Faire attention à ne pas tomber dans le piège d'un langage corporel négatif. © Roman Stetsyk, Fotolia

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Entretien d’embauche : quelles sont les erreurs à ne pas faire ?

Question/RéponseClassé sous :CV et entretien d'embauche , entretien d'embauche , entretien d'emploi

Lors de l'entretien d'embauche, un moment bien sûr crucial pour le candidat, s'il existe un certain nombre de règles à respecter, des « choses à faire », il existe également bon nombre d'erreurs à ne pas commettre. Des erreurs dans sa façon de se comporter, sa posture, son expression orale, ce que l'on dit, ou que l'on ne dit pas, les réponses apportées aux questions du recruteur. Bref, s'il existe un versant positif à mettre en avant lors de l'entretien d'embauche, le versant négatif est à proscrire. Voici quelques conseils de ce qu'il ne faut pas faire, pas dire...

L'entretien d'embauche est le moment « clef » de votre candidature. Parce que si l'on a maîtrisé son CV et sa lettre de motivation, préparer son entretien d’embauche est aussi nécessaire pour au moins deux bonnes raisons : réfléchir à ce que l'on doit faire, dire... mais également éviter au maximum les écueils d'une rencontre en face-à-face avec le recruteur. Le stress aidant, il est assez facile de faire des erreurs qui sont souvent rédhibitoires dans une candidature : montrer une impréparation, un manque de motivation, une autre réalité de sa personne, avoir menti sur des éléments de son profil... parce que le recruteur n'hésitera pas à vous tendre lui-même des « pièges », à vous mettre mal à l'aise pour vous tester, c'est-à-dire en savoir plus tant sur votre véritable personnalité que sur vos véritables compétences affichées. C'est son métier !

Il est extrêmement compliqué à la fois de rester naturel(le), d'être soi, et de prouver au recruteur que votre profil est le profil idéal pour le poste. Alors s'il existe des règles de savoir-être lors de ce rendez-vous crucial, il existe un certain nombre de fautes à ne pas commettre, et ce, dès les premiers instants de l'entretien...

Rater les 30 premières secondes

Il est commun de dire que lorsque l'on rencontre quelqu'un pour la première fois l'impression qui s'imprimera se joue dans les trente premières secondes. C'est aussi le cas lors des entretiens d'embauche. De la même façon que vous avez très vite un ressenti positif ou négatif vis-à-vis du recruteur, il se fait une idée de votre personne souvent dès le premier regard. Il n'est pas recruteur par hasard... Tout d'abord, chose très importante, la ponctualité. Sauf raison majeure bien évidemment, arriver en retard à un rendez-vous est perçu comme un signe de négligence, de nonchalance, voire de « je-m'en-foutisme »...

Ensuite, les premières erreurs à éviter à ce moment « phare » sont de l'ordre comportemental : montrer un manque d'entrain, d'assurance, de franchise, de l'hésitation, de la négligence vestimentaire, voire de sa personne (ne pas être correctement coiffé, rasé, maquillée...), c'est-à-dire arriver sans montrer d'énergie devant lui, ne pas le regarder droit dans les yeux, lui serrer la main mollement. Montrer un peu de stress ne paraît pas anormal dans un tel moment. Mais c'est votre comportement beaucoup plus global, une façon d'être qu'il juge dès les premiers instants.

Montrer son impréparation à l’entretien

Lorsque la discussion débute, et qu'il vous demande de vous présenter, si vous commencez pas réciter votre CV mécaniquement, tel qu'il est présenté par écrit, sans informations nouvelles ou sans liens entre vos compétences et le poste pour lequel vous postulez, le recruteur se fait rapidement une idée de la façon dont vous avez préparé votre entretien. De la même manière, ne reprenez pas mot pour mot votre lettre de motivation... Car une chose est sûre, c'est que s'il vous a demandé de venir pour l'entretien d'embauche, c'est bien parce que votre profil « théorique » lui a plu. Idem pour des phrases banales, générales, qui ne disent rien de vous, n'attisent pas sa curiosité sur votre personne et votre parcours.

