La poussière de Mars pourrait bien être plus dangereuse encore que celle de la LuneLune. C'est non seulement un puissant oxydant et irritant mécanique mais également un poison chimique.

Ainsi que nous l'avons évoqué en planétologie, Mars doit sa couleurcouleur rouge au fait que sa surface est constituée en grande partie d'oxyde de fer. C'est de la maghémite, une variété d'hématite ferromagnétiqueferromagnétique qui, attaquée par l'oxygèneoxygène prend une couleur rouillerouille. Mars contient également des oxydes de divers autres mineraisminerais.

Stein Sture, professeur de Technologie à l'Université du Colorado entouré de quelques scientifiques soupçonnent que le sol poussiéreux sur Mars pourrait être un oxydant si puissant qu'il brûlerait n'importe quel composé organique y compris les plastiquesplastiques, le caoutchouccaoutchouc ou la peau humaine aussi salement que l'agent de blanchiment non dilué d'une lessive ! Beaucoup de femmes doivent certainement avoir connu cette expérience... Les astronautesastronautes des futures missions martiennesmissions martiennes devront donc impérativement évacuer toute trace de poussière avant d'entrer dans les habitacles au risque de devoir faire face à de sérieuses allergiesallergies ou brûlures et la NASANASA travaille actuellement à ces solutions.

Mais puisque aucun échantillon de sol n'a jamais été ramené de Mars, Sture et ses collègues "ne savent pas avec certitude si cet oxydant est puissant mais il pourrait être assez méchant", conclut-il.

Aspect du désert de sable et de pierres en bordure du cratère Bonneville photographié par la rover Spirit le 12 et 13 mars 2004. Notez la poussière recouvrant tous les rochers situés à l'avant-plan. <br />Crédits : NASA/JPL/MER.

Aspect du désert de sable et de pierres en bordure du cratère Bonneville photographié par la rover Spirit le 12 et 13 mars 2004. Notez la poussière recouvrant tous les rochers situés à l'avant-plan. 
Crédits : NASA/JPL/MER.

A ce propos, selon des données de la mission Mars Pathfinder, la poussière martienne pourrait également contenir des traces de métauxmétaux toxiques, y compris l'arséniure de chromechrome hexavalent, une substance toxique cancérogènecancérogène décrite dans le film docudrama d'Erin Brockovich et des studios Universal sorti en 2000. C'est une conclusion étonnante à laquelle a aboutit le Conseil National de la Recherche américaine dans un rapport publié en 2002 par le Bureau d'Ingénierie Aéronautique et Spatiale (ASEB), intitulé "Safe on Mars: Precursor Measurements Necessary to Support Human Operations on the Martian Surface" et disponible auprès de la National Academies Press.

Le défi de la poussière martienne serait particulièrement aigu pendant les tempêtestempêtes de sables qui soufflent assez fréquemment sur Mars à hauteur de l'équateuréquateur. Fouettant les montagnes et balayant les plaines de poussières abrasives et toxiques, chaque tempête érode progressivement le substratsubstrat martien et dans ces conditions il est exclu de conduire une mission d'exploration ; la poussière s'inscrustera partout et il sera difficile d'installer un système de filtrage efficace. Comme les habitants du désertdésert ou des côtes sablonneuses le savent bien, le sablesable et la poussière envahissent tout, et c'est un combat quotidien que les astronautes devront mener pour préserver leur santé.

Ces deux images prises à 10 jours d'écart montrent l'effet de l'accumulation de la poussière sur la rover Spirit. A gauche après un séjour de 416 sols ou jours martiens (5 mars 2005) sous les vents poussiérieux de Mars. A droite après nettoyage de la plate-forme 10 jours plus tard (426eme sol, 15 mars 2005). Le fait d'avoir enlevé la poussière sur d'autres éléments vitaux a également produit une élévation de la puissance des plaques solaires équipant la rover. La base de la plate-forme de calibration mresure 8 cm de côté. Crédits : NASA/JPL/MER.

Ces deux images prises à 10 jours d'écart montrent l'effet de l'accumulation de la poussière sur la rover Spirit. A gauche après un séjour de 416 sols ou jours martiens (5 mars 2005) sous les vents poussiérieux de Mars. A droite après nettoyage de la plate-forme 10 jours plus tard (426eme sol, 15 mars 2005). Le fait d'avoir enlevé la poussière sur d'autres éléments vitaux a également produit une élévation de la puissance des plaques solaires équipant la rover. La base de la plate-forme de calibration mresure 8 cm de côté. Crédits : NASA/JPL/MER.

La NASA étudie actuellement les moyens d'atténuer ces risques en collaboration avec Masami Nakagawa, professeur associé au département de Technologie de l'Ecole des mines du Colorado. Ce projet vise à étudier les technologies telles que les enduits en couche mince capables de repousser la poussière des outils et des autres surfaces et les techniques électrostatiquesélectrostatiques permettant de secouer ou d'enlever d'une autre manière la poussière s'accumulant sur les combinaisons spatiales. Ce combat contre les éléments n'est pas gagné d'avance. Nous pouvons gagner des batailles mais sans doute pas la guerre, Mars porteporte trop bien son surnom.