L’assistant vocal Siri n’a rien de différent de ses concurrents. Pour améliorer sa qualité, les échantillons de commandes vocales sont analysés et retranscrits par le personnel de sociétés tierces. © Apple

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Apple et Google suspendent la surveillance des enregistrements vocaux par des humains

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Suite à la révélation des écoutes effectuées par des opérateurs humains sur des échantillons audio de leurs assistants vocaux, Apple et Google viennent de suspendre la transmission de ces données pour analyse.

Il y a quelques jours, Futura évoquait les problèmes de confidentialité chez Google et Apple, concernant la transmission et l'écoute d'échantillons des commandes vocales des utilisateurs à des opérateurs issus de sociétés tierces. Dans les deux cas, les deux ténors de la high-tech se sont justifiés en expliquant que ces « écoutes » ne concernaient qu'un nombre très minime d'échantillons et qu'ils n'étaient pas reliés aux profils d'utilisateurs. Ils ont aussi expliqué que cette méthode permet d'améliorer la compréhension des assistants vocaux. Dans le cas d'Apple, cette affaire a mis à mal les prétentions d'une marque qui se targue d'être un modèle de respect de la vie privée. Aujourd'hui, aussi bien Apple que Google ont pris la décision de suspendre la transmission d'échantillons audio aux analystes humains.

Dans le cas d'Apple, l'arrêt de la collecte est mondial. Dans une réponse aux questions du site TechCrunch, la firme a déclaré : « Nous sommes déterminés à offrir une expérience Siri exceptionnelle tout en protégeant la confidentialité des utilisateurs ». Pour y parvenir, Apple remet à plat son système d'analyse permettant de déclencher une requête via la commande « Dis Siri ».

Apple va plus loin que Google

Le système employé par Apple actuellement s'appelle le « classement ». Il permet de déterminer, en utilisant des notes, si l'activation est une erreur ou non. Apple compte également réaliser une mise à jour qui permettra aux utilisateurs de Siri de choisir s'ils participent ou non à ce processus de classement. Ce procédé permettra de fait de clarifier l'accord de l'utilisateur, comme c'est déjà le cas chez Google depuis plusieurs années.

Si Apple suspend totalement la transmission des données au niveau mondial, du côté de chez Google, l'arrêt des écoutes de Google Assistant ne concerne que l'Europe et la durée sera limitée à seulement trois mois. Google estime qu'il s'agit du temps nécessaire pour mener à bien les enquêtes concernant sa propre affaire de fuite de données de conversations en Allemagne. La réaction de Google s'est précisément adaptée à la seule requête des autorités allemandes. Sans doute par crainte de répercutions dans d'autre pays de l'Union, la firme a suspendu sa collecte partout en Europe. De son côté, Amazon, qui utilise également un procédé équivalent, n'a pas pris de mesures pour le moment.

Pour en savoir plus

Apple : Siri est bien plus indiscret qu'on ne le pense

Article de Louis Neveu, Publié le 27/07/2019

Apple reconnaît que des enregistrements de Siri sont confiés à des entreprises tierces à l'insu des utilisateurs.

Après Google, dont les commandes vocales de l'assistant sont enregistrées puis écoutées par du personnel de sociétés tierces. Après « l'affaire des grandes oreilles » d'Amazon avec une Alexa bien indiscrète, c'est au tour d'Apple de reconnaître que l'assistant Siri n'est pas non plus un modèle de vertu. Selon un article paru dans The Guardian, tout comme pour Google, des sous-traitants auraient accès à certains extraits des échanges avec Siri. Dans tous les cas, l'objectif reste de retranscrire les commandes pour améliorer le système de reconnaissance vocale. Mais voilà... il se trouve qu'Apple s'est souvent moqué de ses concurrents pour leur indiscrétion et qu'il s'est toujours enorgueilli d'être vertueux en matière de respect des données personnelles de ses clients. Et pourtant, exactement comme dans le cas de Google, certains échantillons audio des commandes vocales sont retransmis à des sous-traitants pour qu'ils puissent évaluer la qualité de la réponse associée, et ce, à l'insu de l'utilisateur.

Les oreilles humaines de Siri

Apple confirme que ces données servent à améliorer la compréhension de Siri. En revanche, la firme à la pomme n'explique pas que les échantillons ont effectivement été envoyés à des tiers sans aucun consentement de la part de l'utilisateur. Et c'est aussi sur ce point que le bât blesse. Car si du côté de Google et Amazon, il est possible à l'utilisateur de refuser que les données recueillies puissent aider à l'amélioration des services, ce n'est absolument pas le cas chez Apple.

Après avoir voulu être rassurant en disant que les évaluateurs analysent les données dans des installations sécurisées, la marque a seulement expliqué à The Guardian que les échantillons audio ne sont pas attachés à l'identifiant Apple, donc anonymes. Et toujours comme pour ses concurrents, les données recueillies et analysées sont minimes. Elle ne représenteraient que 1 % des activations de Siri sur une journée. Le problème, c'est que pour tous les assistants vocaux, le principal souci provient des fausses requêtes. Les échantillons récoltés ne proviennent pas d'interactions avec Siri et rapportent des évènements intimes ou confidentiels. Et dans le cas d'Apple, alors que tous les appareils sont dotés de Siri, l'Apple Watch semble la plus propice à l'activation accidentelle. Le souci, c'est que la montre est capable dans ces situations de mémoriser jusqu'à 30 secondes de discussion, de quoi se rendre parfaitement compte de ce qu'il se passe.

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