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Le contexte archéologique - Les fréquentations préhistoriques

Dossier - La grotte Cosquer, sanctuaire paléolithique sous la mer à Marseille
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En Juillet 1991, Henri Cosquer découvre, au pied d'une falaise du Cap Morgiou, à trente-sept mètres sous le niveau de la mer, et à quelques kilomètres de Marseille une grotte sous marine remarquable avec des peintures fabuleuses.

  
DossiersLa grotte Cosquer, sanctuaire paléolithique sous la mer à Marseille
 

Les hommes préhistoriques n'ont pas habité dans la caverne profonde. Il ne s'y trouve que de petits feux, de trente à cinquante centimètres de diamètre chacun, uniquement utilisés pour l'éclairage ou pour fabriquer les charbons utilisés ensuite comme fusains, et de très nombreux charbons, vestiges de ces feux ou torches.

  • A - Le contexte archéologique

Pas d'ossements épars d'animaux brisés ou de nappes d'éclats de silex comme il s'en constate toujours sur les lieux d'habitat de quelque durée. Ce sont des incursions brèves, liées à la réalisation des dessins et certainement à des cérémonies, auxquelles ces gens se sont livrés. Leurs torches étaient en bois de pin sylvestre.

L'étude des pollens a révélé un paysage steppique, froid, avec peu d'arbres, parmi lesquels le bouleau et le pin. La grotte Cosquer n'a donc jamais servi d'habitat, du moins dans la partie exondée que nous connaissons. En revanche, elle se trouve à proximité de deux grandes cavités actuellement sous-marines, situées à moins de deux cents mètres et bien connues des plongeurs : Le Figuier et La Triperie.

Il est fort possible qu'elles aient été utilisées par ceux qui fréquentèrent et décorèrent la caverne ornée voisine. Des fouilles ultérieures pourraient le révéler. En revanche, nous ne saurons jamais si elles-mêmes furent ornées.

Bloc rocheux couvert de charbons, dans la Salle 2. © Photo Jean Clottes - Tous droits de reproduction interdit

B - Les fréquentations préhistoriques

Des dates relativement précises ont été obtenues à partir de charbons au sol et de prélèvements sur des dessins noirs faits au fusain. Elles se regroupent en deux séries, l'une datée d'environ 27 000 ans avant le présent, et l'autre de 18 500 à 19 200 BP. Douze dates radiocarbone furent obtenues dans un premier temps, série qui a fait en son temps de la Grotte Cosquer la caverne à peintures la mieux datée au monde.

Depuis le nombre de dates a été doublé, sans que cela change fondamentalement la vue que nous avons des fréquentations humaines. La grotte n'a donc été fréquentée assidûment qu'à deux reprises, que nous avons appelées Phase 1 et Phase 2, avec un intervalle d'environ 8 000 ans. Peut-être l'entrée basse fut-elle alors cachée sous la végétation ou colmatée sous les éboulis et redécouverte par la suite ?