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Découvreurs de la Nouvelle Calédonie

Dossier - Histoire et culture de la Nouvelle-Calédonie
DossierClassé sous :ethnologie , géographie , Nouvelle-Calédonie

Jean-Jacques Espirat

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Alors que la Nouvelle-Guinée est peuplée depuis 30.000 ans environ, celui de la Nouvelle-Calédonie est beaucoup plus récent. Les sites archéologiques dont les plus ancien remontent à 4.000 ans en témoigne. Histoire et culture de la Nouvelle-Calédonie

  
DossiersHistoire et culture de la Nouvelle-Calédonie
 
  • Les découvreurs de la préhistoire

La Nouvelle-Guinée est peuplée depuis 30.000 ans environ,le peuplement de la Nouvelle-Calédonie est beaucoup plus récent. Les sites archéologiques datés les plus anciens, remontent à 4.000 ans, mais il est possible que l'occupation de l'archipel par ses vrais découvreurs soit un peu plus ancienne.

Les migrations à l'origine du peuplement se sont faites à partir de l'Asie du sud-est autour d'un axe Bornéo - Philippines, Nouvelle-Guinée, Salomons. Ce mouvement migratoire s'est aussi poursuivi au-delà de la Nouvelle-Calédonie vers les Fidji. Plus tard et jusqu'au XIX siècle, sur les côtes et dans les îles (Loyauté, Kunié) notamment, des colonies de navigateurs austronésiens de la Polynésie occidentale (Tonga, Samoa, Fidji, Wallis ) se sont régulièrement installées.

  • Les découvreurs européens
C'est au Capitaine Cook que revient la découverte officielle de la Grande Terre par les Européens. Elle fut faite au cours de son second voyage. Le premier à bord qui aperçu la Grande Terre fut l'aspirant Colnett le 4 septembre 1774. Cook la nomma "New Caledonia". Cook débarqua à Balade sur la côte Est. Il fut reçu amicalement par les habitants. Colnett a laissé son nom au cap situé entre Pouebo et Panié et au sommet qui le domine. C'est le 3eme plus haut sommet de la Grande Terre. Cook longea ensuite la côte Est jusqu'au sud de la Nouvelle-Calédonie et l'île Kunié qu'il nomma île des Pins. Il cartographia la côte Est et, bien qu'il ne l'ait pas longée, sa carte suggère aussi la côte Ouest, remarquablement proche de son tracé réel.

C'est d'Entrecasteaux, alors à la recherche de Lapérouse, qui fit la première reconnaissance de la côte Ouest en 1792. Il arriva à l'Ile des Pins le 16 juin. Il longea ensuite la côte et fit plusieurs tentatives pour entrer dans le lagon et aller à terre mais il finit par abandonner par souci de sécurité. Néanmoins la côte fut observée de la mer et remarquablement cartographiée par Beautemps-Beaupré d'Entrecateaux qui découvrit, au nord de la Grande Terre, les îles Surprise et Huon et l'atoll Beautemps-Beaupré.

Les Iles Loyauté furent découvertes en 1793 par Raven capitaine d'un navire marchand anglais venant de Sydney. La cartographie et l'hydrographie des îles Loyauté ne fut faite qu'en 1827 et 1840 par Dumont d'Urville. Le premier a pénétrer dans le lagon de la côte Ouest fut le capitaine Kent, il le nomma Baie St. Vincent. D'après ses récits, il eut d'excellents contacts avec la population.

Parti de France en août 1785 pour explorer la Nouvelle-Calédonie, le comte de Lapérouse, avec ses deux navires La Boussole et l'Astrolabe, fit naufrage et disparut en 1788 à Vanikoro (Iles Santa Cruz, entre le Vanuatu et les Salomons). Il a toujours été supposé que Lapérouse venait de Nouvelle-Calédonie lorsqu'il fit naufrage, car c'était son itinéraire logique. Mais aucun écrit ne le prouve et les livres de bord ont évidemment disparus avec le naufrage. Le mystère reste donc quoique plusieurs indices tendent à prouver son passage en Nouvelle-Calédonie.

  • Baleiniers et santaliers
C'est vers 1793 que les chasseurs de baleines Américains commencent à toucher la Nouvelle-Calédonie pour leur hivernage. L'époque des marins "santaliers" débute en 1841. Leur commerce deviendra très intense en 1846. Il s'achève après la prise de Possession en 1853.

Les "santaliers" sont à l'origine d'une grande mutation technologique chez les autochtones. En échange du bois précieux, ils apportèrent, des outils et armes d'acier, des étoffes et des objets de verre.

  • Les missionnaires

Les catéchistes de la London Missionary Society débarquèrent en 1841 à l'île des Pins (Kunié) et en 1842 à Touaourou (Sud Grande Terre). Ils en furent chassés en 1842. La LMS s'installa aux îles Loyauté en 1841. Les missionnaires catholiques de la Société de Marie conduits par Monseigneur Douarre s'installèrent à Balade en 1843.

Ils durent quitter cette implantation en 1847. Ils y revinrent en 1851. Les maristes s'implantèrent, avec succès cette fois, à Kunié en 1848. L'Ile des Pins servit de base à l'évangélisation de la Grande Terre. Tous ces visiteurs apportèrent aussi des maladies nouvelles et des puces. Le chef de Kunié initialement intéressé par l'implantation de la mission fut ensuite hostile à la nouvelle religion à laquelle il attribua notamment une épidémie. Les catéchistes furent massacrés.

A Touaourou au sud de la Grande Terre les catéchistes s'enfuirent avant le massacre et la consommation des convertis. Un frère mariste fut tué lors des affrontements qui chassèrent les missionnaires de Balade. Les graves problèmes des premiers missionnaires s'expliquent par le manque de connaissance sur ces peuples et notamment l'incompréhension de leurs langues et de leurs coutumes. Des disettes, des épidémies et des guerres ont souvent été les facteurs déclenchant. Seule l'implantation aux îles Loyauté fut un succès immédiat.

  • Prise de Possession

Napoléon III donna instruction à plusieurs navires de guerre français de prendre possession de la Nouvelle-Calédonie, à la condition qu'elle ne fut pas d'ores et déjà annexée par les Anglais. Le premier arrivé fut l'amiral Febvrier Despointes qui prit possession de la Grande Terre à Balade le 24 septembre 1853.

Mission catastrophe : avant la prise de possession la corvette L'Alcmène fut envoyée en mission exploratoire par le gouvernement français en 1850. L'objectif était d'étudier la possibilité d'une colonisation et de l'installation d'un bagne. La mission se termina tragiquement dans le nord de la Grande Terre, à Yenghebane. Plusieurs officiers et hommes d'équipage furent massacrés et consommés.