Sciences

Découvrez Arrokoth, l'astéroïde le plus lointain jamais exploré

VidéoClassé sous :Astronautique , New Horizons , sonde New Horizon

Le jour de l'an 2019, à plus de six milliards et demi de kilomètres de la Terre, la sonde New Horizons frôlait à plus de 50.000 km/h l'astéroïde 2014 MU69. Surnommé Ultima Thulé, il est l'objet le plus lointain jamais exploré et aussi le fossile de la formation du Système solaire le plus préservé à être approché par l'Homme.

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Ce montage vidéo réunit les images prises par la sonde New Horizons le jour même et ceux précédents l'approche de 2014 MU69, un lointain objet de la ceinture de Kuiper débusqué par Hubble cinq ans plus tôt. Après le succès du survol historique de Pluton en juillet 2015, les scientifiques de la mission avaient en effet décidé de mettre le cap sur un astéroïde situé sur sa trajectoire aux confins du Système solaire, au-delà de Pluton...

Deux ans et demi plus tard et après quelque deux milliards de kilomètres parcourus, la sonde arrivait en vue de sa cible : Arrokoth (anciennement Ultima Thulé). D'abord un petit point pâle parmi les étoiles lointaines, l'objet est vite devenu de plus en plus gros sur les images, au fil de l'approche. Et enfin, l'œil de New Horizons distinguait sa silhouette : 2014 MU69 ressemble à une cacahuète. La sonde n'est plus qu'à quelques millions de kilomètres. Puis le jour J arrive. Vu de plus près, Ultima fait surtout penser à un bonhomme de neige. C'est vraisemblablement une binaire avec contact, deux corps séparés qui se sont unis en douceur peu après leur naissance.

Arrokoth est un vestige de la formation des planètes

C'est la première fois qu'une sonde spatiale rencontre un corps céleste aussi ancien et bien préservé depuis sa formation, il y a environ 4,6 milliards d'années. Arrokoth est un vestige de la naissance des planètes, un véritable fossile qui a conservé indemnes (ou presque) les traces des ingrédients primitifs, ce qui a une immense valeur scientifique. L'astre est une sorte de « Frankeinstein » cosmique, fait de planétisimaux cousus ensemble.

Depuis son passage près de l'astéroïde (jusqu'à 3.500 kilomètres de sa surface), New Horizons envoie les données à la Terre au goutte à goutte. Patiemment, les chercheurs reconstituent le puzzle. La plus grande des surprises est que finalement le bonhomme de neige est assez plat, comme s'il était passé sous un rouleau compresseur... Pourquoi ? Les scientifiques mènent l'enquête. Idem aussi pour sa surface. Qu'est-ce qui a façonné certains de ses reliefs ? S'agit-il de cratères d'impacts ? Ou bien, est-ce des gouffres formés après la sublimation de ses glaces ? Arrokoth arbore aussi une couleur rouge, elle est presque uniforme mais présente quand même quelques nuances. Là aussi, pourquoi ? Affaire à suivre.

© Nasa, SwRI, JHUAPL