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Les effet mécaniques de la poussière lunaire

Dossier - La toxicité de la poussière lunaire et martienne
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Récemment les pathologistes et astrobiologistes se sont penchés sur les problèmes de santé liés à la poussière de régolite soulevée du sol, un allergène puissant et néfaste comme le silicium, à l'origine de la maladie de la silicose.

  
DossiersLa toxicité de la poussière lunaire et martienne
 

La poussière lunaire étant composée de silicium et de quartz, à notre connaissance elle n'est pas toxique. Mais comme la poussière de quartz d'une ponceuse, c'est un abrasif presque aussi efficace que la poussière de verre. Les astronautes de plusieurs missions Apollo ont pu constater qu'elle s'était accrochée à toutes les surfaces, griffant les optiques et le métal et qu'il était impossible ou presque de l'enlever. Une fois qu'elle a pénétré à l'intérieur du module lunaire, une partie de cette poussière peut facilement irriter les poumons, les muqueuses nasales et les yeux.

Grain de régolte de 0.1mm de diamètre récolté par Apollo 17. Crédits : Université de Washington à Saint Louis. Reproduction interdite

La poussière lunaire est donc dangereuse et pas seulement pour l'organisme humain. "Ses constituants ressemblent à de la cendre aux arêtes très coupantes et présentent des aspérités comme des crochets" dit David McKay. "C'est comme du Velcro", raison pour laquelle les astronautes éprouvaient tant de mal à la retirer. Elle peut s'accumuler dangereusement près des orifices ou sur les plates-formes, empêchant une bonne dissipation de la chaleur des pièces exposées en plein Soleil, ou entraîner des pannes mécaniques.

McKay et les autres intervenants à cet atelier ont suggéré pour limiter l'exposition des astronautes à la poussière, qu'on pourrait mettre à leur disposition des douches ou des systèmes électrostatiques pour extraire ces particules des combinaisons lunaires. Mais à ce jour de telles solutions sont anticipées car les recherches concernant les effets biologiques de la poussière lunaire doivent être approfondies.

Exploration de la Lune par Apollo 17. Crédits : NASA/Apollo 17/NSSDC

Aujourd'hui on ne dispose toujours pas de réponse définitive concernant les effets et la toxicité de la poussière lunaire bien que les chercheurs aient étudié le sujet depuis 1972. Quant aux études faites à partir des échantillons lunaires ramenés par le programme soviétique Luna, elles ont toutes été rejetées par manque de crédibilité.

Empreinte du pas de Buzz Aldrin au cours de la mission Apollo 11 le 20 juillet 1969. Crédits : NASA/Apollo11/NSSDC

Selon des estimations établies par Laurent Sibille du centre de vol spatial Marshall de la NASA, il faudrait ramener 100 tonnes de poussière lunaire pour dire de mener à bien une étude si on envisage une colonisation de la Lune. Grâce aux missions Apollo, les astronautes ont ramené à peine 1% de cette quantité et les 25 tonnes de simulants que la NASA a élaboré pour les chercheurs est à présent consommée, à l'exception d'un dernier seau disponible au centre spatial Johnson. Sibille et ses collègues encouragent la NASA et l'industrie aérospatiale à développer de nouveaux simulants aussitôt que possible.