La capsule Starliner en orbite autour de la Terre, fournie par Boeing en 2015. © HO, Nasa, Boeing, AFP

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Starliner : la Nasa demande 61 correctifs à Boeing avant le prochain retour en vol

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Avant d'envisager un retour en vol de la capsule Starliner, Boeing doit apporter 61 correctifs identifiés par la commission d'enquête indépendante mise en place par la Nasa pour expliquer les raisons des ratés du vol d'essai du Starliner. 

La commission d'enquête indépendante mise en place par la Nasa pour comprendre les causes des anomalies identifiées lors du vol d'essai inhabité de la capsule Starliner de Boeing a rendu ses conclusions. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les résultats de cette enquête ne sont pas bons pour l'avionneur, pointé du doigt pour des manquements managériaux et, plus surprenant, des problèmes techniques.

L'analyse des données et la télémétrie de ce vol, qui s'est soldé par un amarrage raté à la Station spatiale internationale (ISS) et un retour sur Terre plus tôt que prévu, montre qu'en l'état la capsule ne peut pas réaliser des vols habités aller-retour dans l'espace. Ce ne sont pas moins de 61 actions correctives que Boeing devra réaliser avant d'envisager un retour en vol du Starliner. Du coup, la mise en service du véhicule, initialement prévu en milieu d'année, n'est plus attendue avant la fin de cette année. Malgré l'optimiste de Boeing, convaincu de la réalisation rapide des correctifs demandés, le prochain vol du Starliner n'est pas envisagé avant plusieurs mois.

Il est trop tôt pour savoir si le prochain vol de la capsule Starliner sera une mission habitée ou non. © Nasa, Frank Michaux

Une date de retour en vol incertaine

La Nasa n'a pris aucune décision pour savoir si ce deuxième vol sera une mission inhabitée ou habitée, expliquant qu'il était trop tôt pour dire si un autre test sans équipage devra être réalisé avant d'envisager une mission habitée à destination de la Station spatiale internationale. Dans ce contexte d'incertitude, Boeing a provisionné 410 millions de dollars dans le cas où la Nasa lui demanderait de réaliser un autre vol à vide.

Cette commission d'enquête a notamment passé en revue les principales anomalies rencontrées lors du vol d'essai partiellement raté, dont deux erreurs de codage logiciel et une perte de signal, par intermittence, des communications entre le sol et le véhicule. La perte de cette capacité aurait pu avoir des conséquences désastreuses pour la mission étant donné que la capsule était certes en mode automatique mais aussi contrôlée et pilotée depuis le sol. Quant aux problèmes induits par les logiciels, ils se sont matérialisés par une anomalie du compteur interne de temps de mission écoulé de la capsule, visiblement décalé d'une heure, ce qui a entraîné une consommation excessive de carburant. Le deuxième bug informatique est survenu au moment de la séparation du module de service de la capsule habitée avant la rentrée atmosphérique. Les propulseurs n'auraient pas fonctionné normalement de sorte que sans une intervention in extremis des contrôleurs au sol, les deux modules auraient pu s'entrechoquer, voire entrer en collision !

Pour en savoir plus

Capsule Starliner de Boeing : qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ?

Article de Futura avec l'AFP Relaxnews publié le 10/02/2020

L'Agence spatiale américaine reconnaît que plusieurs problèmes avaient mis en danger la capsule Starliner de Boeing lors de son vol d'essai à vide, en décembre 2019, et regrette le manque de fiabilité chez le géant de l'aérospatiale. « La supervision de la Nasa a été insuffisante », a admis Doug Loverro, le responsable des vols habités à la Nasa.

Le vol « a subi beaucoup d'anomalies », a reconnu l'administrateur de la Nasa, Jim Bridenstine, lors d'une conférence téléphonique avec la presse, appelant à « ne jamais, jamais avoir peur de la vérité ». Les anomalies de logiciel sont probablement les symptômes du « vrai problème », à savoir que « nous avons eu de nombreux dysfonctionnements de procédure dans le cycle de développement et de test des logiciels », a déclaré Doug Loverro, le responsable des vols habités à la Nasa. « La supervision de la Nasa a été insuffisante, c'est évident », a-t-il admis.

Retour sur la terre ferme pour la capsule Starliner de Boeing après un plus court séjour que prévu dans l'espace. © Nasa, Bill Ingalls

Plusieurs problèmes de logiciel

Le premier problème de logiciel, découvert peu après le lancement le 20 décembre, a empêché la mise sur la bonne orbite de Starliner, qui aurait dû aller jusqu'à la Station spatiale internationale mais a dû revenir sur Terre deux jours après. Une intervention manuelle a empêché la « perte » du véhicule, selon la Nasa.

