La recherche fondamentale, un métier scientifique qui nécessite de grandes qualités. Photographee.eu, Fotolia

Sciences

Les métiers scientifiques recrutent toujours, mais restent élitistes

Question/RéponseClassé sous :Sciences , métiers scientifiques , physique

Physique, chimie, biologie, électronique, génétique, matériaux, exploitation, archéologie, astrophysique ethnologie, mais aussi police, les métiers scientifiques recouvrent de multiples secteurs et dans des domaines très différents. Ceux qui étaient autrefois appelés les savants restent dans des catégories de métier très recherchés mais ne sont pas destinés au plus grand nombre. Il faut, dès le plus jeune âge, être doué, avoir une appétence particulière pour les sciences, et décider de vouer sa carrière à ce qui doit être une passion. Car, excepté dans le privé, les salaires ne sont pas très souvent à la hauteur des qualités requises.

Qu'y a-t-il de commun entre un zoologiste, un géologue, un astronome, un cartographe, un aromaticien, un météorologue, un statisticien, un bio-informaticien, un plasturgiste ou un technicien de police scientifique ? Ce sont tous des métiers scientifiques, des spécialistes qui ont comme cœur de métier les sciences, leur étude et leur développement. Certains de ces métiers de très haut niveau sont même dédiés à la recherche fondamentale ou appliquée d'un domaine scientifique en particulier, comme un chercheur en génétique, biologie, physique...

Ces scientifiques ont permis de faire faire des progrès incroyables dans les sciences depuis cent ans ; tout comme les nouvelles technologies de ces trente dernières années, de nouveaux métiers scientifiques sont apparus. L'emploi de la recherche scientifique du secteur public a augmenté de 4,2 % entre 2005 et 2010, l'emploi de chercheurs a progressé de 10 % durant cette période. Ces emplois représentaient 160.000 équivalents temps plein en 2010, selon le rapport 2013 du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Pourtant, ce ne sont pas des métiers les plus rémunérateurs. Le salaire brut mensuel d'un chercheur débutant s'élève seulement à 2.100 € dans le public. Les niveaux de rémunérations varient fortement selon que le chercheur évolue dans le secteur public ou privé, selon son champ d'expertise et selon la taille de la structure qui l'emploie.

Le métier de scientifique ne s’improvise pas

Cela se prépare dès le lycée au moins, en choisissant les options scientifiques, bien sûr, mais aussi des cours qui apportent les qualités d'analyses et de réflexion nécessaires, comme les statistiques, en effectuant des stages scientifiques, en lisant des ouvrages... Il va sans dire que les mathématiques sont une formation de base pour la grande majorité de ceux qui se destinent à une carrière scientifique, même si les biologistes par exemple utiliseront moins cette matière plus tard. Ensuite, selon le niveau du métier, les études s'étendent de Bac +3, par exemple pour devenir un technicien en police scientifique, jusqu'à Bac +11 pour devenir astronome.

Bac S, la voie royale pour les métiers scientifiques

Ce sont bien sûr les grandes écoles ou les grandes universités scientifiques qui restent privilégiées pour suivre un cursus logique d'une carrière scientifique. Quoi qu'il en soit, c'est le bac S qui est bien sûr le diplôme de base préparant au mieux  à ces métiers. Il est même quasi obligatoire pour intégrer les meilleures prépas dites « scientifiques ». Un bachelier S sur deux opte pour l'université. Parmi eux, ils sont 80 % à opter pour les filières scientifiques (chimie, sciences de la vie, etc.), mais aussi Mass (Mathématiques appliquées et sciences sociales), une filière très demandée. 20 % des bac S choisissent d'entrer dans une classe prépa, et parmi eux, 96 % dans les classes préparatoires scientifiques les plus sélectives. Il y a aussi les concours des plus grandes écoles d'ingénieurs comme Polytechnique, Centrale Supélec, Mines Paris Tech...

Les métiers scientifiques dans le domaine de la biologie

La biologie est la science du vivant. Elle étudie l'être vivant et la vie dans son ensemble ainsi que son fonctionnement. Cette science recouvre un domaine très vaste allant du niveau moléculaire jusqu'à des ensembles comme les écosystèmes, et offre ainsi une très grande diversité de métiers. Voici une palette de quelques uns d'entre eux, des métiers très anciens et des plus récents apparus au fur et à mesure de l'évolution des connaissances scientifiques.

