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Galileo se désintègrera dimanche après huit ans de bons et loyaux services

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Sur ordre du JPL, la sonde américaine a cessé toutes opérations scientifiques le 28 février 2003, mettant fin à une mission exceptionnelle de 13 ans. Toutefois, la sonde n'est pas laissée à l'abandon, à la dérive dans le système Jovien. Les ingénieurs du JPL ont pris soin de programmer une dernière phase de vol qui doit la conduire à plonger dans l'atmosphère de Jupiter, le 21 septembre 2003. Quelques heures avant son impact, elle procédera à une dernière série de mesures qu'elle renverra à la Terre.

Ce choix de détruire Galileo s'explique par la peur de contaminer Europe et l'océan d'eau liquide qu'elle a contribué à mettre en évidence. Depuis, Europe est devenue une cible prioritaire pour les astrobiologistes, qui recherchent des traces de vie au sein du Système Solaire. Ils considèrent la sonde comme dangereuse. Si elle venait à s'écraser à sa surface, elle serait susceptible d'affecter l'environnement de la lune jovienne en libérant des micro-organismes vivants. Cette hypothèse peut prêter à sourire. Or, de récentes études ont appris aux biologistes de ne pas négliger la capacité de résistance de ces organismes. Bien qu'après avoir été exposée pendant plus de 10 ans aux rigueurs du milieu spatial et traversé à plusieurs reprises des ceintures de radiations, personne ne peut dire si la sonde est parfaitement stérile.

De nombreux résultats scientifiques

La mission est à l'origine de nombreuses découvertes, produit d'abondants résultats scientifiques et a favorisé grandement nos connaissances des mondes Joviens. Galileo a pu suivre en direct la chute dans l'atmosphère de Jupiter de fragments de la comète Shoemaker-Levy 9 survenue en juillet 1994. L'étude et l'observation de Jupiter laissent à penser que la planète s'est formée à la limite du Système Solaire, avant de s'enfoncer à l'intérieur, ce qui l'aurait finalement conduite à la position qu'elle occupe aujourd'hui.

Le survol des quatre lunes galiléennes, Io, Europe, Ganymède et Callisto a permis aux scientifiques de redessiner les cartes de ces mondes. Aujourd'hui, ces satellites apparaissent plus complexes et plus intéressants que l'on ne l'imaginait il y a 13 ans.

Les volcans de Io se sont révélés plus nombreux, plus chauds et plus grands que ceux qui parsèment la Terre. Ils sont capables de cracher des panaches de matière qui peuvent monter jusqu'à des centaines de kilomètre.

Europe est recouverte d'une croûte de glace de plusieurs dizaines de km d'épaisseur qui apparaît brisée et craquelée en de nombreux fragments. Elle abrite un océan global d'eau salée. Enfin, de nombreux indices laissent à penser que la lune possède une ionosphère et une atmosphère ténues en oxygène.

Ganymède, la lune la plus grosse du Système Solaire, possède son propre champ magnétique que semble générer un noyau liquide ou, pourquoi pas, une fine couche d'eau salée, présente sous sa surface glacée. Cette dernière est particulièrement déchiquetée, signe d'un intense bombardement cométaire et/ou d'astéroïdes.

Enfin, tout comme Europe, Callisto abriterait elle aussi un océan d'eau salée. Toutefois et à la différence d'Europe, les scientifiques doutent de la capacité de Callisto d'héberger une quelconque forme de vie.

Note : Le 18 octobre 1989, avec trois années de retard sur son planning initial, la sonde Galileo s'envola depuis la navette spatiale Atlantis en direction de son objectif. Pour rejoindre la planète jovienne, la sonde allait utiliser l'assistance gravitationnelle de Vénus et de la Terre pour gagner, à moindre coût, plusieurs kilomètres par seconde. Elle survola donc Vénus le 10 février 1990, la Terre 10 mois plus tard et encore une fois le 8 décembre 1992.

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