Lors de cette présentation, un long monologue général, monocorde, sans enthousiasme, sans accroche, est aussi à proscrire. Savoir se présenter en deux minutes n'est pas un exercice inné, cela se prépare et s'adapte au cas par cas des entretiens. Ne pas savoir se présenter dans ce temps imparti, considéré comme un temps suffisant par les recruteurs, pose problème. Le recruteur n'aura alors pas forcément envie d'aller plus loin dans l'entretien, il peut continuer en « faisant comme si... », mais sa décision est déjà prise... Autre manque de préparation criant, c'est de « tomber dans les questions piège » du recruteur. Par exemple, « Quelles sont vos qualités et vos défauts ? », « Aimez-vous travailler en équipe ? », « Avez-vous de l'autorité ? », « Le travail est-il important dans votre vie ? »... Des questions qui semblent anodines au premier abord, mais qui en révèlent beaucoup sur votre personnalité et votre façon de vous sortir des situations délicates.

Ne faire que répéter son CV et sa lettre de motivation, une règle de base à éviter. © Jakkapant, Fotolia

Avoir un comportement inapproprié

Tout, dans notre comportement, permet au recruteur de nous cerner, d'en savoir plus sur notre personnalité. Il s'agit ici de notre posture, de notre langage corporel, de notre façon d'être. Être mou(e) peut apparaître comme un manque d'enthousiasme, un manque de réactivité, une incapacité à prendre des décisions, un défaut très souvent rédhibitoire. Si montrer du stress est jugé normal par le recruteur lors d'un tel exercice, un candidat trop stressé, et ses conséquences sur son débit de paroles, ses hésitations, ses blancs... révèlent un manque de confiance trop visible. Mettez-vous à la place du recruteur : si vous aviez assis en face de vous quelqu'un replié sur lui, en retrait sur sa chaise, avec un regard fuyant, la tête baissée, les mains moites, transpirant, parlant de façon inaudible, donnant l'impression d'avoir peur, ou à contrario, qui envahit l'espace, apparaît comme trop sûr de lui, qui s'assied avant que vous ne l'ayez invité à le faire, que vous diriez-vous ? Ce langage corporel négatif joue bien sûr très défavorablement en votre faveur.

De la même façon, votre expression orale, votre diction, votre intonation, votre débit, la puissance de votre voix sont extrêmement importants. Attention également aux tics verbaux, aux onomatopées, aux bafouillements trop nombreux qui peuvent être pénalisants. Et ceci est vrai autant pour les personnes trop timorées comme pour celles « qui en font trop », qui parlent haut et fort, dans un long monologue, qui coupent la parole, se répètent, racontent leur vie...

Autre sujet sensible, le mensonge/la vérité. Les CV sont trop souvent l'occasion de s'inventer des diplômes, des formations, des expériences, des titres. Le recruteur va, là encore, vous tester sur ce que vous avez déclaré sur papier. Il peut vous demander des preuves. De plus en plus de recruteurs vérifient aussi auprès de vos anciens patrons la réalité, vos fonctions, vos missions dans l'entreprise, quelques traits de votre personnalité...

À savoir : dire du mal de quelqu'un, tenir des propos négatifs est à bannir.

Ne pas être à l’écoute de l’autre

C'est souvent le stress et la peur qui nous poussent à ce travers lors de l'entretien d'embauche. Par peur du vide, nous avons tendance à parler, parler, parler, à vouloir « placer » tout ce que l'on avait envie de faire passer, de tout raconter. Le monologue ne peut pas être bien considéré. Ne pas être à l'écoute de l'autre est un défaut inacceptable aux yeux d'un recruteur, d'autant plus lorsque vous postulez pour faire partie d'une équipe et une hiérarchie.

Un candidat ne peut pas qu'attendre les questions lors de l'entretien d’embauche. Cela montre un manque de capacité à « prendre en main » certaines situations et à pouvoir proposer des solutions. Par ailleurs, si vous ne faites pas en sorte de personnaliser cet entretien, en appelant le recruteur par son nom ou en vous intéressant à son parcours, de vous adapter à lui selon qu'il est plus ou moins cordial, « cool », vous aurez de grandes chances qu'il sera d'une grande banalité et que votre interlocuteur aura de vous un souvenir plus que mitigé.

En revanche, si vous optez pour créer un véritable échange avec lui, vos questions peuvent être des pièges que vous vous tendez tout(e) seul(e), par exemple si vous montrez que vous n'êtes pas (bien) renseigné(e) sur l'entreprise, que vous ne posez pas les bonnes questions, qu'elles sont trop générales, ou que vous posiez plusieurs fois la même. Les questions sensibles comme le salaire proposé, le succès ou non de l'entretien ou l'étape suivante sont à proscrire.

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