Le New Shepard en phase d'atterrissage lors de sa sixième mission consécutive, en décembre 2019. © Blue Origin
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Lancement de New Shepard cet après-midi : une mission de préparation de l'exploration lunaire

ActualitéClassé sous :vol suborbital , New Shepard , Nasa

Un petit lot de consolation pour Blue Origin et Jeff Bezos. Alors que ce dernier n'a jamais caché ses ambitions lunaires et avait mis de grands espoirs dans son futur lanceur New Glen et alunisseur habité, deux projets que la Nasa n'a pas retenus, le New Shepard participe à sa façon à l'exploration lunaire. Pour son 17e vol, il testera et démontrera de nombreuses technologies, dont certaines très innovantes, qui pourraient bien équiper les futurs véhicules à destination de la Lune concurrents des projets de Blue Origin !

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[EN VIDÉO] Record de Blue Origin : 107 km atteints par le New Shepard  Montez à bord de la capsule New Shepard, qui a effectué un nouveau vol d'essai réussi. L'engin, propulsé à plus de 100 kilomètres du sol, a atteint l'espace. Ses passagers, s'il y en avait eu, auraient pu admirer la noirceur du ciel et la rotondité de la Terre. Une caméra nous fait vivre ce que pourront voir les futurs clients de ces courts voyages suborbitaux. 

Plus d'un mois après son premier vol habité, le New Shepard de Blue Origin est de nouveau prêt pour une nouvelle mission. Cette fois-ci, pas de passagers mais 18 charges utiles avec des expériences scientifiques et des démonstrateurs technologiques utiles à l'exploration lunaire. Onze de ces expériences sont soutenues par la Nasa, ce qui montre l'intérêt de ce système de transport suborbital pour préparer les étapes futures de l'exploration humaine et robotique de la Lune. Certaines ont déjà été éprouvées à bord du New Shepard lors d'un vol précédent. Le retour d'expérience permet de les améliorer ou les adapter pour répondre aux attentes des équipes.

Regardez en direct le quatrième vol de New Shepard de l'année. Lancement prévu à 15 h 35, heure de Paris. © Blue Origin

Ce vol, le 17e d'un New Shepard, est prévu ce jeudi 26 août après-midi, à 15 h 35 heure de Paris. Ce sera également la 8e utilisation de ce lanceur avec la même capsule, un record. Notez que pour ce vol, trois portraits de l'artiste ghanéen Amoako Boafo seront peints sur la capsule.

Parmi les charges utiles à bord du lanceur (certaines sont installées à l'extérieur de l'étage suborbital), citons le Deorbit, Descent, and Landing Sensor Demonstration de la Nasa. Celui-ci, financé par le programme de développement technologique Tipping Point de l'Agence fait partie d'un projet nommé Safe and Precise Landing - Integrated Capabilities Evolution (Splice). Splice a pour objectif de développer des systèmes pouvant équiper de futurs alunisseurs permettant d'effectuer des alunissages de précision sur des terrains non accessibles par les engins actuels. Le but est d'être en capacité de se poser n'importe où sur la Lune et de cibler des sites d'atterrissage inaccessibles aux missions Apollo, comme des régions au relief varié près des cratères.

L'artiste ghanéen Amoako Boafo présente une de ses œuvres qui volera au sommet de la capsule du New Shepard. © Uplift Aerospace

Éviter de revivre le stress de l'alunissage d'Apollo lié aux réserves de propergol

Il y a aussi une expérience très intéressante, Modal Propellant Gauging du Carthage College, qui vise à démontrer une nouvelle façon pour mesurer les niveaux précis de propergols dans les réservoirs de lanceurs dans un environnement sans gravité. Il s'agit de tester une nouvelle technique de mesure de la masse de liquide dans un réservoir de propergol, de façon à améliorer la mesure de masse de carburant en basse gravité pour les futures missions avec équipage sur la Lune et sur Mars en utilisant des ondes sonores. Un intérêt pour les pilotes qui souhaitent savoir précisément quelles sont les quantités de propergol restantes lorsque les réservoirs sont presque vides afin d'optimiser le temps d'utilisation des moteurs. On se souvient que l'alunissage sur la Lune d'Apollo 11 s'est fait avec juste 25 secondes de fuel restant pour l'alunissage et un capteur de mesure défectueux.

