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Journalisme scientifique et difficultés de la vulgarisation

Dossier - La science serait-elle incommunicable ?
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La science serait-elle incommunicable ? C'est trop souvent vrai. Communiquer la science est en tout cas impossible à la télévision, où le minutage et la brièveté des débats ne permettent au mieux qu’un simulacre ou une mascarade d’échanges minutés et mis en scène. Impossible également les enceintes politiques où les confrontations d’idées s’effacent derrière les positions partisanes. Impossible aussi dans les établissements d’enseignement, qui ne sont pas adaptés pour ce type d’activités. Des sujets complexes comme l’Europe et la science sont aujourd’hui « incommunicables »

  
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Le 28 juin 2007, la journaliste belge Ophélie Fontana s'est « plantée » en lançant un sujet sur l'hospitalisation du Roi Albert II pour une fracture du col du fémur en ouverture du JT de la soirée sur la chaîne publique RTBf : « Madame, Monsieur, merci d'être avec nous. Nous allons tout d'abord prendre des nouvelles du Roi, je vous le rappelle, qui a été opéré mardi des suites d'une fracture du col de l'utérus. »

Cette anecdote (et bien d'autres) est pain béni pour les scientifiques qui, à propos du journalisme scientifique, expriment presque invariablement les mêmes reproches : travail de pauvre qualité, mauvaise retranscription des interviews, introduction d'erreurs, simplification à outrance, etc. Cette critique n'est pas propre, tant s'en faut, au monde de la science.

Le travail de vulgarisation scientifique du journalisme scientifique est souvent critiqué - Crédit : Jean C.

Mais ces attaques à l'égard de la presse et du journalisme scientifique, en général bien fondées, oublient l'essentiel : les médias n'ont pas pour but d'éduquer le public. Ce sont des entreprises dont l'activité économique est de produire des « news » (donc on ne parle pas des trains qui arrivent à l'heure).

Un reproche fréquemment adressé par les scientifiques est l'exagération des résultats et la déformation des faits dont les journalistes scientifiques feraient preuve dans leurs comptes rendus. Mais l'inverse est aussi vrai. Des scientifiques soulignent parfois avec un peu trop d'enthousiasme certains éléments de leur recherche pour forcer la décision de financement ou de publication.

Dans une analyse désormais connue, Paul Caro explique qu'un article ou un film de science destiné au grand public exploite les trucs et ficelles de la littérature romanesque : héros, monstres, mythes divers, etc. « La vulgarisation scientifique, écrit Caro, est un genre littéraire. »