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Courthézon, village des premiers paysans

Dossier - Nos ancêtres du Midi : voyage dans le temps
DossierClassé sous :préhistoire , Cosquer , archéologie

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Véritable « mémoire » de la préhistoire provençale, Jean Courtin compte près d'un demi-siècle de recherches sur l'ensemble des périodes allant du Paléolithique supérieur à l'âge du Bronze. Partons à la découverte de nos ancêtres du Midi.

  
DossiersNos ancêtres du Midi : voyage dans le temps
 

Le Baratin fut découvert en 1969 par le fils de M. Mercier, le propriétaire actuel du site. Il fit l'objet de campagnes de fouilles de 1970 à 1972 sous la direction de Jean Courtin. La mise au jour d'un très grand empierrement de galets de quartzite rubéfiés, interprété par le fouilleur comme un fond de cabane, est à l'origine de sa célébrité. Il demeure aujourd'hui un des rares établissements de plein air d'agro-pasteurs du Cardial connu dans le Midi de la France a avoir été fouillé en planimétrie. En conséquence, il est devenu un site de référence pour l'étude du néolithique ancien de cette région. Les fouilles conduites par Jean Courtin, ont été suspendues en 1972 afin de lui permettre de se consacrer à l'étude de la grotte de Fontbrégoua (Salernes, Var). Cette interruption, qui se voulait provisoire, devait durer 19 ans. Les fouilles récentes ont repris en 1991 sous la direction d'Ingrid Sénépart et sont intégrées au programme de recherche sur la néolithisation conduit par les membres de l'UMR 6636 (équipe néolithique).

Situation géographique

Le Baratin est localisé en Vaucluse en bordure ouest de la plaine de l'Ouvèze, ensemble situé entre le massif collinaire de Châteuneuf-du-Pape à l'est et les terasses molassiques de Carpentras à l'ouest. Cette vaste plaine forme l'un des ensembles parmi les plus ouverts du Comtat Venaissin. Quelques pointements de grès molassiques rompent l'uniformité de la plaine : les grès de Courthézon, les buttes de Mal Fusta et de Mal Bâtie et enfin celles du Château de Monteillier. L'altitude de la plaine est comprise entre 25 et 50 mètres. L'Ouvèze traverse la partie nord dans une direction nord-sud et rejoint le Rhône entre les collines de Saint-Louis et de la Montagne. La Seille, quant à elle, draine la dépression dite des "Paluds", à l'ouest de Courthézon et rejoint ensuite l'Ouvèze. « Cette partie basse constitue une zone en forme de doigt pénétrant le massif de Châteauneuf-du-Pape » (Coll. 1986). Cette formation occupe l'extrémité occidentale de la plaine.

Jean Courtin, à Couthézon, vous avez donc mis au jour le plus ancien village néolithique ?

Oui, c'est un site appelé Le Baratin à Courthézon, dans le Vaucluse. C'est le plus ancien village de plein air. Il date du Cardial. L'intérêt, c'est qu'on ne connaissait le Cardial qu'en grotte ou en abri. Là, à Courthézon, j'ai trouvé des fonds de cabanes empierrés de galets. Les cabanes devaient être en branche, en matériau périssable. Dans ce village, j'ai retrouvé la même poterie que dans d'autres sites de la même époque comme Chateauneuf-les-Martigues ou Fontbrégoua. J'ai retrouvé aussi de nombreuses de lames de faucilles, des meules, des traces d'agriculture...

Fouille du village néolithique de Courthézon (Vaucluse) © Jean Courtin

Ces gens-là étaient des agriculteurs...

Oui, mais ils consommaient encore 30 à 40 % de viande de chasse, contrairement aux Chasséens, agriculteurs à 90 %