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Avant l'écriture : la tradition orale ?

Dossier - L'Atlantide et Gibraltar
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Depuis 2000 ans, l'histoire de l'Atlantide, engloutie 9000 ans avant notre ère, a été l'objet des spéculations les plus diverses. L'Atlandide et Gibraltar, un dossier du mythe à la réalité géologique.

  
DossiersL'Atlantide et Gibraltar
 

La préhistoire des chasseurs-cueilleurs montre des conservatismes qui impliquent la transmission de traditions pendant des millénaires. L'art préhistorique européen reste, quasiment inchangé pendant plus de 20 000 ans. Dans la grotte du Parpallo près de Valence (Espagne), Jean Clottes, a relevé la récurrence de rites immuables pendant 10 000 ans (offrandes répétées avec 4500 plaquettes gravées ou peintes dans des couches allant du Gravettien au Magdalénien final). Comme le constate ce spécialiste de l'art pariétal : " ces comportements témoignent de façon indiscutable de la persistance de la même tradition religieuse sur dix millénaires ".

Grottes sous marines sur le banc du Veyron à Marseille © Jacques Collina-Girard Tous droits de reproduction interdit

Au Canada, on a pu corréler des évènements géologiques (glissements de terrains, éruptions volcaniques, assèchements de lacs) aux mythes des indiens Gitksans : Les événements dont il est question ont eu lieu entre 6000 BP et 10 000 BP. Les Indiens renvoient couramment à un temps avant ou après le déluge (" Before the flood " ou " Soon after the flood ") se référant au premier peuplement de leur territoire, libéré des glaces à la fin du Pléistocène et au début de l'Holocène

Plus près de nous, le récit d'Homère de la guerre de Troie a longtemps été considéré comme un mythe. Pourtant les archéologues sont actuellement unanimes à admettre son fondement historique. Des études géologiques récentes ont montré que la reconstitution paléogéographique des paysages s'ajuste exactement au récit homérique alors qu'i'l n'a qu'un lointain rapport avec la géographie actuelle.

Vers le VII siècle BC, la Bible transcrit des traditions orales, échos d'évènements historiques vérifiables et probablement des faits géologiques très anciens. Plus récemment, au IV° siècle BC, Platon écrit le Timée et le Critias. Leur auteur, grand voyageur, avait pris connaissance, en Egypte et en Sicile, de légendes et de faits historiques sur le bassin occidental de Méditerranée et peut être des régions océanes.

Vue générale de la grotte de Taforalt (Maroc Oriental). © Jacques Collina Girard - Tous droits de reproduction interdit

La grotte de Taforalt est un site majeur pour comprendre l'évolution des cultures préhistoriques du paléolithique supérieur de l'afrique du nord. A des niveaux "Atériens" (industrie de type paleolithique moyen taillée par un homme moderne archaique) qui semblent commencer vers -100 000 succèdent abruptement vers 25 000 BP des niveaux "iberomaurusiens" (industrie du paléolithique supérieure à outillage microlithique associée à des hommes modernes). L'Iberomaurusien se termine vers 10 000 B.P et évolue vers le néolithique. Le site a fourni de nombreuses sépultures des hommes iberomaurusiens et de nombreux renseignements sur leur mode de vie. Les fouilles dans ce site on repris récemment. Ces hommes iberomaurusiens ont vu l'émersion et la disparition des îles du Detroit de Gibraltar

Si l'ethnographie et la préhistoire nous montrent l'efficacité de la tradition orale chez les peuples sans écritures et l'aptitude à transmettre sur des millénaires le souvenir d'événements naturels catastrophiques pourquoi refuserons-nous cette possibilité aux peuples antiques ?

Pourquoi une tradition de ce type n'aurait elle pas pu parvenir aux premiers scribes égyptiens pour être ensuite transmise à Platon ? Peut-être faut-il croire le philosophe grec quand il affirme la véracité de son histoire ! Le cataclysme qui s'est bien déroulé à la date et au lieu indiqué suggèrent que l'information transmise était, peut être fiable !