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Notre installation au village

Dossier - Deux semaines dans un village de Vanuatu
DossierClassé sous :ethnologie , géographie , vanuatu

Yann Michel

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Partez à la découverte de ces îles lointaines et vivez en quelques pages les "us et coutumes" des habitants de l'île Paunangisu, ou Yann Michel s'est arrêté avant de continuer son tour du monde.

  
DossiersDeux semaines dans un village de Vanuatu
 

Pannangisu se trouve au bord de mer en forêt tropicaleA notre arrivée dans le village de Paunangisu, on nous a fortement conseillé de demander l'autorisation de camper au chef du village car là-bas, on vit encore à l'ancienne époque et il y a encore des tributs avec des chefs qui se battent. Lorsqu'un homme est tué par une autre tribut, la tribut apporte des cadeaux (viande et artisanat ) à la famille du défunt pour compatir à la perte de l'homme. Nous avons eu un peu peur de devoir affronter un monde hostile, mais le chef, rapidement près de nous, nous a souhaité la bienvenue et nous montre plusieurs endroit où monter notre tente.

Paunangisu est composé de 700 personnes reparties dans plusieurs villages. Nous nous retrouverons à participer à la vie d une cinquantaine de personne....Nous avons vécu avec la communauté pendant 8 jours.

La première nuit, nous n'avons pas suivi les conseils des villageois, préférant poser notre tente idéalement en bord de mer. Toute la nuit, nous avons prié pour que notre tente ne s'envole pas, car le fameux cyclone Erikan qui sévit dans la Pacifique aura ces effets ici !.

  • Nos Premières gorgées de Kava...

Le soir, oubliant cette solution, nous cherchons une place pour boire le Kava !. Ca nous rappelle notre rituel a nous, aux odeurs d'anis avant dîner, avec quelques cacahouètes Tous les soirs,  la pause Kava rassemble les hommes autour d'une buvette. Il s'agit d une préparation à base de racines de plantes qui produit un effet très relaxant..et des yeux livides...La tradition veut que l'on avale cette boisson avant dîner et durant le coucher du soleil à certaines occasions seulement. ...Aujourd hui, c'est devenu la boisson des hommes pour chaque soir....car finalement, à répétition, on en devient dépendant...

  • Dans le respect des règles, nous participons a la vie de la communauté...

Le rythme de vie est différent et suit le rythme du soleil et de la nuit, très doucement... : lever à 5h30 pour les travaux manuels avant qu'il ne fasse trop chaud. Les enfants (ceux dont les parents peuvent payer l'école) vont à l'école jusqu'à 15 ans maximum ( école de 8 à 15h30), les autres enfants aident aux tâches journalières qui sont différentes s'ils sont garçons ou filles..les filles lavent le linge dans les bassines dans la cour intérieure de leur cabane puis aident à la cuisine, vont à la cueillette dans le bush de fruits et légumes et réalisent des sacs et tapis faits de feuilles de bananiers par exemple. Les garçons eux participent au nettoyage du jardin et vont à la chasse et à la pêche, mais ne font jamais la lessive, vaisselle ou ménage. ....En général, les hommes ont la vie belle comparée à celles des femmes qui subissent quelque peu l'autorité des hommes...

Lors d'une lessive les hommes du village ont été très surpris de voir un homme laver ses propres vêtements....les femmes sont restées à nous regarder pendant le lavage, très curieuses.

Nous sommes reçus par la population comme des membres de leur famille. Fred, le frère du chef du village aura pour consigne de répondre à nos besoins. Il nous ouvrira sa maison, ses toilettes primaires, sa salle de bains située dans un cabanon, et composé d'une bassine vide et d'une bassine d'eau...(mieux vaut ne pas avoir les cheveux longs si vous voulez pouvoir totalement les rincer...). Fred nous montrera alors un tonneau en fer rempli d'eau de pluie ; ce qui nous permettra de remplir nos bouteilles quotidiennement...

  • Cueillettes de fruits et préparation des repas....

Nous avons participé aux taches journalières, aidant à la cueillette de naos (fruits se rapprochant de nos pommes), dans les arbres fruitiers, triant les fruits pour la vente aux marchés locaux et rapportant les fruits du bush au village, dans des sacs en équilibre sur nos têtes ..C'est un art que de pêcher, cueillir ou aller à la chasse, cuisiner et aussi faire des tapis ou des sacs, des bracelets de coquillages....

Nous avons mangé avec des familles chaque jour, et aidé a la préparation de repas : manioc en légumes avec une sorte de choux fleurs local, poisson ou porc, fruits fraîchement cueillis (paya..). Les gens mangent un seul plat, completé par des fruits ramassés en journée. Nous achetions des boites de thon et du pain local, produits qu ils n'ont pas les moyens de s'offrir et parents comme enfants se jettaient sur cette nourriture !

  • Les enfants nous ont rapidement adoptés...
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Au retour de l'école, les enfants s'empressaient de nous rejoindre alors que ceux qui ne pouvaient se payer l'école passaient une grande partie de la journée avec nous...Ils nous apportaient des fruits tels que des bananes, pamplemousses, naos, noix de coco de trois sortes, sortes d'amandes, avocats....ici, tous les fruits et légumes sont deux à trois fois plus gros qu'en France. Les enfants ne connaissent pas les sucreries ou chocolats car n'ont pas les moyens de s'en acheter. Aussi, ils vont à la pêche et à la cueillette, se faisant cuire à leur retour leurs poissons et les crustacés (crabes, coquillages...) de leur pêche..  A leur hameçon, ils accrochent un crustacé qu'ils ont fait préalablement sortir de sa coquille en sifflant... Ils peuvent passer des heures à pêcher et ne revenir qu'avec 2 ou 3 poissons....cela s'appelle la patience maximale que nous ne connaissons plus dans notre société....A chaque fois, ils insistaient pour nous faire déguster fièrement leur pêche.