Le deuxième fut l'impossibilité de communiquer avec le vaisseau pendant plusieurs minutes, en raison du « bruit » radio émanant probablement de communications terrestres. Cela n'avait pas été anticipé, a reconnu Boeing.

Le troisième problème, révélé seulement jeudi par une commission de sécurité de la Nasa et confirmé vendredi par la Nasa et Boeing, aurait pu lui aussi provoquer la destruction de l'appareil.

Une erreur de code informatique

Le système gérant le module de service, une partie du vaisseau qui se détache du module habité avant la rentrée atmosphérique, contenait une erreur de code informatique. Cette erreur aurait conduit les propulseurs à repousser le module de service vers le module habité, ce qui aurait pu provoquer un choc, déstabiliser le véhicule ou endommager son bouclier thermique, a expliqué Jim Chilton de Boeing. Cette erreur n'a été découverte que tard le samedi soir précédant l'atterrissage. La correction a été téléchargée un peu moins de trois heures avant par les ingénieurs de Boeing, selon John Mulholland, chef du projet Starliner. Rien n'avait filtré à l'époque.

Les conclusions de l'enquête indépendante seront prêtes fin février

Les conclusions de l'enquête indépendante seront prêtes fin février. Les responsables de la Nasa ont refusé de spéculer sur les conséquences en matière de calendrier, alors que Starliner devait emmener ses premiers astronautes vers l'ISS dans les prochains mois.

Doug Loverro a évoqué des problèmes éventuels dans la « culture » d'entreprise de Boeing, et fait allusion à des anomalies dans « d'autres parties », référence probable à la crise de l'avion 737 MAX. Parallèlement, la capsule de SpaceX, Crew Dragon, s'approche de son premier vol habité, probablement au deuxième trimestre, selon Elon Musk.


Starliner : retour sur Terre de la capsule de Boeing

Article de Rémy Decourt, publié le 23/12/2019

Après sa mission écourtée, la capsule Starliner de Boeing est retournée sur Terre. Elle s'est posée hier, sans encombre, sur le polygone d'essais de missile de White Sands, au sud du Nouveau-Mexique. Même si la capsule a échoué à rejoindre la Station spatiale internationale, la mission n'est pas qualifiée de raté par la Nasa. Ce test concernait avant tout le décollage et l'atterrissage.

La capsule Starliner de Boeing est retournée sur la terre ferme après un séjour plus court que prévu dans l'espace. Alors qu'elle devait s'amarrer à la Station spatiale internationale dans la journée de samedi, la capsule a été contrainte d'abandonner sa mission en raison d'une consommation excessive de carburant pour les raisons évoquées précédemment.

La Nasa et Boeing ont donc pris la décision de la ramener sur Terre dès que l'orbite du Starliner le permettrait. Dans la nuit de samedi à dimanche, la capsule s'est préparée à son retour et tôt dimanche matin, en heure locale, elle a débuté sa rentrée dans l'atmosphère. Après avoir déployé ses trois parachutes qui ont ralenti sa descente, largué son bouclier thermique puis gonflé ses airbags, le Starliner s'est posé en douceur sur la terre ferme du polygone d'essais de missile de White Sands, au sud du Nouveau-Mexique.

La capsule Starliner de Boeing a atterri en douceur à White Sands dans le Nouveau-Mexique. © Nasa

La mission se termine mieux qu’elle avait commencé

La Nasa doit désormais analyser en détail tous les paramètres de ce vol d'essai qui n'a pas atteint tous ses objectifs. L'amarrage au complexe orbital était l'un d'eux mais pas le principal. Il était peut-être un peu excessif d'annoncer que le Starliner de Boeing avait raté sa mission. À chaud, l'impossibilité de rejoindre le complexe orbital avait laissé penser que la mission était un échec mais, pour la Nasa, la qualification du lancement et de la phase de l'atterrissage était tout aussi important, voire plus.

Retour sur la terre ferme pour la capsule Starliner de Boeing. © Nasa, Bill Ingalls

À cela s'ajoute, comme l'ont justement reconnu les futurs pilotes du Starliner, qu'il ne fait aucun doute que des pilotes à bord de la capsule aurait corrigé la trajectoire du Starliner sans la consommation excessive de carburant qui a occasionné l'abandon de la mission.