Enfin, le New Shepard embarquera également la charge utile Oscar (Orbital Syngas Commodity Augmentation Reactor) du Kennedy Space Center de la Nasa. Cette expérience vise à démontrer que l'on peut transformer les déchets courants des vols spatiaux en ressources utiles telles que l'eau ou des ergols. Elle a été conçue pour créer un mélange de gaz à partir de déchets ordinaires qui pourrait être utilisé pour des systèmes de propulsion ou de maintien de fonctions vitales lors d'une mission d'exploration humaine dans l'espace lointain.

Pour en savoir plus

New Shepard : une mission pour préparer les atterrissages lunaires de la Nasa

Article de Rémy Decourt publié le 24/09/2020

En attendant d'hypothétiques vols touristiques, le New Shepard poursuit ses vols suborbitaux destinés à des expériences scientifiques et des démonstrations technologiques. Pour son treizième vol, le véhicule n'embarquera toujours pas d'équipage mais plusieurs charges utiles dont une qui servira à faire atterrir des Hommes et des robots sur la Lune pour la Nasa.

Blue Origin a annoncé que le treizième vol du New Shepard est prévu pour le 24 septembre. Pour cette mission, le véhicule suborbital utilisé est celui qui a déjà volé consécutivement à six reprises, avec un minimum de travaux de remise en état entre deux vols, ce qui « démontre sa réutilisabilité opérationnelle », souligne le communiqué de presse de Blue Origin.

Ce vol, que l'on ne peut plus qualifier de vol d'essai, se fera sans équipage. C'est d'autant plus surprenant que le New Shepard est aujourd'hui un véhicule abouti et apparemment suffisamment fiable pour faire voler en sécurité des équipages. Dit autrement, le New Shepard est prêt pour embarquer des passagers bien que la société de Jeff Bezos rappelle qu'elle a encore quelques vols à réaliser avant d'y arriver. À suivre donc. Blue Origin ne semble donc pas pressée de passer aux vols suborbitaux touristiques habités ! Si fin 2019 nous étions assez optimistes pour voir un vol habité décoller dans le courant de l'année 2020, cette perspective est aujourd'hui plutôt incertaine. Et la Covid-19 n'explique pas tout.

Les senseurs installés à l'extérieur du New Shepard. Ils vont servir à démontrer un atterrissage autonome et de précision sur la Lune. © Blue Origin

Toujours personne à bord

Cela dit, le New Shepard vole, et il vole très bien. Il a peut-être trouvé un marché de niche, celui sur la recherche et les vols suborbitaux ou en microgravité, que Blue Origin ne pensait pas forcément occuper.  En effet, lors de ses derniers vols d'essais, le New Shepard a embarqué de nombreuses expériences scientifiques et démonstrations technologiques principalement pour le compte de la Nasa et de clients institutionnels ou parrainés financièrement par la Nasa. Ces vols sont également utiles au développement du lanceur New Glenn ainsi que de l'atterrisseur lunaire Blue Moon et sa version dérivée, réalisée dans le cadre du programme Artemis.

Lors de ce treizième vol, 11 charges utiles seront installées à bord de la capsule et une sera montée à l'extérieur du véhicule, sur le propulseur. Cette première expérience externe est de nature à diversifier l'offre de services commerciaux que pourrait proposer Blue Origin sur ses prochains vols. Cette expérience, fournie par la Nasa, est constituée d'un ensemble de capteurs qui devront démontrer qu'un atterrissage de précision avec détection d'obstacles est possible de façon à rendre accessible des sites lunaires difficiles d'accès. Pour la Nasa, le but de ce test, évidemment très peu représentatif d'une mission lunaire, est de vérifier comment un ensemble de capteurs, d'algorithmes et d'ordinateurs peuvent fonctionner ensemble pour permettre à un véhicule d'atterrir de manière autonome sur la surface lunaire à moins de 100 mètres d'un point désigné.

Les technologies utilisées pourront par la suite être adaptées à de véritables missions lunaires robotiques et habitées. L'idée est de mettre au point un système autonome qui permettra de cibler des sites d'atterrissage difficiles d'accès, ce qui n'était pas possible pendant les missions Apollo.

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