  • Botaniste : il est spécialiste de la science des végétaux, l'un des métiers les plus connus ;
  • Chercheur en biologie : c'est un scientifique de laboratoire, spécialiste des sciences de la vie ;
  • Généticien : il effectue des recherches sur les phénomènes d'hérédité observés au niveau des différents organismes vivants ;
  • Biologiste en environnement : il révèle les pollutions et prévoit l'impact des diverses actions de l'Homme sur le milieu naturel ;
  • Biostastisticien : il conçoit et développe les méthodologies biostatistiques utilisées dans les études précliniques et cliniques pour l'industrie pharmaceutique ou dans l'agroalimentaire ;
  • Zoologiste : il observe et étudie les animaux dans leurs milieux naturels ;
  • Ingénieur en biotechnologie : il utilise de façon industrielle les micro-organismes pour réaliser des transformations organiques ;
  • Bio-informaticien : il conçoit et met en œuvre des programmes informatiques pour aider les biologistes à mieux comprendre le monde du vivant.
Le botaniste, l'un des métiers de la biologie les plus connus. © Fotolia@corepics

La police scientifique : des métiers par vocation

Grâce aux découvertes récentes sur l'ADN et des techniques scientifiques de plus en plus pointues, ce métier au sein de la Police scientifique et technique se développe depuis une vingtaine d'années. Les nombreuses séries TV dans ce domaine ont également engendré intérêt et vocations... La France compte trois structures publiques chargées de missions de police scientifique :

  • le Service central de la police technique et scientifique (SCPTS) ;
  • l'Institut national de police scientifique (INPS) ;
  • l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN).

Pour préparer au concours de technicien ou d'ingénieur de PTS, les spécialités scientifiques comme la chimie, la biologie, l’informatique sont particulièrement recommandées... Après un bac + 3, le Master analyse et contrôle, spécialité criminalistique, de l'université de Lyon offre des débouchés dans des laboratoires d'analyse. Ce master est aussi une bonne option pour ensuite passer le concours d'ingénieur ou de technicien PTS en spécialité chimie ou toxicologie. Le master analyse et contrôle de l'université de Lyon 1 dispense sur deux ans une formation complète en chimie analytique.

Quatre spécialisations sont possibles : sciences analytiques, analyse physico-chimique, analyse industrielle ou criminalistique. La spécialité criminalistique est une bonne préparation pour le concours d'entrée de la police scientifique (technicien ou ingénieur, spécialité chimie ou toxicologie). D'autres masters préparent également bien à ce concours : université de Bourgogne, d'Aix-Marseille II, Strasbourg...

L’astronome, un métier de compétences « astronomiques »

Astronome est un métier qui fait rêver, car il a la tête dans les étoiles, il étudie l'origine et l'évolution de l'univers, le soleil, les étoiles, les galaxies, les trous noirs... Mais les postes sont rares, les qualifications nécessaires sont des plus pointues avec des salaires relevant la plupart du temps du domaine public, des laboratoires universitaires ou du CNRS, donc pas réellement attractifs. On devient astronome par passion, par vocation. L’astronome fait de la recherche fondamentale en laboratoire, échange avec ses collègues internationaux, élabore des théories nouvelles ou en complète, il publie ses travaux dans des revues dédiées, et peut parallèlement enseigner, donner des conférences, imaginer de nouveaux instruments de mesure... L'astronome peut se spécialiser : dans l'astrométrie (position et mouvement des astres), la mécanique céleste (lois régissant le mouvement des astres), l'astrophysique (physique appliquée à l'astronomie)...

Les études sont extrêmement difficiles et longues : 11 ans d'études au total (cursus de 5 ans minimum, puis 3 ans de doctorat et 3 ans de postdoctorat) à l'université ou dans les grandes écoles. Il n'y pas de grandes écoles spécialisées. Les débouchés sont très réduits, entre cinq et dix postes par an pour toute la France, et la compétition est très forte entre jeunes chercheurs pour décrocher un poste permanent.

Malgré cela, les salaires sont loin de « décrocher la lune » : environ 2.100 € brut par mois pour un astronome maître de conférences en début de carrière en observatoire ou à l'université, 4.000 € pour un astronome au CNRS en fin de carrière, 1.700 € pour un ingénieur débutant. Les revenus varient également en fonction des publications scientifiques réalisées.

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