D'ici le début d'année, la Nasa décidera si un nouveau vol d'essai inhabité est nécessaire ou si les seules données de cette mission suffisent à s'assurer que le système de transport habité de Boeing (lanceur et capsule) est suffisamment sûr pour y placer des équipages à bord et les envoyer à bord de l'ISS. Actuellement, ce vol habité est planifié au printemps 2020 avec un équipage composé de deux astronautes de la Nasa, Eric Boe et Nicole Aunapu Mann, et du pilote d'essai de Boeing, Chris Ferguson.


Starliner : Boeing rate sa mission

Article de Rémy Decourt publié le 21/12/2019

Le vol de démonstration de la capsule Starliner de Boeing tourne court. Suite au dysfonctionnement du compteur interne de temps de mission écoulé, le Starliner s'est retrouvé sur une mauvaise trajectoire rendant impossible un rendez-vous avec la Station spatiale internationale prévu cet après-midi. La capsule, sous contrôle, doit rentrer sur Terre le 22 décembre. Explications.

Le Starliner de Boeing avait pourtant bien débuté sa mission en décollant, sans encombre, de son pas de tir de la base spatiale de Cap Canaveral. Mais, seulement 15 minutes après son décollage, le véhicule a dévié de sa trajectoire quand ses moteurs ne se sont pas allumés comme prévu en raison d'une anomalie du compteur interne de temps de mission écoulé MET (Mission Elapsed Time) du vaisseau, visiblement décalé d'une heure. Autrement dit, le Starliner n'était pas à l'heure. Sa « montre » avait une heure différente de l'heure réelle !

Décollage du Starliner de Boeing depuis son pas de tir de la base spatiale de Cap Canaveral en Floride (décembre 2019). © Nasa, Tony Gray et Kevin O’Connell

Le système de contrôle de navigation du véhicule a bien tenté de corriger sa trajectoire mais, comme l'a expliqué Jim Bridenstine, l'administrateur de la Nasa, les  tentatives du pilote automatique pour tenter de repositionner le Starliner ont entraîné une trop grande consommation d'ergols, rendant impossible un rendez-vous sécurisé avec la Station spatiale internationale qui était prévu cet après-midi.

Au sol, les équipes de la mission ont calculé qu'il ne restait plus assez de carburant pour continuer la mission et tenter l'amarrage avec le complexe orbital. « Nous aurions pu déclencher cette poussée manuellement », a, pour sa part, expliqué Nicole Aunapu Mann, l'une des trois astronautes prévus pour la première mission habitée, qui a renouvelé sa confiance dans le véhicule. « Nous avons hâte de voler à bord de Starliner, » a-t-elle affirmé.

Privilégier la sécurité plutôt que risquer une collision avec l'ISS

Boeing et la Nasa ont préféré jouer la sécurité d'autant plus que le Starliner s'est retrouvé sur une orbite stable autour de la Terre. Décision a été prise de le redescendre sur la terre ferme dès le 22 décembre. Le véhicule pourra ainsi vérifier sa procédure de retour d'orbite et tester son système d'atterrissage (bouclier thermique, parachutes et airbags). L'atterrissage s'effectuera sur le polygone d'essais de missile de White Sands, au sud du Nouveau-Mexique.

Les différentes manœuvres à réaliser lors de l'atterrissage de la capsule Starliner. © Boeing

L'enjeu de cette mission de 8 jours était de démontrer la capacité du Starliner à effectuer des rotations d'équipages à bord de la Station spatiale internationale. Si la mission avait été réalisée de bout en bout, il était prévu que cette capsule réalise un second vol qui, cette fois-ci, transporte un équipage composé de deux astronautes de la Nasa, Eric Boe et Nicole Aunapu Mann, et du pilote d'essai de Boeing, Chris Ferguson.

Cette mission était actuellement prévue en mai ou en juin 2020 et pourrait normalement avoir lieu dans le courant de l'année prochaine s'il s'avère que le problème est d'ordre logiciel ou hardware.


Évènement : la capsule Starliner de Boeing fait son vol d'essai aujourd’hui

Article de Rémy Decourt publié le 20/12/2019

Jour J pour le Starliner de Boeing qui doit réaliser son vol de démonstration à destination de la Station spatiale internationale et démontrer qu'il est capable de transporter des astronautes en sécurité.

Après huit années de développement et trois ans de retard sur son calendrier initial, la capsule Starliner de Boeing doit décoller ce matin. À bord d'un lanceur Atlas V d'United Launch Alliance, elle sera lancée à destination de la Station spatiale internationale pour une mission de quelques jours. Son retour sur Terre est prévu le 28 décembre.

