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Sueurs froides pour Discovery : des débris observés lors du lancement

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La navette spatiale américaine est de retour ! Voilà une bonne nouvelle pour la NASA, mais également pour tous les partenaires de la Station Spatiale Internationale (Europe, Russie, Japon etc...). Le décollage de la navette Discovery s'est déroulé parfaitement, du moins en apparence, le 26 juillet 2005 à 16H39 (CEST) comme prévu par un ciel d'un bleu limpide au dessus de la Floride.

Décollage de Discovery (crédit : NASA/KSC)

Un important dispositif de caméras placées tout autour du pas de tir 39B du Kennedy Space Center a suivi l'envol de la navette, offrant une vue sous toutes les coutures du décollage. Une caméra embarquée sur le « ventre » de Discovery a également filmé le déroulement du vol. On savait déjà que cette caméra avait montré, peu après le détachement des boosters, la présence d'un débris de nature inconnue arraché à la navette. Un second débris de plus petite taille a aussi été identifié sur les images de cette caméra. Il se serait détaché une minute et 5 secondes après le décollage. Le gros débris détaché du réservoir principal a été observé une minute plus tard.

Débris d'apparence importante encore non identifié se détachant de la base du réservoir principal peu après le largage des deux boosters latéraux (crédit : NASA)

Cela fait donc au moins deux débris qui se sont détachés de la navette lors de son envol. Le premier reste pour le moment d'origine inconnue mais il n'aurait pas heurté la navette lors de son décrochage. Le second, plus petit, serait un bout de tuile thermique provenant du train d'atterrissage avant droit. Les trains d'atterrissage avant subissent, lors de la rentrée atmosphérique, des frottements très intenses les portant à une température extrêmement chaude. Il est donc important de s'assurer que ce débris de tuile thermique, d'environ 3,8 centimètres, n'ait pas trop endommagé la navette (une entaille de 2,5 cm serait visible sur certaines images au niveau du train d'atterrissage droit). L'équipage procédera aujourd'hui même à des vérifications de l'état extérieur de la navette Discovery au moyen d'un bras télécommandé équipé d'un laser. Si cela est nécessaire, l'équipage pourra procéder au changement de la tuile thermique endommagée.

Un morceau de tuile thermique de quelques centimètres se détachant de Discovery pour une raison encore inconnue (crédit : NASA/SpaceFlightNow)

Les chutes de morceaux de tuiles thermiques lors des lancements de navettes sont très fréquents. Le directeur des opérations de vol à la NASA a déclaré récemment lors d'une conférence de presse que 15000 débris de tuiles avaient été retrouvés lors des vols de navettes précédents. Cependant, ceux-ci constituent un risque pour la navette lors de la rentrée atmosphérique, il est donc important de procéder à des vérifications scrupuleuses de l'ensemble de la protection thermique. Aujourd'hui, l'équipage se concentrera sur l'inspection du nez et des ailes de la navette, puis vendredi sur l'entaille de 2,5 cm apparente près du train d'atterrissage droit.

En outre, des images fournies par d'autres caméras montrent qu'un oiseau a percuté le sommet du réservoir externe environ 2,5 secondes après la mise à feu des moteurs. Bien que les conséquences pour le petit animal furent sûrement fatales, le réservoir quant à lui n'a pas subi de dommage, ni la navette par ailleurs.

Un oiseau choqué contre le sommet du réservoir principal de Discovery 2,5 secondes après le décollage (crédit : NASA/SpaceFlightNow)

Les milliers d'images du lancement, filmé sous toutes les coutures, demanderont encore plusieurs jours pour être analysées plus finement. Aucune conclusion ne peut être tirée pour le moment. Cependant, il est clair que l'observation d'un débris de tuile thermique se détachant de la navette lors du décollage pour une raison encore inconnue fait dangereusement penser au triste sort de la navette Columbia. Rappelons qu'en 2003, un bout de mousse isolante, ayant été détaché du réservoir extérieur de la navette Columbia lors du décollage, avait heurté une tuile thermique de l'aile gauche, causant la perte de la navette et de son équipage lors de la rentrée atmosphérique le 1er février. Même en ayant pris de très nombreuses précautions et en ayant procédé à des modifications du lanceur, ces premières observations démontrent que le risque est toujours là : un accident est encore possible.

Néanmoins, il faut aussi noter que c'est la première fois qu'un lancement est suivi d'aussi près. Pas moins de 112 caméras de télévisions étaient braquées sur la navette spatiale lors de son décollage, de puissants radars et deux avions à réaction WB-57 équipés de caméras haute résolution ont scruté le moindre mouvement suspect autour de Discovery. D'autre part, c'était également la première fois qu'une caméra était placée sous la navette spatiale pour voir ce qu'il s'y passait. Les scientifiques n'avaient jusqu'alors jamais eu accès à de telles vues de la navette spatiale lors de son lancement. Cela explique la prudence de la NASA et le temps nécessaire aux ingénieurs pour interpréter avec justesse les images.

La navette Discovery s'arrimera à la Station Spatiale Internationale (ISS) demain jeudi.

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