L’été, c’est la saison des barbecues. Et pour allumer le feu, rien de tel que des allumettes. De petites choses rentrées depuis longtemps dans notre quotidien, sans que nous nous souciions vraiment des nombreuses recherches qui ont été nécessaires pour les mettre au point.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Incroyables expériences de chimie : les flammes colorées Les feux d’artifice. Leurs couleurs qui illuminent le ciel font briller les yeux de nos enfants. Et les nôtres, avouons-le. Derrière la magie, quelques réactions chimiques très simples. Les explications en vidéo de Maëlle Mosser, docteur en chimie à l’ENS de Lyon.

Craquer une allumette : nous avons tous déjà fait ça. Pour allumer une bougie, la gazinière et le barbecue. En quelques dixièmes de seconde, le petit bout rouge s'enflamme. Selon un procédé qui apparaît extrêmement simple mais qui, pourtant, a nécessité de nombreux efforts de recherche et tout autant d'améliorations. Résultat : des allumettes sûres et non toxiques qui s'enflamment par frictionfriction et qui restent allumées suffisamment longtemps.

Examinons d'abord les différents composés en présence. Sur la boîte d'allumettes, un grattoir constitué de poudre de verre et de phosphore rouge. Du phosphore rouge, car celui-ci n'est pas inflammable et non toxique. L'allumette, quant à elle, est faite de boisbois de peuplier. Elle est imprégnée de phosphate d'ammonium et son extrémité est recouverte de paraffine. On y dépose également le liantliant avec une colle, un mélange de chlorate de potassiumpotassium (KClO3), de trisulfure de diantimoine (Sb2S3) et de phosphate d'ammonium ((NH4)3PO4). Notez au passage que le rouge du bout de l'allumette n'est dû qu'à un colorant uniquement choisi... pour faire beau !

En France, la fabrication d’allumettes a longtemps été un monopole d’État. Aujourd’hui, l’allumette est concurrencée par les allume-gaz et les briquets. © Free-Photos, Pixabay License
En France, la fabrication d’allumettes a longtemps été un monopole d’État. Aujourd’hui, l’allumette est concurrencée par les allume-gaz et les briquets. © Free-Photos, Pixabay License

À chaque composé, son rôle

Penchons-nous maintenant sur le rôle de chacun de ces composés. Le phosphate d'ammonium, d'abord, est un retardateur qui aide l'allumette à ne pas brûler trop vite. Il permet également d'éviter qu'il ne se dégage trop de fumée en fin de combustioncombustion. La paraffine, quant à elle, en tant que bon combustiblecombustible, va notamment jouer le rôle de guide pour que la flamme, partie de la tête de l'allumette, se dirige vers sa queue.

Lorsque l'allumette est craquée sur le grattoir, la poudre de verre s'échauffe. Une augmentation de température qui transforme le phosphore rouge en phosphore blanc. Or, celui-ci est particulièrement inflammable. Et c'est lui qui va servir à amorcer la flamme. Sur la tête de l'allumette, le chlorate de potassium se décompose en libérant de l'oxygèneoxygène utile à la combustion. Le trisulfure de diantimoine, quant à lui, sert de combustible.

La chaîne de réactions chimiques qui se produit alors libère du dioxyde de soufresoufre (SO2). C'est cette moléculemolécule qui donnera cette odeur si particulière de l'allumette brûlée.