Sur Mars, bonne nouvelle, la manœuvre d’InSight semble fonctionner

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Sur Mars, il n'est question ni de Covid-19 ni de confinement. Au contraire, aujourd'hui, les nouvelles sont bonnes. La Nasa (États-Unis) a annoncé en fin de semaine dernière que la manœuvre quelque peu osée qu'elle avait imaginée pour aider la taupe d’InSight à s'enfoncer dans le sol semble fonctionner.

Rappelons que la mission d’InSight est de comprendre ce qui se passe à l'intérieur de Mars. Et peut-être ainsi, comment les planètes de notre Système solaire se sont formées. La taupe - plus sérieusement appelée HP3 pour Heat Flow and Physical Properties Package - est l'un des principaux instruments d'InSight. Il est censé procéder à des mesures de température. Mais pour cela, il lui faut d'abord creuser le sol de la Planète rouge.

C'est aujourd'hui grâce au bras robotique d'InSight, exerçant une pression sur la taupe, que l'opération semble avoir progressé et permis à l'instrument de pénétrer la zone très friable qui perturbait jusqu'alors la mission. Mais les ingénieurs de la Nasa restent prudents. Ils attendent de tester la méthode plus avant afin de se prononcer définitivement.

Cette vue d’artiste présente la mission InSight et une coupe de Mars. Le sous-sol de la Planète rouge que la taupe tente de creuser depuis plusieurs mois. © Nicolas Sarter, IPGP
Pour en savoir plus

Nasa : opération de la dernière chance pour enfoncer « la taupe » dans le sol de Mars

Article de Rémy Decourt paru le 24/02/2020

Manoeuvre de la dernière chance pour l'instrument HP3 d'InSight. © Nasa, JPL-Caltech

Après plus d'un an à tenter de s'enfoncer sans succès dans le sol martien jusqu'à une profondeur de cinq mètres, la taupe d'InSight - c'est le surnom de l’instrument HP3 (Heat Flow and Physical Properties Package) -, se prépare pour une ultime tentative. À la différence des tentatives précédentes, la Nasa a opté pour une stratégie risquée mais qui semble la seule capable de sauver l'expérience. L'idée, testée au JPL, consiste à appuyer sur la taupe avec la pelle mécanique d'InSight de façon à l'enfoncer pour l'aider à passer la zone très friable qui empêcherait la progression. Le risque étant d'abîmer le câble d'alimentation branché à l'endroit où la pelle va appuyer sur la taupe.

Une difficulté qui n'étonne pas la Nasa qui, en quarante ans d'exploration robotique de la Planète rouge n'a jamais envoyé une sonde pour forer profondément son sol. La Nasa a bien envisagé une mission pour forer la glace mais lors de tests sur Terre, elle a été confrontée à de nombreux problèmes techniques au point d'abandonner cette idée. Certes il y a bien eu Phoenix qui s'est posé en mai 2008 au sud de la calotte permanente nord, doté d'un bras robotique capable de prélèvements jusqu'à une profondeur de 50 centimètres. Mais en pratique, le lander s'est contenté d'une dizaine de centimètres. Quant à la foreuse de Curiosity, elle a été conçue pour faire des trous de plus ou moins cinq centimètres, ce qu'elle a pu faire mais avec des ennuis à répétition.

On suivra donc avec intérêt le rover Rosalind Franklin de l'Agence spatiale européenne qui sera lancé à destination de Mars cet été. Il est doté d'une foreuse qui pourra forer le sous-sol martien jusqu'à une profondeur de deux mètres. Le foret est divisé en quatre segments de 50 centimètres. Pour éviter de bloquer le rover, les deux mètres de profondeur ne seront tentés qu'en toute fin de mission.


InSight : la « taupe » a bien progressé dans le sol de Mars

Article de Xavier Demeersman publié le 20 décembre 2019

Mars a décidément la peau dure, à la grande surprise des chercheurs. C'est en effet plus difficile qu'ils ne l'imaginaient, pour la « taupe » (the mole) -- c'est le surnom de l’instrument HP3 (Heat Flow and Physical Properties Package) --, de s'enfoncer dans le sol de la Planète rouge. Depuis ses premiers essais, l'instrument s'y est un peu cassé les dents... Mais les ingénieurs du DLR et de la Nasa ne sont pas du genre à renoncer. Aidée du bras robotisé de InSight, la sonde des flux thermique a pu s'enfoncer de plusieurs centimètres dans le substrat martien avant, malheureusement, de rebondir vers l'extérieur.

Il y a cinq jours, lors du Sol 373 (373e jour martien), la taupe a fait de gros progrès en parvenant à entrer presque de tout son long dans le sol. Cela se présente bien. Alors, est-ce la fin des péripéties de HP3 ? Souhaitons-le. Les chercheurs sont impatients de prendre la température interne de Mars, et d'établir son évolution à travers les âges.


La « taupe » est ressortie de son trou creusé dans le sol martien

Article de Nathalie Mayer publié le 2 novembre 2019

Après l'annonce de l'Agence spatiale allemande (DLR) le 14 octobre dernier, on pensait la « taupe » d’InSight enfin tirée d'affaire et prête à sonder le sol martien. Mais nouvelle déconvenue aujourd'hui : le capteur de flux thermique HP3 est ressorti du trou qu'il avait creusé. Alors même qu'il aurait dû continuer à s'enfoncer plus avant.

En principe, le frottement contre les parois du trou creusé dans le sol martien par la « taupe » aurait dû éviter un tel mouvement de recul. Et les ingénieurs ayant noté un ralentissement du mouvement du capteur avaient pourtant joué la sécurité en limitant le nombre de coups de marteau donnés. Mais cela n'a pas suffi. La « taupe » a reculé à mi-chemin en dehors du sol. Sans doute à cause de caractéristiques inattendues du sol.

Tout avait bien commencé : la taupe parvenait à progresser significativement dans le sol de Mars. © Nasa, JPL-Caltech

Une nouvelle preuve que se jouer de la basse pression atmosphérique de Mars, de sa faible gravité et des propriétés mécaniques inconnues du régolithe constitue un véritable défi pour les ingénieurs. Ceux-ci étudient actuellement la situation afin de trouver une solution et de poursuivre la mission.