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Missions passées : un accroc dans un programme bien huilé…

Dossier - Phoenix : l'oiseau de feu arrive sur Mars
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Plus qu'une nouvelle sonde, c'est une nouvelle famille d'atterrisseurs et de robots que la Nasa entreprend d'envoyer vers la Planète rouge avec Phoenix. Avec, en ligne de mire, une réponse possible à la plus grande question que s'est posée l'humanité : la vie existe-t-elle ailleurs ?

  
DossiersPhoenix : l'oiseau de feu arrive sur Mars
 

La conquête de Mars paraît désormais à portée de main. Un programme est défini, combinant missions en orbite et atterrissages. On parle de premiers retours d'échantillons martiens pour 2004... Mais les restrictions budgétaires de la Nasa, et la priorité accordée à la navette spatiale retarderont le programme. Ce n'est qu'en 1992 que les Etats-Unis lancent Mars Observer, et c'est un échec. La sonde cesse d'émettre en août 1993, peu avant sa mise en orbite.

Novembre 1996 verra le lancement de Mars Global Surveyor, une ambitieuse mission de cartographie martienne, et surtout de Mars Pathfinder avec le petit robot Sojourner. Les deux seront couronnées de succès, et si la mission de reconnaissance en orbite est retardée d'un an à cause d'un défaut structurel ayant amené les techniciens à étaler la manœuvre de freinage atmosphérique sur une année, Sojourner entreprend un show spectaculaire à la surface de la Planète rouge, transmettant des images couleurs en haute définition, et des résultats d'analyses chimiques tandis que l'atterrisseur exploite sa station météo et d'autres instruments, dont sa propre caméra.

Le robot Sojourner à pied-d'oeuvre

L'hyper-médiatisation de cette mission exemplaire, où tout semble se dérouler comme prévu et sans le moindre incident, convainquent le public et les scientifiques que Mars est virtuellement conquise. Il n'y a plus qu'à dresser sa tente.

… et dure sera la chute

Ayant décidé d'exploiter dorénavant toutes les fenêtres de lancement martiennes, la Nasa programme ses deux prochaines missions pour décembre 1998 et janvier 1999. La première, Mars Climate Orbiter (MCO), est chargée de surveillance et de relevés atmosphériques depuis l'orbite, tandis que Mars Polar Lander (MPL) devra explorer pour la première fois in situ la région polaire.

Mais ce qui apparaissait comme une mission de routine se transformera en cuisant échec. MCO manque sa mise en orbite et MPL rate son atterrissage. On évoque les démons de Mars... Pourtant, l'homme est bien à l'origine de ses propres déconvenues. La Nasa utilise toujours les mesures impériales (milles, pieds, pouces...) malgré une obligation gouvernementale de se conformer au système métrique, employé par ses sous-traitants, provoquant d'inévitables confusions et erreurs de calcul. A l'analyse des données transmises à MCO, on s'apercevra qu'on lui avait tout simplement ordonné de se placer en orbite à 60 kilomètres sous la surface martienne...

Mars Polar Lander

La cause de l'échec de MPL est encore mal connue. Toutefois, il semble qu'une économie de certains tests au sol en simulateur en soit la cause.

Nouvel arrêt, nouvelle refonte, et le programme martien se réamorce avec le lancement, et le succès de la mission Mars Reconnaissance Orbiter et les robots Spirit et Opportunity (atterrissages les 3 et 24 janvier 2004). Mais ces missions, toujours en cours, n'occultent pas entièrement le double échec resté en travers de la gorge de la Nasa cinq années plus tôt.