La capsule Starliner de Boeing est fin prête pour décoller à destination de l'ISS. © YouTube

Lancement prévu à 12 heures 36 minutes et 43 secondes

Le lancement, depuis le complexe de lancement 41 de la base spatiale de Cap Canaveral, est prévu aujourd'hui à précisément 12 h 36 min et 43 s, heure de Paris. Pour rejoindre la Station spatiale, un décollage à la seconde près est une nécessité, sans quoi la capsule ne pourra pas la rejoindre. L'amarrage au complexe orbital est prévu 25 heures après son décollage.

Pour ce vol, la capsule ne décollera pas à vide. Elle sera chargée de 270 kilogrammes de fret, essentiellement de la nourriture, des vêtements et des équipements sans importance. Elle embarque aussi Rosie, un appareil de test anthropométrique, qui mesurera les contraintes, les pressions et les forces G qui seront transmises à un équipage lors du lancement. Lors de son retour sur la terre ferme, elle descendra 163 kilogrammes de fret jugé sans importance. Dans le cas d'un échec au lancement ou si la capsule devait s'écraser au sol lors de son retour, la Nasa ne souhaite pas prendre le risque de perdre du fret de valeur.

Comme pour le Crew Dragon lors de Demo-1 (mars 2019), ce vol de démonstration simulera une mission habitée opérationnelle, donc sans équipage à bord, à destination de l'ISS. La capsule s'amarrera au complexe orbital, de façon automatique, avant de redescendre sur Terre. À la différence du Crew Dragon qui a atterri, sous parachutes, dans l'océan Atlantique au large des côtes de la Floride, le Starliner de Boeing se pose sur la terre ferme à l'aide d'airbags. Bien que plusieurs sites d'atterrissages soient possibles, pour ce vol de démonstration la capsule de Boeing devrait atterrir à White Sands au Nouveau-Mexique.

Le système de lancement habité de Boeing, formé du lanceur Atlas 5 et de la capsule Starliner, sur son pas de tir de Cap Canaveral. © Nasa, Frank Michaux

Le système de lancement habité de Boeing, formé du lanceur Atlas 5 et de la capsule Starliner, sur son pas de tir de Cap Canaveral. © Nasa, Frank Michaux


Le Starliner de Boeing est prêt à décoller pour son vol d’essai

Article de Rémy Decourt publié le 09/12/2019

Ce mois de décembre va décider de l'avenir immédiat des programmes de vols habités de SpaceX et Boeing. SpaceX qui prévoit son premier vol habité dès le début de l'année 2020 doit réussir le test en vol de son système d'abandon de lancement alors que Boeing doit réaliser une mission de démonstration sans équipage de son système de transport habité formé du lanceur Atlas 5 et de la capsule Starliner. 

Alors que SpaceX s'apprête à tester en vol son système d’abandon de lancement, qui pourrait avoir lieu cette semaine, Boeing se prépare au premier vol d'essai de son Starliner à bord d'un lanceur Atlas 5 pour certifier, avec la Nasa, son système de lancement habité. Ce lanceur, exploité par ULA, a réalisé avec succès 80 missions depuis 2002. 

La capsule habitée Starliner de Boeing installée sur son lanceur Atlas 5 d'ULA. © Nasa, Boeing

La terre ferme pour le Starliner plutôt que l'océan

Ce lancement est aujourd'hui prévu le 19 décembre depuis le complexe de lancement 41 de la base spatiale de Cap Canaveral. Malgré un report de deux jours du lancement, pour corriger un problème sans gravité sur le système de purge d'air de la fusée, tous les voyants sont au vert. Boeing, ULA et la Nasa procèdent aux dernières vérifications d'usage.

La capsule habitée Starliner de Boeing. © Nasa, Boeing

Comme pour le Crew Dragon lors de Demo-1 (mars 2019), cet essai simulera une mission habitée opérationnelle, donc sans équipage à bord, à destination de l'ISS. La capsule s'amarrera au complexe orbital, de façon automatique, avant de redescendre sur Terre. À la différence du Crew Dragon qui a atterri, sous parachutes, dans l'océan Atlantique, au large des côtes de la Floride, le Starliner de Boeing se pose sur la terre ferme à l'aide d'airbags. Bien que plusieurs sites d'atterrissages soient possibles, pour ce vol de démonstration la capsule de Boeing devrait atterrir à White Sands au Nouveau Mexique.

Ce vol sera suivi d'un second vol qui, cette fois-ci, transportera un équipage composé de deux astronautes de la Nasa, Eric Boe et Nicole Aunapu Mann, et du pilote d'essai de Boeing, Chris Ferguson. Cette mission est actuellement prévue en mai ou en juin 2020.

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