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La Mongolie de 2001-2002

Dossier - Les Mongols
DossierClassé sous :ethnologie , mongoles , chamanisme

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On connaît très peu de choses sur les Mongols avant le XIIème Siècle. Certains historiens pensent que les tribus mongoles étaient constituées simplement de nomades éleveurs de rennes qui ont émigré vers le sud en provenance de la région Transbaïkale jusqu'aux steppes de la Mongolie que l'on connaît aujourd'hui.

  
DossiersLes Mongols
 
  • Le statut non-nucléaire de la Mongolie :

La Mongolie est signataire du statut non-nucléaire. Elle n'a également aucune alliance militaire avec des pays nucléarisés. D'autre part, elle a demandé aux pays nucléarisés des Nations Unies de garantir sa sécurité.

  • Les désastres du Dzud :

Le dzud est un hiver très rigoureux avec une neige très dure.

Les hivers rigoureux de 1999 et 2000 ainsi que la terrible sécheresse qui a sévit dès les printemps suivants ont été dévastateurs pour la Mongolie. Plus de 3 millions d'animaux d'élevage et sauvages sont morts de froid et de faim. Toute la population nomade a été sévèrement touchée par cette situation. Beaucoup ont été épuisés, en très mauvaise santé et traumatisés psychologiquement. Il a été mentionné une série de suicides. Certaines familles nomades ont perdu tout leur troupeau. Beaucoup ont décidé de vivre en milieu urbain où le taux de chômage est déjà élevé et ont été réduits à la mendicité et à fouiller les poubelles pour survivre. L'Etat mongol, ainsi que l'aide humanitaire internationale et la croix rouge mongole ont apporté une aide aux populations nomades.
En septembre 2001, l'Etat mongol a mis des dispositions en place pour constituer des réserves alimentaires en vu d'un 3ème dzud consécutif en 2002.
Hiver 2001-2002 L'aide humanitaire a continué ses actions et sa distribution de matériel, de nourriture, de kit de premiers soins et autres. L'hiver 2001-2002, c'est un nouveau le Dzud avec la prévision d'une nouvelle vague de sécheresse. 2 millions d'animaux sont morts en plus de l'hiver précédent et l'on estime que ce chiffre sera en augmentation.

  • Les enfants des rues :

Le désastre du Dzud a amené beaucoup de pauvreté condamnant les enfants des familles nomades les plus pauvres à vivre dans les rues et a faire leur gîte dans les égouts d'Oulan Bator ou de Darkhan. Des équipes humanitaires mongoles et internationales se sont occupées de ce problème en apportant des refuges, de la nourriture et une aide psychologique à ces enfants en danger.

  • L'aide humanitaire aux plus démunis :


Des centres d'aide ont été crées pour accueillir les familles les plus pauvres afin qu'elles puissent recevoir des repas chauds, des vêtements, des couvertures, des soins médicaux et un soutient psychologique. Certains hôpitaux ont été agrémentés de lits supplémentaires pour y accueillir les plus malades. Pendant l'hiver 2001, plus de 300 enfants sont morts dont 246 avaient moins de un an. Cette action est loin d'être terminée.


  • Vie nomade

Un peu d'histoire :

On considère que les Mongols ont toujours été des nomades et jusqu'au XXe Siècle, les éleveurs se sont déplacés périodiquement sur de faibles distances, en restant cantonnés sur les parcours d'hiver pour nomadiser à nouveau sur les parcours d'été utilisables dès le mois de juin et jusqu'en septembre.

Au XIe siècle, une grande envolée démographique s'est fait sentir dans la steppe. En conséquence, les guerres claniques et tribales se sont multipliées, chaque clan familial cherchant à conquérir les pâturages du voisin. C'était la crise du surpâturage. En réponse à cette crise, un nouveau système s'est mis en place à savoir que les clans de petite taille restaient toute l'année dans la même région tandis que ceux de grande taille pouvaient migrer vers des pâturages plus au sud. Cette migration de grande amplitude a permis aux pâturages d'été d'accueillir plus d'animaux. A cette période apparaissent également les premières hiérarchies sociales. Gengis Khan établissait une société de type pyramidale féodale dont il représentait le sommet. Cette nouvelle société d'élevage nomade sera l'origine du fondement du Grand Empire Mongol.

Avec l'arrivée des Soviétiques, beaucoup durent se sédentariser dans des fermes d'état et se concentrer sur un élevage dont les produits étaient revendus aux coopératives. Ainsi les nomades n'assuraient plus seulement leur propre existence mais aussi celle de la collectivité. La chasse et l'élevage étaient très réglementée. Il fut instauré comme en Sibérie des chasseurs et éleveurs professionnels, les familles n'ayant plus le droit de le faire pour elles-mêmes. A partir des années 1990, beaucoup décidèrent de reprendre leur ancienne vie nomade.

Nomades aujourd'hui

Le nomadisme représente 40% de la population mongole. Les nomades mongols vivent principalement de l'élevage du bétail et de la chasse. Ils élèvent surtout des yaks, moutons, chèvres, chameaux, chevaux et rennes. Tous ces animaux remplissent 3 fonctions majeures : nourriture ( viande et laitages ), textile ( laine ) et monture.


Le cheval ( Takhi ) a une place tout à fait à part dans la culture mongole, il est un emblème national. Fort et résistant, le petit cheval mongol a été un très grand atout pour Gengis Khan et est resté un véritable animal de puissance dans l'esprit des Mongols. D'ailleurs, le terme « Takhi » signifie l'Esprit ou le Spirituel. En Europe et en Amérique ces chevaux sont appelés « les chevaux Przewalski » du nom d'un colonel polonais qui explora la Russie et la Mongolie pour le Tsar. De nos jours 1200 de ces chevaux vivent en captivité dans le monde dont quelques-uns uns en France. Une autre de leur particularité est la qualité de leurs crins utilisés pour la confection d'archets pour instruments à cordes dans le monde entier.


Les tâches sont réparties entre les membres de la famille. Généralement, les hommes s'occupent des chevaux, des troupeaux, de la fabrication des selles et des armes. Ils chassent et pêchent également. Au Printemps, la chasse à la marmotte est lancée et sa viande sera consommée tandis que sa fourrure servira de parure. Dans certaines régions cependant, la chasse à la marmotte est interdite car elles portent le virus de la peste.
Les femmes s'occupent du gher, de la cuisine, des enfants, de la couture, de la traite afin de récupérer le lait des femelles. Elles préparent également la fameuse boisson alcoolisée, l'aïrak réalisée avec du lait de jument fermenté.

Avec le désastre du Dzud blanc, une neige si dure que le bétail doit la gratter pour trouver l'herbe qui se trouve dessous, des millions de bêtes ont trouvé la mort en 3 hivers obligeant les nomades à s'échouer à Oulan-Bator. Beaucoup ont été réduits à la mendicité et à fouiller les ordures pour survivre le temps que l'aide humanitaire mongole se mette en place. Aujourd'hui, 2002, un troisième Dzud a sévit mais le gouvernement mongol ainsi que l'aide humanitaire semble avoir pris les dispositions nécessaires à la survie des nomades.
  • Répartition des Mongols