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Première fréquentation - Phase 1

Dossier - La grotte Cosquer, sanctuaire paléolithique sous la mer à Marseille
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En Juillet 1991, Henri Cosquer découvre, au pied d'une falaise du Cap Morgiou, à trente-sept mètres sous le niveau de la mer, et à quelques kilomètres de Marseille une grotte sous marine remarquable avec des peintures fabuleuses.

  
DossiersLa grotte Cosquer, sanctuaire paléolithique sous la mer à Marseille
 

La première phase est marquée par la réalisation de mains négatives. Après les quarante-six mains initialement signalées, nous en avons trouvé une vingtaine de nouvelles. Il s'agit chaque fois d'adultes. Le thème - et la technique - de la main négative se trouvent assez curieusement dans le monde entier et dans des contextes très divers, de l'Australie à l'Afrique, de l'Asie aux Amériques.

Nombre de celles de Cosquer ont la particularité d'avoir des doigts incomplets, comme à Gargas dans les Hautes-Pyrénées et en d'autres lieux.

Les deux mains noires M18 et M19, près du Grand Puits © Photo Jean Clottes - Tous droits de reproduction interdit

Ce fait bizarre fut diversement interprété au cours du 20ème siècle. On y vit successivement des mutilations volontaires au cours de cérémonies, de deuil par exemple, des mutilations pathologiques dues à des maladies ou, tout simplement, un langage gestuel, comme il en existe chez les peuples chasseurs. La découverte de celles de Cosquer a rendu cette dernière hypothèse plus que plausible, car il devient beaucoup plus difficile de croire à des mutilations pathologiques frappant des gens très éloignés, à la même époque, et entraînant des conséquences rituelles et artistiques identiques.

Exemples de tracés digitaux à la voûte du secteur 202 © Photo Jean Clottes - Tous droits de reproduction interdit

Pendant cette Phase 1, les occupants de la Grotte Cosquer ont couvert toutes les parois et les voûtes de tracés digitaux : partout où la surface était suffisamment molle, ils y ont laissé traîner leurs mains, dessinant des volutes et des quantités de traits parallèles, sans qu'on puisse y distinguer de figures construites. C'est là, pensions-nous, une façon d'occuper la cavité, d'y affirmer sa présence.