La méthode infaillible pour chiffrer ses messages, le Che l’avait comprise et s'en servait pour correspondre avec Fidel Castro. Cet algorithme de chiffrement, le chiffre de Vernam, était utilisé dans les sphères diplomatiques où sa fiabilité était reconnue.

Après son succès comme compagnon de Fidel Castro dans la guérilla cubaine, Ernesto Guevara, dit le Che, tenta d'exporter la révolution en Bolivie. Pour communiquer avec Fidel Castro, il chiffrait ses messages afin de les garder secrets en cas d'interception.

Question : comment le Che chiffrait-il ses messages ?

Che Guevara. © Alberto Korda, <em>Wikimedia commons,</em> DP
Che Guevara. © Alberto Korda, Wikimedia commons, DP

Réponse : On l'a découvert quand on le fouilla après son exécution, le lendemain de sa capture, le 8 octobre 1967. On trouva dans ses poches une description du chiffre qu'il utilisait pour transmettre ses messages à Fidel Castro.

Une substitution alphabétique simple pour commencer

Il commence par une substitution alphabétique simple en nombres d'un ou deux chiffres selon le tableau suivant :

Première étape du chiffrement de Che Guevara.
Première étape du chiffrement de Che Guevara.

Les chiffres sont ensuite groupés par cinq, puis additionnés à une suite de chiffres aléatoires partagée par Fidel Castro et Ernesto Guevara. Cette addition se fait sans retenue, ainsi : 24.567 + 78.351 = 92.818. Ce chiffre est classique, il est dû à un cryptologue américain, Gilbert Vernam, qui l'inventa en 1917. Le brouillon trouvé sur son corps l'atteste.

Brouillon trouvé sur le corps du Che.
Brouillon trouvé sur le corps du Che.

Autres utilisations du chiffre de Vernam

Le chiffre utilisé par Che Guevara est au cœur du téléphone rouge et d'autres systèmes sécurisés. En 1949, le grand cryptologue Claude Shannon a montré qu'il était indécryptable à trois conditions : la clef doit être aussi longue que le message, elle doit être aléatoire et jetée après chaque usage. C'est pourquoi on appelle ce procédé le masque jetable.