Les images vidéo facilitent les décisions arbitrales. ©

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Football : l’arbitrage vidéo, comment ça marche et est-ce efficace ?

Question/RéponseClassé sous :jeux de sport , Sport , footballeur professionnel
 

La Coupe du monde 2018 introduit l'arbitrage par vidéo. Controversé, ce système est bien sûr très apprécié lorsqu'il est avantageux pour une équipe. Futura fait le point sur cette nouvelle technique, son fonctionnement, ses avantages et ses inconvénients.

Depuis sa création, l'arbitrage vidéo a toujours fait l'objet de controverses, et pendant des années des grands dirigeants, Michel Platini en tête, se sont battus pour qu'elle n'entre pas sur les terrains de foot. Finalement, après des expériences diverses et variées dans des grands championnats, et sous des formes différentes (goal line technology, par exemple), l'assistance vidéo profite de la Coupe du monde de football en Russie pour faire ses premiers pas grandeur nature. Le procédé porte le nom technique de Video Assistant Referee (VAR), ou assistant vidéo d'arbitrage. Statistiquement, les tests réalisés en amont sur plus de 800 matches se sont avérés positifs, et c'est ce qui a conduit la Fifa à introduire officiellement le procédé. Pour la Coupe du monde 2018, le 17 juin, la France a inauguré la technologie lors de sa victoire 2 à 1 contre l'Australie. Ainsi, Antoine Griezmann a été le premier à bénéficier favorablement de l'assistance vidéo à l'arbitrage pour obtenir un penalty.

Il faut savoir que la portée de l'assistance vidéo ne s'applique qu'à quatre scénarios :

  • la validation d'un but ;
  • un carton rouge ;
  • une action pouvant engendrer un penalty dans la surface de réparation ;
  • l'identification d'un joueur en cas d'altercation.

La vidéo permet de rendre justice aux actions et l'arbitre peut alors prendre le temps de se décider. Ainsi, il peut laisser courir une action qui aurait été certainement entravée avant sa fin par les arbitres assistants en cas de faute. L'arbitre peut également décider de sanctionner et d'expulser un joueur après la mi-temps ou à la fin d'un match, par exemple.

Pour la Coupe du monde actuelle, la Fifa a sélectionné treize arbitres vidéo, quatre sont nécessaires sur un match. Un des arbitres est précisément chargé des hors-jeu. Pour faire la connexion avec le terrain, un arbitre vidéo est chargé de communiquer avec l'arbitre central via son oreillette pour l'inciter à vérifier les actions. Les trois autres ne se trouvent pas à proximité du terrain mais dans l'équivalent d'un studio TV où ils ont accès à toutes les caméras. La liaison est assurée par un réseau de fibre optique dont les données transitent de façon chiffrée. Par ailleurs, les spectateurs sont systématiquement avertis que le match fait l'usage de la VAR.

Les images de nombreuses caméras sont retransmises aux assistants-arbitres vidéo. Il s’agit d’un mix comprenant des caméras capables de filmer avec énormément d’images par seconde, pour obtenir des ralentis précis et de caméras en ultra-haute définition. © FIFA

Sur le terrain, l’arbitre central a toujours le dernier mot

Dans tous les cas, c'est l'arbitre central qui va décider s'il souhaite s'appuyer sur la vidéo ou non. Sur le terrain, l'arbitre assistant vidéo peut seulement lui recommander son usage. Pour le coup, dans certains cas, même si la faute paraît évidente sur les téléviseurs, l'arbitre aura le dernier mot s'il décide de ne pas faire appel à la vidéo. Dans ces situations, c'est la non-utilisation de cette assistance qui fait polémique.

Cette nouvelle technologie d'arbitrage aurait également un effet psychologique bénéfique sur le comportement des joueurs. Sachant que les actions peuvent être contrôlées a posteriori, ils commettraient moins de fautes. Dans les faits, depuis le début de la Coupe du monde, on constate que cette assistance n'a pas éteint les polémiques, et une main involontaire dans la surface de réparation ne sera pas jugée de la même manière selon les arbitres. Sans parler des nombreux arrêts de jeu qu'elle engendre et bien sûr des fausses joies qu'elle provoque...

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