Si l'enfer existait, ce serait certainement sur VénusVénus. La planète baigne dans une atmosphèreatmosphère de gazgaz carbonique si dense qu'un puissant effet de serreeffet de serre élève la température au sol à 400 degrés, et jusqu'à 460 degrés au plus fort de la journée (ce qui est assez chaud pour faire fondre le plombplomb). La surface de Vénus est donc plus brûlante que celle de MercureMercure, bien qu'elle soit deux fois plus éloignée du SoleilSoleil.

Cette température s'accompagne d'une pression atmosphériquepression atmosphérique cent fois plus forte que sur TerreTerre et, sous les 70 km des lourds et opaques nuagesnuages permanents, elle correspond à celle qui règne, chez nous, sous 1000 mètres d'eau.
Tout être vivant serait, sur Vénus, asphyxié par l'airair, cuit par la chaleurchaleur et broyé par la pression atmosphérique, perspective qui laisse peu de place à l'espoir d'une future expédition humaine, même chez les visionnaires les plus optimistes.

Perspective View of Lavinia Planitia - © Nasa

Perspective View of Lavinia Planitia - © Nasa

Sur vingt-cinq missions spatiales, seules quatre sondes soviétiques, VeneraVenera 9, 10, 13 et 14 ont réussi l'exploit, dans les années 1980, de franchir tous les obstacles dus à la température et à la pression pour arriver au sol en état de marche. Fonctionnant pendant un laps de temps relativement court (de 53 minutes pour Venera 9 à 2 h 7 minutes pour Venera 14), elles ont transmis aux Terriens de précieuses informations sur la deuxième planète la plus proche du Soleil.

Les nuages sont trop épais pour que l'on aperçoive le soleil, ne serait-ce qu'un instant. L'air est immobile, les plus puissantes tornadestornades produisant au sol des ventsvents de seulement 4 km par heure. Seuls, dans ce paysage fantomatique, quelques coups de tonnerretonnerre d'un invisible orageorage percent le silence pesant. Lorsque la nuit arrive, la température ne baisse guère et d'éventuels vénusiens ignoreraient tout des étoilesétoiles, le ciel étant en permanence couvert d'impressionnants et épais nuages.

Surface de Vénus © Nasa

Surface de Vénus © Nasa

L'atmosphère brûlante de Vénus est composée à 96 % de dioxyde de carbonedioxyde de carbone, le reste étant principalement de l'azoteazote. L'air est extrêmement sec, sans la moindre présence de vapeur d'eau. Au fur et à mesure que l'on s'élève dans l'atmosphère, la pression baisse mais la température reste désespérément haute. Ainsi, à 11 000 mètres, au sommet de Maxwell Montes, la montagne la plus élevée de Vénus, la température avoisine 400°C. À 45 km, la pression atmosphérique équivaut à celle qui règne sur la Terre, mais la température atteint tout de même 100°C.

Alors qu'au sol, aucune brise ne soulève la poussière, à cette altitude les vents se déchaînent, dépassant les 300 km à l'heure avec, pour parachever l'ambiance, une pluie corrosive de gouttelettes d'acide sulfuriqueacide sulfurique. Enfin le zéro degré est atteint à 60 km au-dessus du sol alors qu'à 70 km, au sommet des nuages, la température avoisine les - 40°C.

La circulation atmosphériquecirculation atmosphérique est une autre des particularités de Vénus. Au niveau du sol, l'atmosphère est lourde et pratiquement immobile car elle est asservie par la rotation extrêmement lente de la planète. Comme on l'a déjà vu, les vents ne dépassent guère 4 km par heure. Au contraire, en altitude, l'atmosphère est infiniment moins dense et tourne en seulement 4 jours. Les tempêtestempêtes y sont effroyables et distordent les couches atmosphériques en produisant une formation en Y, très caractéristique, observable sur les clichés des couches externes de la planète.