-

Futura-Sciences vous a proposé, en partenariat avec CanalChat de dialoguer avec Roger-Maurice Bonnet le lundi 24 mars 2003.

  
DossiersChat avec Roger-Maurice Bonnet : le transcript
 

vengo : La guerre en Irak fait rage. On sait aussi que la conquête spatiale engendre la mise en orbite de satellites espions, particulièrement redoutables en période de guerre. Quelle est votre position là-dessus ?
Les satellites espions sont moins redoutables que ceux qui lancent des missiles ... Ils ont même souvent vocation à maintenir la paix : c'est ce que j'appelle " l'espace pacifique". Dans le système américain, les satellites font partie d'un tout, ils ne sont pas ni plus, ni moins dangereux que les tanks, les bombes, les drones et les soldats. L'énorme effort américain dans le domaine spatial militaire, une fois et demi supérieur à l'effort civil américain (NASA), donne à l'industrie aéronautique et spatiale américaine un avantage considérable sur les concurrents européens, qui ne bénéficient pas d'un soutien gouvernemental spatial militaire, pratiquement inexistant. L'Europe va réagir à ce manque, il est vraisemblable que si l'Europe, France et Allemagne en tête, possédait un programme de satellites espions (observation, écoute, navigation, alerte avancée...), elle aurait pu jouer un rôle plus constructif dans la défense de la paix.

Alex : A l'heure où trois sondes vont partir vers Mars, qu'en est-il de la mission de retour d'échantillons martiens ?
La mission de retour d'échantillons martiens a des objectifs très ambitieux. Bien au-delà des capacités actuelles de la NASA et des agences européennes et françaises. La NASA et l'ESA n'envisagent pas une telle mission avant 2015.

Paul : Selon vous, et d'après vos connaissance scientifiques, y a-t-il de la vie sur Mars ? Pourra-t-on y vivre un jour ?
Mes connaissances scientifiques sont basées sur les résultats plutôt négatifs obtenus aujourd'hui sur la recherche d'une vie martienne fossile ou actuelle. Il n'est pas impossible que les missions qui seront lancées cette année par la NASA et par l'ESA apportent de nouvelles données qui permettront d'affirmer ou d'infirmer l'hypothèse que la vie a existé ou existe sur Mars. Aujourd'hui nous ne pouvons conclure ni dans un sens ni dans l'autre, mais l'évidence est plutôt négative.

Great-Smurf : Après l'échec du lancement de l'ariane5 ESC-A qu'en est-il de la poursuite du programme d'amélioration de ce lanceur (notamment la version ESC-B)
Il est vraisemblable que la version ESC-B subira des retards si l'on décide de poursuivre cette évolution. La commission de réflexion sur la politique spatiale française que j'ai présidé n'a pas recommandé la poursuite de ce programme.