Kerschmann n'a jamais oublié l'incident survenu à Harrison Schmitt. Récemment il étudia les effets de la poussière minérale sur la santé humaine. Avec le projet de colonisation de la LuneLune puis de Mars, ces deux mondes étant très poussiéreux, l'inhalationinhalation de cette poussière peut être très mauvaise pour les astronautesastronautes, concède Kerschmann.

Harrison Schmitt confirme : "La poussière est le problème environnemental N°1 sur la Lune. Nous devons comprendre quels sont ses effets biologiques car il y a toujours un risque que la mécanique tombe en panne". En effet toute inhalation pourrait provoquer des accidentsaccidents d'autant plus graves qu'il n'y a pas "d'hôpital de campagne" sur la Lune et pas moyen de se soigner avant un retour sur TerreTerre, soit 5 ou 6 jours plus tard seulement. Ce problème doit donc être résolu avant les prochaines missions.

Microphotographie d'un fragment d'agglutinat de régolite mesurant 3 mm de diamètre récolté par Apollo 17. <br />Crédits : Brad Jolliff, Université de Washington à Saint Louis. Reproduction interdite

Microphotographie d'un fragment d'agglutinat de régolite mesurant 3 mm de diamètre récolté par Apollo 17. 
Crédits : Brad Jolliff, Université de Washington à Saint Louis. Reproduction interdite

On sait donc aujourd'hui que la poussière lunaire est dangereuse à respirer. Elle est semblable à la poussière de silicesilice terrestre. C'est-à-dire que c'est une substance solidesolide, cristallisée, plus abrasive que la cendre et qui peut provoquer la silicosesilicose, une maladie qui endommage les poumonspoumons et que certains mineurs de fond et les maçons ne connaissent que trop bien.

Cette poussière lunaire est mêlée à des morceaux de verre et de mineraisminerais connus sous le nom d'agglutinats qui ont été formés dans la chaleurchaleur des impacts météoritiques. Les agglutinats n'ont jamais été découverts sur Terre et les scientifiques s'inquiètent à juste titre que le corps humain ne pourrait peut-être pas les expulser efficacement s'ils sont inhalés.

Le quartzquartz, qui est la principale cause de silicose, n'est pas chimiquement toxique : "vous pourriez le manger et ne pas tomber malade," dit l'astrobiologiste David S. McKay du centre spatial Johnson de la NASANASA, que nous connaissons déjà pour son analyse de la météoritemétéorite martienne ALH84001. Mais, poursuit-il, "quand le quartz est fraîchement mêlé à des particules de poussière inférieures à 10 micronsmicrons (5 fois plus petits qu'un cheveu moyen) et est aspiré dans les poumons, il peut s'enfoncer profondément dans les alvéoles pulmonairesalvéoles pulmonaires où l'oxygèneoxygène et le gaz carboniquesgaz carboniques sont échangés". Dans ces conditions, les poumons ne peuvent plus évacuer la poussière par les muqueusesmuqueuses ou la toux.