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Les voiles étouffants de Vénus

Dossier - Vénus et son passage aujourd'hui
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A l'occasion du transit de Vénus, un programme éducatif public permettra à toute personne intéressée, de participer activement à l'événement astronomique. Le transit du 8 juin 2004 est une occasion unique de participer à une expérience scientifique.

  
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Si l'enfer existait, ce serait certainement sur VénusLa planète baigne dans une atmosphère de gaz carbonique si dense qu'un puissant effet de serre élève la température au sol à 400 degrés, et jusqu'à 460 degrés au plus fort de la journée (ce qui est assez chaud pour faire fondre le plomb). La surface de Vénus est donc plus brûlante que celle de Mercure, bien qu'elle soit deux fois plus éloignée du Soleil.

Cette température s'accompagne d'une pression atmosphérique cent fois plus forte que sur Terre et, sous les 70 km des lourds et opaques nuages permanents, elle correspond à celle qui règne, chez nous, sous 1000 mètres d'eau.
Tout être vivant serait, sur Vénus, asphyxié par l'air, cuit par la chaleur et broyé par la pression atmosphérique, perspective qui laisse peu de place à l'espoir d'une future expédition humaine, même chez les visionnaires les plus optimistes.

Perspective View of Lavinia Planitia - © Nasa

Sur vingt-cinq missions spatiales, seules quatre sondes soviétiques, Venera 9, 10, 13 et 14 ont réussi l'exploit, dans les années 1980, de franchir tous les obstacles dus à la température et à la pression pour arriver au sol en état de marche. Fonctionnant pendant un laps de temps relativement court (de 53 minutes pour Venera 9 à 2 h 7 minutes pour Venera 14), elles ont transmis aux Terriens de précieuses informations sur la deuxième planète la plus proche du Soleil.

Les nuages sont trop épais pour que l'on aperçoive le soleil, ne serait-ce qu'un instant. L'air est immobile, les plus puissantes tornades produisant au sol des vents de seulement 4 km par heure. Seuls, dans ce paysage fantomatique, quelques coups de tonnerre d'un invisible orage percent le silence pesant. Lorsque la nuit arrive, la température ne baisse guère et d'éventuels vénusiens ignoreraient tout des étoiles, le ciel étant en permanence couvert d'impressionnants et épais nuages.

Surface de Vénus © Nasa

L'atmosphère brûlante de Vénus est composée à 96 % de dioxyde de carbone, le reste étant principalement de l'azoteL'air est extrêmement sec, sans la moindre présence de vapeur d'eau. Au fur et à mesure que l'on s'élève dans l'atmosphère, la pression baisse mais la température reste désespérément haute. Ainsi, à 11 000 mètres, au sommet de Maxwell Montes, la montagne la plus élevée de Vénus, la température avoisine 400°C. À 45 km, la pression atmosphérique équivaut à celle qui règne sur la Terre, mais la température atteint tout de même 100°C.

Alors qu'au sol, aucune brise ne soulève la poussière, à cette altitude les vents se déchaînent, dépassant les 300 km à l'heure avec, pour parachever l'ambiance, une pluie corrosive de gouttelettes d'acide sulfurique. Enfin le zéro degré est atteint à 60 km au-dessus du sol alors qu'à 70 km, au sommet des nuages, la température avoisine les - 40°C.

La circulation atmosphérique est une autre des particularités de Vénus. Au niveau du sol, l'atmosphère est lourde et pratiquement immobile car elle est asservie par la rotation extrêmement lente de la planète. Comme on l'a déjà vu, les vents ne dépassent guère 4 km par heure. Au contraire, en altitude, l'atmosphère est infiniment moins dense et tourne en seulement 4 jours. Les tempêtes y sont effroyables et distordent les couches atmosphériques en produisant une formation en Y, très caractéristique, observable sur les clichés des couches externes de la planète.