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Mars, l'aventure continue : bilan des dernières semaines

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Dix mois après le début de sa mission, Spirit continue sa promenade sur le sol martien. 3 642 mètres ont été parcourus par le rover américain. En ces temps hivernaux, les ingénieurs ont commandé au robot d'incliner ses panneaux solaires vers le Nord (Direction du Soleil dans Gusev) ce qui lui permet de recevoir une énergie de 400 watts par heure.

Mars, l'aventure continue : bilan des dernières semaines

Depuis quelques jours il étudie la géologie d'un rocher nommé « Uchben » par les ingénieurs du JPL. En mode 4 roues depuis deux semaine à cause d'une défaillance de deux de ses roues, Spirit réussi néanmoins à récolter des informations. Les spécialistes du traitement d'image du JPL de la NASA ont réussi à obtenir une vue stéréoscopique en couleur du rocher « Wooly Patch » étudié par Spirit en juillet dernier. Le procédé pour fabriquer une telle image est assez simple dans le principe : on assemble par un algorithme six images acquises entre 430 et 750 nm (visible) par l'appareil photo panoramique du rover. Sur cette image, on observe deux trous d'abrasion créer par le bras de Spirit afin d'y étudier la chimie de la roche. Située à la base de « Columbia Hills » dans le cratère de Gusev, il semblerait que cette roche ait été érodée par des processus résultant de l'écoulement d'eau liquide comme le montrent ces petites fissures.

De son côté, Opportunitynous montre des polygones à la surface de Esher, une roche du cratère Endurance. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées. {Les processus d'impaction ont pu former ces polygones. (Rappelons que Esher se situe à l'intérieur d'un cratère d'impact). Ces polygones auraient pu également se former lors de la déshydratation de la roche après sa formation. Enfin une troisième hypothèse suppose que beaucoup plus tard après la formation de la roche, celle-ci ait été immergée puis émergée.} Ces polygones s'apparenteraient aux fentes de dessiccations bien connues sur Terre par les géologues. La roche d'abord immergée, se retrouve hors de l'eau par des processus d'évaporation ou de régression (retrait du niveau marin), ainsi la roche se dessèche et forme des polygones.

Bilan à ce jour de la mission MER : au total, les deux rovers ont à eux deux pris 50 000 images depuis janvier dernier. La mission a aujourd'hui atteint trois fois sa durée nominale pour les deux robots. Mais ce qui semble le plus important, c'est que dans les deux cas, les sites semble présenter des indices de la présence d'eau liquide dans le passé. Il y a six mois, Opportunity a montré que son secteur d'étude avait été aqueux. Aujourd'hui, les scientifiques pensent même que certaines des roches étudiées ont pu à nouveau être immergées une fois que l'impact ait exhumé celles-ci. Esher ainsi que les roches qu'ils l'entourent, montrent ces fameux polygones. Alors fentes de dessiccation ou fracturation liée à l'impact ? La réponse pourrait bien se trouver dans le rocher « Wopmay ». Opportunity a donc étudié ce rocher ; ce dernier présente des marques de processus d'altération aisément assimilable à la présence passée d'eau liquide. D'après le Dr. John Grotzinger, géologue au MIT, une source possible de l'humidité pourrait être des accumulations de gel fondant partiellement pendant les changements climatiques, liés aux précessions de Mars sur son axe de rotation, sur des cycles de dizaines de milliers d'années. Une autre possibilité a pu être la fonte de la glace ou un dégagement souterrain de l'eau en assez grande quantité pour former un petit lac dans le cratère. Après 130 jours d'exploration dans le cratère Endurance, le rover Opportunity est maintenant près à sortir de celui-ci pour atteindre les bancs stratifiés de la falaise de « Burns Cliff ». De l'autre côté de la planète, son frère jumeau Spirit nous montre des roches volcaniques modelées par la présence d'eau liquide. Les scientifiques lui ont demandé d'aller étudier le sommet de Columbia Hills afin de remonter à l'histoire géologique du secteur. Dans les deux cas, les rovers se portent bien malgré le dépassement de leur durée de vie nominale. C'est pourquoi les ingénieurs du Caltech continuent à envoyer des objectifs de missions aux deux robots. Que l'aventure continue !

Au dessus, à plus de 400 km d'altitude, la sonde européenne Mars Express(MeX) accumule les images à haute résolution avec sa caméra HRSC. Ces images en reliefs de la surface martienne n'ont évidemment pas qu'une vocation esthétique. Les scientifiques s'en servent pour retrouver la géologie de la planète. En effet, combinées aux données altimétriques déjà existantes de Mars Global Surveyor (altimétrie laser Mola) il est dorénavant possible de faire de la photogéologie. Il s'agit d'interpréter la morphologie des terrains à partir des images. De plus, la réalisation d'un MNT (modèle numérique de terrain) permet maintenant de s'orienter dans les trois dimensions de l'espace. Associé aux informations spectrales fournies par Omega, le MNT permet aujourd'hui d'effectuer une étude de terrain classique. Les géologues s'en donnent donc à coeur joie.

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