Sciences

Les inconvénients et les contraintes de la furtivité

Dossier - La furtivité
DossierClassé sous :aéronautique , Incontournables , furtivité

Ce dossier présente la furtivité, technique pour rendre indétectable au radar des engins, essentiellement les avions, hélicoptères et bateaux. Il s'agit de démystifier cette technologie, trop souvent affublée par les médias de connotations quasiment magiques comme « invisible ».

  
DossiersLa furtivité
 

La furtivité est donc une technique que l'on souhaite développer. Mais elle présente des inconvénients majeurs.

Le Boeing E-3 Sentry, communément connu comme AWACS, est un avion de détection et de commandement. Il est reconnaissable par son dôme radar rotatif distinctif au-dessus du fuselage.© Sgt Jack Pritchard, DCC(RAF) OGL
 

Les inconvénients de la furtivité

Son premier inconvénient est son coût. Le B2 Spirit coûte environ 1,5 milliard d'euros. Pour comparaison le Rafale coûte lui 75 millions d'euros (leurs rôles sont cependant différents). Seuls les États-Unis ont les moyens de s'offrir une telle technologie.

Ensuite, elle exige une maintenance sévère. Les peintures et les revêtements des appareils doivent être entretenus et changés régulièrement pour rester efficaces. Ceux-ci sont très fragiles, et les intempéries par exemple peuvent compromettre la furtivité même au cours d'une mission.

Le développement de la furtivité dans le monde

La furtivité est « à la mode ». Seuls les États-Unis produisent des avions furtifs. Les autres nations, Russie et Ukraine comprises, la laissent plus ou moins de côté dans le domaine de l'aviation pour se concentrer sur d'autres caractéristiques comme la manœuvrabilité (avions derniers nés de Sukhoï, Russe), la polyvalence (avion Rafale, France), le prix de vente (avion Grippen, Suède), le leurrage actif (systèmes électroniques et projectiles embarqués), la détection passive (scrutation de l'horizon au moyen de caméras infrarouges au lieu de radar émetteur-récepteur) et la méthode de combat (envoi de troupes au sol pour supprimer toute menace antiaérienne).

Si elles se concentrent ailleurs, c'est aussi quand, elles l'avouent, parce que la furtivité est chère. Il est aussi raisonnable d'affirmer que la furtivité a ses limites. Les Américains en ont fait l'expérience quand l'un de leurs F117 Night Hawk a été abattu par les forces serbes. Rien n'est sûr quant aux causes tant il y a de propagandes, d'antipropagandes et de contre - propagandes. Les raisons de cette détection peuvent être multiples : l'avion a été aperçu « à l'oeil » et il a été touché par des armes à feu individuelles, ou il a été malgré tout détecté par un radar terrestre et il a reçu un missile sol - air, ou il a été engagé par un avion, à force de passer régulièrement au même endroit il a été attendu, soit un ensemble de toutes ces hypothèses. Mais le fait est qu'un avion invisible a été abattu pour la première fois. Ceci montre que l'adversaire s'organise, s'adapte et cherche des solutions pour contrer cet agresseur soit-disant « impunissable » qu'est l'avion furtif.

Comment peut-on détecter un avion furtif ?

Et les solutions apparaissent. Pendant la guerre du Golfe, une rumeur courait déjà annonçant qu'un radar terrestre français avait détecté un F117 Night Hawk. Si c'est vrai, c'était probablement un hasard. Mais les hasards se succédant, des conditions de détection commencent à être perçues. Par exemple, il est possible qu'un radar détecte un avion furtif en illuminant son dos, ainsi, les avions de type Awacs embarquant un radar en plein ciel seraient susceptibles de détecter un avion furtif volant plus bas que lui. Il se pourrait aussi que certains anciens radars employant des fréquences généralement délaissées de nos jours soient capables de détecter un avion furtif. En outre, comme l'un des principes de la furtivité est de renvoyer l'onde radar ailleurs que sur son émetteur, il suffirait de séparer géographiquement l'émetteur radar de son récepteur, et avec de la chance, l'onde radar renvoyée arriverait bien sur un récepteur radar où qu'il soit, signalant la présence d'un tel avion.

Une autre solution, valable dans les régions à forte activité électromagnétique comme les villes, serait de surveiller en permanence l'environnement électromagnétique constitué des émissions de télévisions, radios, téléphones, etc. et de détecter toute éventuelle anomalie causée par exemple par le passage d'un avion furtif. D'autres solutions se portent sur la détection des autres caractéristiques d'un avion furtif, comme la chaleur de ses moteurs (très difficile car maintenant les gaz des moteurs sont souvent refroidis avant d'être éjectés au-dehors de l'avion) et de son fuselage, les vortex créés dans l'air (intéressant vu la mauvaise aérodynamique du F117 Night Hawk par exemple), etc.