Jurer rendrait la douleur plus tolérable

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Mille millions de mille sabords ! Le capitaine Haddock aurait, instinctivement, adopté une méthode efficace de tolérance à la douleur. En effet, une étude parue dans Frontiers of Psychology s'est attardée sur l'influence des jurons dans la gestion de la douleur. Et cette influence serait positive... à condition que les jurons en question existent.

Les chercheurs ont demandé à 92 personnes de plonger leur main dans de l'eau glacée, afin de mesurer leur seuil de douleur - le moment où le début de la douleur est signalée après la survenue d'un stimulus douloureux - et leur tolérance à la douleur - l'instant où la main est retirée de l'eau. Tout en injuriant de quatre façons : « fuck » (l'équivalent anglais de « putain »), « fouch », « twizpipe », ou un mot neutre. « Fouch » et « twizpipe » étant des mots inventés. Le premier devait invoquer l'émotion, et le second se révéler distrayant.

Aucun des deux termes n'a engendré d'effet significatif, par comparaison avec l'utilisation du mot neutre. Mais la répétition de « fuck » avec un rythme et un volume réguliers a bel et bien favorisé la tolérance à la douleur, de 33% exactement, ainsi qu'augmenté le seuil de douleur de 32%. Bien que la voie menant à de tels effets reste un mystère, les auteurs précisent que « la distraction semble avoir peu d'importance, mais l'excitation émotionnelle mérite une étude future ».

Un manque temporaire de politesse présenterait des effets intéressants. © Lisa Fischer, Adobe Stock
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