoin. Nul ne sait encore quelle suite le président Poutine pourrait apporter à cette recommandation.

Une ferme de serveurs dédiés au minage de Bitcoins. Au fil des années, cette activité, qui pouvait jadis être pratiquée depuis un simple ordinateur, a atteint une complexité telle qu'elle n'est accessible qu'à des fermes de serveurs gigantesques avec pour pendant que celles-ci auraient une consommation électrique excessive, néfaste pour l'environnement, ce que les partisans du Bitcoin s'évertuent à récuser. © Photocreo Bednarek, Adobe Stock
Une ferme de serveurs dédiés au minage de Bitcoins. Au fil des années, cette activité, qui pouvait jadis être pratiquée depuis un simple ordinateur, a atteint une complexité telle qu'elle n'est accessible qu'à des fermes de serveurs gigantesques avec pour pendant que celles-ci auraient une consommation électrique excessive, néfaste pour l'environnement, ce que les partisans du Bitcoin s'évertuent à récuser. © Photocreo Bednarek, Adobe Stock

Les pays qui ont banni la cryptomonnaie

Ce qui est sûr, c'est qu'au niveau mondial, il y a là une tendance notable. D'ores et déjà, si l'on croit un rapport publié par la bibliothèque du Congrès américain, neuf pays ont pris des positions visant à interdire intégralement l'usage comme la production des cryptomonnaies : la Chine mais aussi l'Algérie, le Bangladesh, l'Egypte, l'Iraq, le Maroc, le Népal, le Quatar et la Tunisie. Le même rapport du Congrès identifie également 42 pays dans lesquels un tel bannissement serait implicite tel que le Bahrein ou le Bénin.

Voir aussi

Écologie et cryptomonnaies, un mariage impossible ?

Le Bitcoin Mining Map de l'Université de Cambridge tempère un tel chiffre : les neufs pays en question ne représente que 0,19 % de la puissance électrique totale consommée par le Bitcoin.

De fait, jusqu'en mai 2021, la Chine dominait largement l'activité de minage de cette monnaie. Puis, les entreprises de minage ont été priées de quitter le sol. Les USA ont été les premiers bénéficiaires de l'exode qui s'en est suivi : ils sont devenus au bout de quelques mois les n° 1 du minage.

Les doutes de la sénatrice américaine

Pourtant, même aux USA, la situation pourrait se gâter. Sam Bankman-Fried, le fondateur de l'exchange FTX a cru bon de faire part de ses inquiétudes concernant l'attitude actuelle de plusieurs institutions et législateurs américains. La SEC (commission des opérations boursières américaines) a laissé entendre qu'elle allait renforcer sa supervision des exchanges (plateformes de trading). En décembre dernier, l’administration Biden avait fait savoir qu'elle allait renforcer son contrôle du domaine crypto. Et le 2 décembre, la sénatrice démocrate Elisabeth Warren a fait part de ses préoccupations liées à la consommation électrique du Bitcoin qui, selon elle, a plus que triplé depuis 2019, allant jusqu'à représenter l'équivalent de la consommation électrique d'un État tel que Washington.

Un Suédois en croisade contre le minage

Or, l'Europe n'est pas en reste. Mercredi dernier, Erik Thedéen, directeur des autorités financière en Suède, a expliqué au Financial Times que le minage était devenu un problème majeur pour les pays du Nord de l'Europe. Et la solution qu'il a suggéré est radicale : « Bannir le minage à base de preuve de travail » -- et donc notamment le minage de la principale monnaie du domaine qu'est le Bitcoin. Or, le même Thedéen est le vice-président de l'Esma - l'Autorité européenne des marchés financiers -- et sa position pourrait influencer les directives au niveau du continent.

Les partisans du Bitcoin ne cessent de répéter, chiffres et graphiques à l'appui, que la consommation électrique du minage est bien plus verte qu'il n'y semblerait pour deux raisons principales :

  • les entreprises de minage s'acharnent à exploiter des surplus de consommation électrique qui seraient sinon gaspillés ;
  • de plus en plus, les énergies mises à profit pour le minage, notamment au Texas sont renouvelables.

Pourtant, il semble que le message ait encore du mal à passer et donc, l'activité de minage du Bitcoin et autres monnaies à base de « preuve de travail » telles que Litecoin, voit bien des nuages noirs se dresser sur son horizon.